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Boudjellal : "Les arbitres étaient les cocus des droits télé"

Boudjellal : "Les arbitres étaient les cocus des droits télé"
Par Arnaud Beurdeley via Midi Olympique

Le 15/05/2020 à 18:26Mis à jour Le 15/05/2020 à 18:31

TOP 14 - Mourad Boudjellal revient à son tour sur l'action de l'essai de Zirakashvili. Un tournant du match.

Sur l’action de l’essai de Zirakashvili, pour être très honnête, je n’ai pas vu l’en-avant en direct. Seulement, ce qui m’a fait penser qu’il y avait un truc qui clochait, c’est l’attitude de Felipe Contepomi. Ce joueur, c’est un gentleman, un mec réglo. Je le connaissais suffisamment pour savoir que ce n’était pas un menteur. J’ai donc moi aussi espéré que l’arbitre fasse appel à la vidéo. C’était quand même une demi-finale de Top 14, pas le challenge Orangina du début de saison. Quand je pense qu’on l’utilise parfois sur des matchs amicaux… Jérôme Garcès était à l’époque un jeune arbitre. Mais à sa place, en voyant le comportement d’un garçon comme Contepomi, je me serais forcément posé des questions et j’aurais demandé la vidéo pour ne pas faire de connerie. Mais non ! Je suis pourtant de ceux qui pensent que les arbitres ont le droit de faire des erreurs. Mais ils ont aussi le droit de s’excuser. Je me souviens de Monsieur Rebollal, après un match contre Perpignan, qui m’avait dit : « Je suis désolé, je vous ai arbitré comme un cochon. » Ça, c’est la classe. Ce qui m’a donc le plus choqué, c’est qu’après la rencontre, Jérôme Garcès n’est même pas venu s’excuser alors qu’il avait très bien vu les images qui tournaient en boucle à la télévision. C’est ce qui m’a fait péter un plomb bien plus tard… Je me suis dit : « S’il ne s’excuse pas, c’est peut-être que, finalement, c’est volontaire. » Surtout qu’il y a eu une autre erreur sur un coup de pied de Wilkinson, où lui et ses assesseurs ont inventé le poteau sortant. C’est pourquoi j’avais parlé de « sodomie arbitrale », ce qui m’a valu d’être cloué au pilori.

Seulement, si les gens du rugby n’ont toujours pas compris que la vulgarité, ce ne sont pas les mots mais les idées, c’est grave… Et je ne peux rien pour eux. Les choses les plus vulgaires dans le monde n’ont pas été des mots. Les mots n’ont le sens et la valeur que l’on veut bien leur donner. La sodomie, c’était une métaphore. Pour certains, Coluche était vulgaire. Pas pour moi. En tout cas, la sodomie arbitrale a fait davantage pour les arbitres que les beaux discours de certains. Parce que derrière cette expression, je parlais aussi de leur condition. J’ai été le premier, par exemple, à dire que les arbitres étaient les cocus de l’augmentation des droits télé. Quand ils sont passés de 35 à 70 millions d’euros, tout le monde en a profité, sauf eux. Et bizarrement, ensuite, on leur a donné plus de moyens. Avec le recul, je me dis que j’ai mis un grand coup de pompe dans la fourmilière.

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