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Chat : "À mon tour d’être un leader"

Chat : "À mon tour d’être un leader"

Le 27/11/2019 à 14:00Mis à jour Le 27/11/2019 à 14:24

TOP 14 - Pour la première fois depuis son éclosion en 2015, Camille Chat ne doit plus composer avec la concurrence d’un talonneur capitaine, au Racing 92 comme en équipe de France. Sorti renforcé de sa bonne Coupe du monde, l’Auxerrois est amené à prendre encore plus de poids.

Quel bilan avez-vous tiré de votre expérience au Japon ?

Camille Chat : Sur un plan global, c’était vraiment l’image que j’avais d’une Coupe du monde, en termes d’ambiance et de vie de groupe. Cela s’est super bien passé et ça s’est ressenti, je crois, sur le terrain. Sur le plan personnel, je voulais jouer le plus possible. Je savais que Guilhem (Guirado, ndlr) était le capitaine mais j’ai eu l’opportunité d’être titulaire deux fois et j’ai également été deux fois sur le banc contre l’Argentine et le pays de Galles. Je me suis bien senti dans l’équipe et avec le staff. Je peux même dire que c’était la première fois que je me sentais aussi bien en équipe de France.

En rentrant du Japon, aviez-vous craint ce retour en club alors que le Racing occupait la treizième place ?

C.C : C’est vrai que je me suis dit : "Putain (sic) mais que se passe t-il ?" Ce n’est pas l’habitude du Racing d’être là au classement. Avec les autres internationaux, on s’est dit qu’on devait amener notre expérience et notre bonne humeur pour remettre le groupe dans une bonne dynamique. On savait que ça bossait bien depuis le début de l’année mais qu’il manquait parfois un petit truc en fin de match pour aller chercher les victoires. Le fait qu’il y ait dix mecs qui reviennent de la Coupe du monde a apporté, je crois, un plus avec un cadre et de la sérénité. Tout cela, combiné à la fougue des jeunes, fait que c’est bien reparti. Pourvu que ça dure !

Champions Cup - Camille Chat (Racing 92) contre le Munster

Champions Cup - Camille Chat (Racing 92) contre le MunsterIcon Sport

Vous avez coupé quelques jours à l’étranger avant de reprendre l’entraînement…

C.C. : J’avais besoin de souffler mentalement. Déjà parce qu’il y avait eu pas mal de pression durant la compétition et aussi parce qu’entre la préparation et le tournoi en lui-même, c’était très long. C’était donc important de partir et couper complètement le rugby. Cela m’a permis de rentrer avec la tête fraîche et aussi beaucoup d’envie de revenir au Racing et de jouer pour cette équipe.

" Le fait d’avoir un capitaine devant soi est peut-être un mal pour un bien quand on démarre"

Quel effet cela fait-il de démarrer une saison sans avoir la concurrence d’un talonneur capitaine, en club comme en sélection ?

C.C. : C’est vrai que j’ai grandi et progressé depuis quatre ans avec des capitaines à mon poste. Je pense que cela m’a servi, j’ai beaucoup appris d’eux. Mais le temps passe, les choses changent et j’espère désormais pouvoir prendre le relais. À mon tour d’être un leader.

Quelle a été votre stratégie durant ces quatre années pour composer avec cette situation particulière ?

C.C. : Les deux premières années, j’étais très jeune donc je voulais apprendre et le fait de jouer était aussi primordial pour moi. Quand on me donnait une titularisation, j’essayais vraiment de faire de mon mieux et quand j’étais remplaçant, je travaillais sur mes forces, comme l’explosivité. Au fur et à mesure, j’avais l’ambition d’être tout le temps titulaire. Cela s’est très passé au Racing : une passation a été mise en place avec Dimitri (Szarzewski) depuis deux ans et il n’y a jamais eu de mauvaise concurrence entre nous.

Et en équipe de France ?

C.C. : Le fonctionnement est complètement différent de celui du club. Au Racing, j’ai pu bénéficier de beaucoup plus de temps de jeu et de titularisations ces deux dernières saisons, ce qui m’a fait énormément grandir. En équipe de France, mon temps de jeu était très différent. J’avais eu trois titularisations en Nouvelle-Zélande (à l’été 2018) puis j’ai été rappelé en novembre et j’ai joué cinq-six minutes… Forcément, tu te poses des questions. Mais le staff m’a donné ma chance pour la Coupe du monde, cela s’est très bien passé lors des matchs amicaux et ensuite, je ne me suis pas pris la tête.

" Je commence à prendre la parole, à être plus présent au sein du groupe pour le bien de l’équipe"

Auriez-vous été le même joueur aujourd’hui si vous n’aviez pas connu ces quatre années de concurrence avec Dimitri Szarzewski et Guilhem Guirado ?

C.C. : Quand j’ai commencé, Dimitri était là et j’avais le sentiment qu’il était à sa place et que je devais continuer d’apprendre. Le fait d’avoir un capitaine devant soi est peut-être un mal pour un bien quand on démarre car c’est parfois un peu tôt pour débuter des matchs à pression et tu peux continuer d’apprendre. Et moi, je pense avoir beaucoup appris de cela. Je sais par ailleurs que, quand tu es jeune, tu as envie de pousser les plus anciens, et quand tu es devant, tu as conscience que si tu te reposes sur tes acquis et arrêtes de bosser, tu te feras piquer ta place.

Préparation Coupe du monde 2019 - Camille Chat (France) lors d'un entraînement des Bleus à Marcoussis

Préparation Coupe du monde 2019 - Camille Chat (France) lors d'un entraînement des Bleus à MarcoussisIcon Sport

Vous dites avoir grandi au contact de Szarzewski et Guirado. Peut-on vous imaginer désormais aspirer à plus de responsabilités en club comme en sélection ?

C.C. : Oui, bien sûr ! J’ai beaucoup observé tous les leaders que j’ai pu croiser durant ma carrière. Je vise cela, j’espère avoir un jour ce rôle de leader et je pense que cela a déjà commencé à s’installer au Racing. Je commence à prendre la parole, à être plus présent au sein du groupe pour le bien de l’équipe. Je regarde un peu moins ma performance individuelle et un peu plus la performance collective. J’essaie de prendre un peu de hauteur avec les autres leaders. C’est important mais cela doit se faire gentiment et surtout naturellement.

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