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Davidson : Un coach de valeurs au service du collectif briviste

Davidson : Un coach de valeurs au service du collectif briviste

Le 26/09/2019 à 11:54

TOP 14 - À l’image de son club, Jeremy Davidson est un manager humble et travailleur. Après des expériences à Castres et Bordeaux-Bègles comme adjoint, l’Irlandais retrouve cette saison le Top 14 dans la peau du numéro 1, avec l’ambition de faire grandir le CA Brive. L’occasion de découvrir un peu mieux un coach qui mérite d’être (re)connu…

Rugbyrama : Jeremy, Brive entame ce second bloc de la saison par deux réceptions très importantes face à Toulon et Toulouse, un moment déjà décisif dans la saison de Brive ?

Jeremy Davidson : C’est évident que ce bloc peut-être très important pour la suite de la saison ! Déjà l’an passée en Pro D2, les blocs difficiles nous ont permis de nous mettre en confiance et en condition, afin d’aborder les phases-finales dans les meilleures dispositions. Avec une des meilleures équipes de ces dix dernières années (Toulon), le champion de France (Toulouse), un des demi-finalistes (La Rochelle), qui a de grosses ambitions cette saison encore et l’UBB, qui est en grande forme en ce début de saison, on est conscient que le programme est corsé. C’est l’occasion de valider notre présence en Top 14, dans lequel on veut être compétitif. Voici 19 matchs que nous n’avons plus perdu à domicile et on a la volonté de poursuivre cette série pour exister dans ce championnat et récompenser, comme il se doit, notre incroyable public. Avec trois réceptions dans ce bloc, ça nous tient à cœur de pouvoir représenter notre ville, notre région et élever notre niveau, comme savent le faire nos supporters lors de ces rencontres à domicile.

Sur le premier bloc le club a soufflé le chaud (victoire dans le derby) et le froid (défaite sans bonus à Pau, Agen et Lyon). Que faut-il retenir du retour du CAB dans l’élite ?

J.D. : J’ai le sentiment que nous apprenons des choses à chacune de nos sorties depuis le début de la saison. La vitesse comme l’engagement sont à un niveau très élevé dans ce championnat. Même si nous avons fait le choix de la jeunesse dans notre effectif il faut qu’on puisse trouver très vite une forme de maturité pour être véritablement compétitif. Les matchs à l’extérieur sont très difficiles pour tout le monde, et on voit que les équipes en lutte pour le maintien mettent un soin particulier à rester maîtresses sur leurs pelouses. Nous avions trois déplacements lors du premier bloc et des enseignements différents à chacune de ces sorties, qui doivent nous aider à trouver cette maturité essentielle pour le maintien.

Vous avez fait ce pari de la jeunesse dans la logique de développement sportif du club, il faut donc savoir se montrer patient ?

J.D. : Bien sûr, et on veut s’appuyer sur ce second bloc de matchs pour trouver des certitudes en conquête, en défense, en attaque et dans les zones de marque. Il faut aussi travailler sur un certain nombre d’imprécisions dans notre jeu et on va sans doute partir sur un effectif un peu plus restreint par rapport au premier bloc, où nous avions fait le choix de faire tourner, en particulier à l’extérieur. On va aussi profiter du retour de joueurs importants comme Thomas Laranjeira, Stuart Olding, Nico Lee ou encore Alex Dunbar pour apporter de l’expérience au groupe.

Top 14 - Thomas Laranjeira (Brive) contre l'ASM Clermont-Auvergne

Top 14 - Thomas Laranjeira (Brive) contre l'ASM Clermont-AuvergneIcon Sport

Néanmoins, la logique de résultats prime et il faut prendre des points dans ce nouveau bloc à 3 réceptions pour un déplacement ?

J.D. : C’est pour cette raison qu’il faut trouver rapidement cette maturité que j’évoquais précédemment ! Toulon, Toulouse et l’UBB a domicile, avec un déplacement à La Rochelle, il ne faut pas se tromper. On a besoin de marquer des points dans ce bloc.

