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Fajardo : "La Section m’a fait grandir"

Fajardo : "La Section m’a fait grandir"

Le 05/11/2019 à 18:24Mis à jour Le 06/11/2019 à 00:59

TOP 14 - Arrivé à l’intersaison à Bayonne, Brandon Fajardo a disputé six des huit premiers matchs de championnat. Samedi, il retrouvera son ancienne équipe de la Section Paloise, à l’occasion du derby des Pyrénées… Entretien.

Rugbyrama : Quel a été le programme pendant la trêve ?

Brandon Fajardo : L’objectif était de se reposer et de prendre du temps libre pour récupérer et surtout se régénérer mentalement et physiquement. C’est éprouvant de jouer chaque week-end en Top 14. Ça a fait du bien à tout le monde. Puis nous avons repris la semaine dernière avec une journée cohésion à la montagne, pendant laquelle nous avons fait une randonnée, du rafting et un petit repas entre nous. C’était à la fois ludique, sportif et convivial. Nous avons ensuite eu deux jours d’entraînements.

Avant ça, vous vous étiez inclinés à Toulon. Ce match laisse-t-il un goût d’inachevé ?

B.F. : Oui, parce que je trouve que nous avions fait un bon match. Nous y avons mis de l’engagement et du jeu, parce que nous savions très bien que si on voulait les jouer, il fallait déplacer le ballon. On a breaké pas mal de fois, mais on n’a pas fini les coups. On aurait mérité au moins un bonus défensif pour les efforts qu’on a produits.

Malgré cette défaite, vous êtes toujours à cette troisième place…

B.F. : Si on nous avait dit ça avant la reprise, on aurait tous signé. Maintenant, l'objectif est de gagner chaque match à domicile, parce que c’est le plus important pour un groupe qui joue le maintien. Après, un autre championnat va démarrer, il va y avoir le retour des mondialistes. Les grosses équipes vont avoir une pression supplémentaire parce que certaines ont pris un peu de retard. À nous de bien l’aborder et de bien recommencer aussi, parce que c’est toujours difficile de repartir après deux semaines de vacances.

Redoutez-vous ce "nouveau championnat" qui débute ?

B.F. : Redouter, c’est peut-être un grand mot, mais on sait très bien que ça va être différent, qu’on va rencontrer des équipes plus équilibrées. L’intensité et la pression vont augmenter, donc c’est à nous de bien nous préparer. On a montré qu’on était largement capable d’être au niveau. Maintenant, le but c’est de répondre présent sur les 26 matchs de Top 14. Nous avons aussi des retours qui vont nous faire énormément de bien.

Êtes-vous satisfait de votre début de saison ?

B.F. : Oui, parce que je sors de deux saisons compliquées. Il y a de la progression sur les matchs, j’arrive à prendre de la confiance. Après, j’ai encore pas mal de points à améliorer, mais c’est normal quand on est un jeune numéro dix. Ça va venir avec le temps, j’ai confiance pour la suite.

Vous avez connu des hauts et des bas, votre début de carrière n’est pas linéaire…

B.F. : Ce que je retiens, c’est que j’ai toujours bataillé dans ma vie pour réussir. Même quand j’étais très jeune, ça n’a jamais été longiligne. J’ai eu des moments où j’étais très bien et pendant lesquels j’étais capable d’être bon et d’autres où j’alternais le bon et le moins bon. Je pense que c’est l'histoire de ma vie, qui m’aide à me construire. Petit à petit, je trouve que j’arrive à prendre de l’assurance et de la confiance. C’est l'âge aussi qui veut ça, avec une certaine maturité intrinsèque. J’ai un poste difficile parce que j’ai commencé à jouer dix à 19 ans en Pro D2. Avant, je jouais treize, ça n’a pas été évident, j’ai dû apprendre un autre métier. On voit qu’en France, c’est difficile de sortir des grands numéros dix, parce que ça demande beaucoup de travail et de patience de la part des coachs. Il faut aussi avoir un pack qui avance, on l’a vu avec les Blacks quand ils ont joué contre les Anglais. Leur charnière a eu beaucoup moins d’impact parce qu’ils n’avançaient pas devant. J’ai pris tous ces facteurs en compte au fur et à mesure de mes expériences et ça m’a rendu beaucoup plus fort. Les gens qui m’ont connu tout jeune ont d’ailleurs remarqué que j’avais franchi un tout petit cap et que j’étais un peu plus serein et mature. Après, j’espère que ce n’est que le début et que je vais continuer à être bien.

Top 14 - Brandan Fajardo (Bayonne) contre Castres

Top 14 - Brandan Fajardo (Bayonne) contre CastresRugbyrama

Samedi, vous allez affronter la Section Paloise où vous avez passé quatre saisons…

B.F. : Ça fait partie du jeu. Après, je n’accorde pas trop d’importance à mon contexte passé. Le plus important, c’est de remporter ce match. C’est une bataille territoriale, c’est le derby du 64, on défend le Pays Basque. Si on est bien en place collectivement, ce sera plus facile de gagner, que si on y met chacun son grain de sel.

