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Puricelli : "Trop d’incertitudes pour se gargariser d’être premier au bout de 6 journées"

Puricelli : "Trop d’incertitudes pour se gargariser d’être premier au bout de 6 journées"

Le 11/10/2019 à 14:41

TOP 14 - Pour sa sixième saison sous le maillot du LOU, Julien Puricelli est un témoin privilégié de l’évolution de ce club. Un acteur aussi de cette progression. A 38 ans, il partage son temps entre son rôle d’expert de la touche et celui de joueur. Désigné comme « the King » * par Felix Lambey, le 3e ligne s’applique aussi dans un rôle de transmission envers les plus jeunes.

Rugbyrama : Que vous inspire votre victoire aux forceps devant l’Union Bordeaux-Bègles (25-23) ? Que peut-elle apporter au groupe lyonnais ?

Julien Puricelli : Sur le papier, c’était un match qui s’annonçait serré, s’annonçait relevé. Nous nous attendions à une réelle opposition face à une équipe joueuse et rapide. Et qui dispose d’un très bel alignement en touche. Une équipe complète. Nous avons été privés de munition lors de la deuxième partie de première période. Et elle nous a mis en difficulté une bonne partie du match. Ce que l’on peut retenir - vu que l’on a eu une issue heureuse -, c’est que malgré notre côté désorganisé, nous avons su utiliser d’autres leviers pour inverser le cours du match. Avec du recul, cela montre que les joueurs qui composent cette équipe ont vraiment envie de gagner.

Et pas seulement ce match. C’est une réaction profonde qui est individuelle tout d’abord et qui amène ensuite au collectif le supplément pour s’imposer. Cela reflète un état d’esprit. Au moment d’être bousculé, on voit vraiment ce que chaque joueur a envie de faire cette année. Pour illustrer cela, les entrants ont aussi amené cette détermination alors que le match était loin d’être fait.

Que représente votre première place au classement ?

J. P. : Evidemment, on est toujours mieux en haut. Je ne vais pas faire le vieux con ou le rabat-joie mais nous ne sommes ni au foot ou en Pro D2 il y a quelques années où le premier était le champion. Ce qui est important, c’est donc de concrétiser à moyen-terme cette évolution par quelque chose.

Est-ce que cela change l’ambiance de travail au quotidien ?

J. P. : Oui, la manière de travailler s’en voit facilitée. On travaille plus sereinement, dans une sorte de confort sans toutefois galvauder les préparations de matchs. Cela apporte une grosse forme de confiance que l’équipe est en train de se créer. Particulièrement cette année avec énormément de joueurs utilisés, plus que les saisons précédentes. Cela renforce la dynamique de groupe. Cette inertie est difficile à obtenir mais une fois-là, elle peut favoriser les résultats. A l’intérieur du groupe, il y a aussi cette émulation entre joueurs. Chacun veut le plus participer possible, nous sommes avant tout des compétiteurs.

Top 14 - Julin Puricelli (Lyon) contre Toulouse

Top 14 - Julin Puricelli (Lyon) contre ToulouseIcon Sport

Est-ce que chaque joueur est ainsi challengé à un niveau que le LOU n’a jamais connu ?

J. P. : Oui, à ma connaissance en tout cas ! Ce qui est très difficile à obtenir d’un groupe, c’est d’arriver à mobiliser et à faire travailler une cinquantaine de personnes pour un même objectif. Pour impliquer tout le monde, il faut les bons joueurs et les résultats aussi. Car ceux-ci sont moteurs pour impliquer un maximum de joueurs et optimiser la performance collective. C’est tout ce que les grands clubs ont réussi à faire pendant leurs périodes victorieuses. Amener de la confiance interne qui permettait ensuite sur les matchs de gagner, de gagner. Le LOU n’a jamais connu cela et pour concrétiser ce point, il faut des résultats en fin de saison. J’ai déjà vécu dans d’autres clubs où on avait fait un bon début de saison avant de connaitre une phase retour plus délicate…

Ce début nous permet l’intégration des nouveaux joueurs et nous avons aussi énormément de jeunes joueurs. Ceux-là sont capables de s’exprimer pleinement, sans frein. Car comptablement, ils ne sont pas parasités par une pression de résultats qui pourrait les empêcher de s’exprimer pleinement.