Votre équipe retrouve le Top 14 cette saison après un belle saison en Pro D2. La marche semble chaque saison un peu plus haute pour les promus, comment exister dans ce championnat ?

J.D. : Je pense qu’un club promu doit vraiment s’appuyer sur ses forces pour réussir à exister dans ce championnat tellement dense. Comme je l’ai beaucoup dit, nous voulons nous appuyer sur notre public. Notre stade doit devenir une forteresse tout au long de l’année. C’est un peu malheureux de le constater, mais il est essentiel également de bien choisir ses matchs, car quand tu arrives dans le Top 14, tu n’as pas forcément encore l’effectif nécessaire pour jouer tous les matchs à 100 %. Il faut prendre la mesure du niveau de ce championnat, accumuler une certaine expérience également. Alors il faut trouver le bon équilibre, pour donner le temps de s’imprégner du niveau de cette compétition à nos jeunes, tout en ayant cette pression du classement et l’obligation de prendre des points.

À titre personnel, vous retrouvez également le Top 14 deux saisons après votre dernière expérience avec l’UBB, Comment appréhender vous cette première saison en élite dans la peau d’un numéro 1 ?

J.D. : C’est une très grande fierté pour moi d’être entraineur en chef dans un club comme Brive. S’inscrire dans ce projet, avec à mes côtés un staff technique extrêmement compétent, mais aussi l’équipe médicale ou celle dédiée à la préparation physique, ça donne envie de donner le meilleur de soi ! Mais ce n’est pas un projet porté par une seule personne, c’est un vrai projet de club. Chacun dans son domaine de compétence a la volonté de travailler fort, de progresser afin de réussir collectivement. La ville comme le département et la région, sont derrière leur club pour améliorer les structures. Simon Guilham (Président) et Xavier Ric (Directeur général) sont présents pour nous donner les moyens d’être au plus haut niveau. Réussir à mettre en place un budget de 17 millions d’Euros pour une ville moyenne, ça demande énormément de travail de leur part et ça nous donne envie de réussir sur le plan sportif, pour devenir chaque saison, un peu plus ambitieux.

" Ce projet n’est pas un projet porté par une seule personne. C’est un vrai projet de club !"

Vous êtes un manager discret, mais pourtant fort d’une longue expérience, comment vous présenteriez-vous pour ceux qui vous connaissent peu ?

J.D. : Je pense qu’un leader doit montrer le chemin a ses collaborateurs. Je suis quelqu’un de travailleur, de rigoureux, parfois même pointilleux ! J’aime le travail bien fait, c’est pourquoi parfois je peux donner l’image de quelqu’un d’un peu dur, mais je demande toujours aux autres des choses qui doivent les aider à progresser, tant individuellement que collectivement. Je veux être ambitieux et avoir une très grande confiance en ceux qui m’accompagnent dans ce projet, car on a envie de montrer à tous que Brive est une formidable école de rugby. Des garçons comme Sébastien Vahaamahina, Jefferson Poirot, Damian Penaud Sofiane Guitoune, ou plus récemment Demba Bamba, sont passés par la formation briviste et on a parfois un peu tendance à l’oublier. C’est important de s’appuyer sur cette philosophie et c’est pourquoi nous travaillons beaucoup autour du centre de formation, pour former des joueurs à l’image de notre club, de notre ville, de notre peuple.

À la tête d’Aurillac puis de Brive, vous avez obtenu des succès probants en Pro D2, quelles différences trouvez-vous dans votre travail en arrivant dans l’élite ?