Avez-vous une appréhension particulière ?

B.F. : Non, je connais 90 % des joueurs qui sont en face. J’ai joué avec certains pendant quatre ans. J’ai des liens d’amitié. Mais ça, c’est l’extra-rugby. Le plus important, c’est le terrain et les 80 minutes qui arrivent. Après, bien sûr que je prendrai énormément de plaisir à les retrouver à la fin du match, mais on a tous un objectif à remplir avant.

Quel souvenir gardez-vous de vos années dans le Béarn ?

B.F. : De très bons souvenirs. Je me suis fait beaucoup de copains, et j’ai connu de magnifiques choses avec un titre de Pro D2, où nous avions été premiers toute la saison. La Section est un club qui m’a permis de jouer en Top 14. Elle m’a aussi permis de côtoyer des champions du Monde. J’ai connu le très haut niveau là-bas pour la première fois. Il y a aussi eu des moments beaucoup plus difficiles, mais ça fait partie du sport, c’est comme ça. Je ne regrette en rien tout ce qui s’est passé et je suis très content de mes années à Pau, de ce que j’ai pu apprendre et je ne les remercierai jamais assez.

Y a-t-il un peu de rancœur sur la dernière saison, pendant laquelle vous n’aviez joué que deux matchs de Top 14 ?

B.F. : Non, pas du tout. Ça fait partie du jeu. Je n’ai pas réussi à avoir cette confiance qui me permettait d’être bien sur le terrain. J’étais très bridé. Je n’étais pas du tout à l’aise. C’était sûrement beaucoup de ma faute, parce que je voulais trop bien faire. Après, j’étais très jeune. J’ai commencé à jouer en première à 18 ans, à 19 ans, je suis arrivé à Pau et j’ai beaucoup joué. Mais c’est le sport ! Je n’en retiens que des très bons souvenirs. J’ai fait partie du groupe qui a fait remonter le club en Top 14, et ça personne ne me l’enlèvera. La Section voulait monter depuis dix ans. Elle n’y arrivait pas et quand elle est montée, ça a créé un engouement particulier. J’ai connu le nouveau stade. Ce club m’a beaucoup apporté. Après, comme dans toutes les ruptures, il y a des moments difficiles pendant lesquels je n’étais pas tout le temps d’accord avec les décisions, mais il faut savoir l’accepter parce que ça fait partie de la vie d’un sportif de haut niveau.

Match amical - Brandon Fajardo (Bayonne) contre Pau

Match amical - Brandon Fajardo (Bayonne) contre PauRugbyrama

Avec qui êtes-vous encore en contact ?

B.F. : Avec tous les jeunes : Thibault Daubagna, Bastien Pourailly, Quentin Lespiaucq, Clovis Lebail, Lucas Rey, Antoine Hastoy… Parfois, je redescendais jouer en espoirs quand j’avais besoin de temps de jeu, ça me faisait du bien. Il y a aussi Florian Nicot, Martin Puech. Je suis resté en contact avec pas mal de monde. Il faut faire la part des choses entre le rugby et l’extra-rugby, le sportif et l’humain. C’est une chose que je sais faire assez bien. Ce club m’a fait grandir, mais maintenant, j’ai basculé. Je suis dans une autre équipe et je défends mon maillot du mieux possible. Le week-end prochain, j’aurai un maillot bleu et blanc et je donnerai tout pour que l’Aviron l’emporte.

Qu’avez-vous pensé de leur début de championnat ?

B.F. : Ils ont plutôt fait un bon début de saison, avec cette victoire à Clermont qui leur a fait beaucoup de bien. Ils ont été capables d’aller chercher un bonus défensif à Toulouse. Ils ont su gagner des matchs compliqués à la maison, contre Agen et Brive. Par contre, ce faux pas face au Racing leur a coûté des points. S’ils l’avaient emporté, ils seraient à égalité avec nous. La Section est une équipe compétitive, qui a de la qualité partout. Je trouve qu’ils ont une grosse mêlée et conquête. Leur cinq de devant est très efficace. C’est un gros défi qui nous attend.

Quelle est la différence entre les Basques et les Béarnais ?

B.F. : Les deux sont durs. Ce sont des gens besogneux, qui bossent. Les jeunes bayonnais sont beaucoup plus rugby à sept, ils sont très techniques, ils jouent au ballon avec beaucoup plus de vitesse. Les Béarnais sont des joueurs plus rugueux, plus travailleurs, avec beaucoup plus de force. Après, la différence n’est pas énorme puisque tous les jeunes Béarnais qui jouent à Pau sont passés par le Pôle Espoirs de Bayonne, donc ils ont la même formation. Les deux sont très fiers de leur appartenance et de leur maillot. C’est très important. Je pense qu’on le retrouve un peu plus à Bayonne, où la tradition du rugby, de l’Aviron, du bleu et blanc est très marquée. C’est ce qui me plaît dans ce rugby basque. Yannick nous dit souvent qu’on est l’image du territoire et du club. Samedi, celui qui voudra le plus représenter son territoire gagnera.

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