En parlant de jeunes, vos capitaines ont connu leur premier temps chaud à gérer face à l’UBB…

J. P. : J’ai senti une énergie collective pour y arriver. Mais pour eux précisément oui c’était le premier moment chaud. Des moments ou ambiances qu’ils ont découvert en tant que capitaines ou "vrais" leaders. Chacun a appris de ce match. C’est par ce type de rencontres qu’ils apprendront leur rôle qu’ils doivent endosser au quotidien. C’est nouveau pour eux mais ils ont largement la capacité de le faire. Ils vont rapidement prendre la place qu’ils méritent au sein du groupe.

Que vous inspire le fait que certains pensent que votre première place est surtout due au fait que vos adversaires sont affaiblis en période de Coupe du monde ?

J. P. : Oh, ce sont des choses qui se répètent depuis que je joue. On a toujours joué en période de Coupe du monde. C’est épineux comme sujet. Nous sommes conscients que des équipes sont impactées. Nous ne le sommes pas trop et aurions aimé l’être un peu plus car nous sommes tristes pour les joueurs qui n’y sont pas allés. C’est dur pour certaines équipes qui perdent plus d’une dizaine d’internationaux mais elles ont des ressources et sont aussi habituées à fonctionner sur des périodes de doublons. Les internationaux vont rentrer dans un mois, un mois et demi. Le championnat s’arrêtera fin juin pour la finale. J’espère que nous serons dans les six. Si nous y sommes, nous ne l’aurons pas volé.

Pour le moment, cette première place est surtout pour nous le signe encourageant que tout un groupe réponde présent à ce moment-là. Essayons de la conserver. Il faut avoir les victoires modestes, déjà pour la simple raison que tu peux mener toute la saison et pleurer à la fin. Clermont aurait pu être le PSG du rugby français des années modernes car ils sont arrivés un grand nombre de fois premiers du championnat pour finalement perdre en finale et n’avoir que deux titres en tant d’années de domination. Il y a trop d’incertitudes en fin de saison pour pouvoir se gargariser d’être premier au bout de 6 journées !

Vous attendez-vous à recevoir des Palois revanchards après leur défaite à domicile face au Racing (3-31) ?

J. P. : Certainement ! Il n’y a plus de place à l’à peu près sur notre préparation. Depuis une saison ou deux, tout le monde peut battre tout le monde sur un match. Il faut donc préparer cette rencontre avec intensité et sérieux. Peu importe ce qu’il s’est passé avant. On sort d’une bonne prestation finale mais sur l’ensemble du match beaucoup de choses ont été en dessous de nos standards. Pau sort en effet d’un non-match face au Racing. Il y a suffisamment de points chauds pour nous être concentrés dès lundi.

Julien Puricelli

Julien PuricelliIcon Sport

Quels seront les principales difficultés à affronter pour le LOU sur les prochaines semaines ?

J. P. : Il y un élément commun à tous les clubs c’est que nous allons entrer début novembre dans un bloc de 12 matchs consécutifs. Cela fait 3 mois de compétitions pour aller jusqu’à fin janvier. Il va y avoir un gros challenge sur la gestion de la fatigue, sur la répétition des matchs. La coupe d’Europe arrive au milieu, il va falloir rapidement débloquer notre compteur et tâcher de gagner. Et sur le championnat, continuer ce beau parcours.

Depuis le début de saison, vous avez une double casquette d’expert de la touche pour le staff et de joueur. Est-ce facile à concilier ?

J. P. : Non, pas forcément. Surtout que je sors d’un échec face à Bordeaux. Il y a un rythme de travail à prendre et sur la gestion du match de l’intérieur. C’est une gymnastique à avoir entre ce qui est prévu et ce qui se passe et les ajustements qu’il y a à faire. La semaine, je commence à prendre mes marques. Sur les matchs, c’est un peu plus difficile de gérer pour moi les moments critiques. En tout cas pour le moment. Contre Bordeaux-Bègles, j’ai manqué de discernement. Sur l’analyse que j’ai faite à la mi-temps, j’avais décidé de repartir sur quelque chose et je ne m’y suis pas tenu. En quelque sorte, le joueur a désobéi au coach. C’est là-dessus que je vais devoir évoluer. Si je décide de changer quelque chose, je dois m’y tenir. J’espère que cela va me servir pour le futur si ce cas de figure se représente.

* le roi

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