J.D. : À tous les niveaux, c’est le jour et la nuit ! Dans l’élaboration des stratégies, dans le travail avec la vidéo, dans la préparation physique ou même la façon dont on aborde chaque match, c’est un travail totalement différent. Il ne faut jamais rester immobile et toujours savoir se remettre en question pour progresser et rester au plus haut niveau. Il ne faut pas rester sur le passé, même si je ne renie pas ce qui a été réalisé l’an passé ou du côté d’Aurillac, c’est le présent qui guide notre travail. Pour le moment le constat c’est une victoire pour trois défaites. Alors chaque jour, le staff, les joueurs et l’ensemble du club, se lèvent avec l’envie de travailler, d’améliorer les choses et on a l’opportunité de valider ce travail lors de ce prochain bloc de matchs.

Top 14 - Jeremy Davidson, entraîneur de Brive, contre Montpellier en match amical

Top 14 - Jeremy Davidson, entraîneur de Brive, contre Montpellier en match amicalIcon Sport

Vos origines irlandaises vous confèrent pas mal de connexions avec les îles britanniques. On l’a vu concrètement avec l’arrivée d’un certain nombre de joueurs, laissant penser que vous travaillez énormément sur le profilage de joueurs ?

J.D. : C’est une manière de voir les choses dans le rugby. Certains ont la chance d’avoir le chéquier XXL pour acheter les meilleurs joueurs et d’autres aiment à découvrir de nouveaux talents. Le recrutement de nouveaux joueurs peut avoir un côté "sexy" car on est finalement tous plus ou moins à la recherche de la pépite, ou de ce joueur qui va transformer un collectif. Mais ce n’est pas si facile et pour éviter de faire de mauvais choix, il faut mener un travail qui va bien au-delà de la simple observation de matchs ou de vidéos. Il faut être attentif au comportement, la vision de la vie, pour mesurer ce que le joueur peut apporter au groupe sur et en dehors du terrain. L’âge, le nombre de blessures en carrière, la faculté à s’adapter à un nouvel environnement et une nouvelle ville, pour lui comme pour sa famille, sont autant d’éléments à prendre en compte pour faciliter l’adaptation d’un joueur à une équipe. Tout ça ne se fait pas en un jour et ça demande beaucoup de travail, d’autant plus que nous souhaitons à l’avenir incorporer plus de joueurs français, et même de notre région, dans cette logique de recherche de nouveaux talents. Avec une montée actée tardivement l’an passé, nous n’avons pas eu cette opportunité de trouver de jeunes français sur le marché, mais on travaille activement pour préparer le futur et avoir une vision à long terme de ce que peut devenir notre effectif.

On vous sent épanoui depuis votre arrivée au club, Brive c’est typiquement le projet qui vous convient ?

J.D. : Oui bien sûr, le club a la même vision des choses que moi. Plutôt que de sortir le chéquier à tout va, j’ai cette volonté d’aider des joueurs à travailler et progresser pour exploiter tout leur potentiel. C’est plutôt sympa de réussir à mutualiser nos moyens et nos compétences pour réussir à faire toujours mieux, même si nos moyens sont plus modestes. Il existe à Brive un environnement formidable, une culture du jeu de rugby, une passion qui peut exister dans l’élite, et avec le club on a envie de s’inscrire au plus haut niveau pour longtemps. Tout cela passe par le travail et l’humilité, des valeurs propres à cette région et à ce club.

Ce bien être et cette passion, vous allez les retrouver à l’occasion de la réception de Toulon puis de Toulouse. Une fois encore, attendez-vous un gros travail de vos joueurs comme de vos supporters ?

J.D. : J’attends clairement un très gros état d’esprit de mes joueurs pour mettre en avant nos valeurs et notre travail, pour les rencontres à venir dans notre stade. On a besoin de points, de victoires pour valider tout ce que nous avons entrepris il y a déjà près de quatre mois. Tout le monde mérite d’avoir des résultats, mais ce ne sera possible que si on met sur le terrain ce que l’on donne au quotidien. Notre formidable public nous accompagne et on leur doit de tout donner sur le terrain pour l’emporter. Le travail doit payer et j’espère que ce sera dès ce week-end face à Toulon.

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