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Et les supporters toulousains dans tout ça ?

Et les supporters toulousains dans tout ça ?

Le 12/01/2021 à 08:54Mis à jour Le 12/01/2021 à 08:59

TOP 14 - Confinement, jauge réduite, couvre-feu et puis huis-clos. Les mois écoulés sont difficiles pour tous les passionnés de rugby habitués des stades. Forcément, les supporters du Stade Toulousain sont aussi en première ligne à bien des égards.

Dans la Ville rose, les résultats sportifs sont brillants cette saison. Le leader du championnat a digéré la première période de doublons et son jeu est flamboyant. Mais la communion du club rouge et noir avec les siens est impossible. Et remporter le Classique contre le Stade Français en prime time ce dimanche soir avec près de 50 points et 10 essais à la clé contre le rival historique a d’autant plus ravivé cette absence qui n’a pas permis un probable feu d’artifice de passion.

Yoann Huget porte le maillot toulousain depuis les Cadets. « On ne s’habitue jamais à Ernest-Wallon vide. C’est terrible quand on rentre sur le terrain et qu’il n’y a pas cette ferveur. Idem quand on est remplacé ou à la fin du match pour communier et que cela fait chaud au cœur. Il nous tarde que nos supporters reviennent même si on sait qu’ils sont présents autrement. »

Il y a quelques semaines, l’ex ailier international des Haut-Garonnais a profité de sa 33e année pour annoncer sa fin de carrière à l’issue de la saison. « J’avais imaginé une fin de carrière idéale, au milieu de nos supporters. Pas comme ça. Tant que ce virus dangereux traîne… (un silence ému) C’est une chance que nous avons, nous sportifs, de jouer. Notre public nous manque mais on donne tout quand même afin qu’il soit fier de nous et que cela lui donne envie de revenir nous soutenir dès qu’il le pourra. » Les cœurs qu’il envoie en direction des tribunes après chaque essai sont aussi à l’attention de ces fans.

Jean-Marc Arnaud : « On baisse les bras »

Le jeune ouvreur international Romain Ntamack se veut optimiste. « J’espère que l’on va tous retrouver le plus rapidement possible une vie normale, sans masques, sans craintes et avec des supporters dans les stades, à commencer par les nôtres. » Ceux-là mêmes ont justement déployé une banderole de soutien dans la tribune vide et silencieuse où prennent habituellement place quelques-uns des groupes de supporters du Huit, de l’Amicale des supporters, le 16e homme, Tolosa XV, les Salopettes rouges, le Rouge et Noir, l’Ovalie toulousaine voire le Petit Cop (à l’attention des enfants). « Loin du Stade, avec vous », peut-on lire.

Ces derniers justement sont réduits au silence, comme Jean-Marc Arnaud, le président du groupe de supporters Le Huit. « Nous avons eu des cas de covid dans nos rangs. Heureusement, on n’a pas eu de décès malgré un cas grave contracté à l’issue d’un retour de déplacement à Bayonne la saison dernière. Nous sommes très pessimistes sur la suite de notre histoire en tant que groupe de supporters. Je crains qu’il y ait beaucoup de casse et on baisse les bras. »

Ce qui manque le plus à Renaud, abonné porte 19 depuis 2003, c’est « l’ambiance d’un match, l’excitation en y allant avec cette pointe de stress aussi. Et puis l’envie de partager ce moment avec les copains aussi abonnés avec qui on y va à chaque fois. Encore contre le Stade Français dimanche, malgré le spectacle proposé, je me disais que c’était bien triste. » Pour le président Jean-Marc Arnaud, le plus dur ne semble pas être les rencontres « que l’on peut voir à la télévision. Non, ce sont les échanges avec les joueurs avant, pendant ou après les matches. On en connait beaucoup, comme les anciens Médard et Huget entre autres. Cette complicité nous manque. »

Alors que les victoires à l’extérieur explosent cette saison, les statistiques à l’issue du championnat donneront aussi une indication sur l’impact du soutien des fans ou de la pression des supporters quant aux victoires ou aux revers à domicile qui se jouent parfois à ce détail près.

Crise financière aussi pour les supporters

Si les réseaux sociaux se démènent pour créer toujours plus de lien entre un club et son peuple toulousain, les autres conséquences sont aussi pécuniaires malgré la réalisation du Mur de soutien qui est en cours de réalisation et qui personnalise le supporteurisme. Il a dégagé quelques 1,3 millions d’euros à travers près de 20 000 briques pour soutenir la formation. Mais le président Lacroix avait estimé à 1,7 millions d’euros la perte par rencontre avec l’absence des supporters et des partenaires au stade, qu’il s’agisse de la billetterie ou de tous les à-côtés.

En plus du cas du club ou des cas personnels de crise économique provoquée par la pandémie, le contexte financier est aussi difficile pour les associations de supporters. Le Huit avait ainsi créé une cagnotte Leetchi après le premier confinement en plus de ses réserves, ce qui a permis de tenir jusqu’à la fin de l’année civile. Mais depuis, il y a un loyer à payer malgré un arrangement avec le propriétaire avec le risque de devoir quitter les lieux. L’absence de cotisations ou d’événements participatifs aidant à la santé financière est pénalisante aussi pour cette partie du rugby pro dont on parle peu et qui n’a pas droit à la parole lors des réunions importantes du rugby. Les supporters sont donc ces victimes collatérales de cette crise sanitaire qui impacte société et rugby, et qui va bientôt fêter son triste premier anniversaire.

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