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Aguillon : "Le système défensif de La Rochelle ? Il faut laisser sa chance au produit"

Aguillon : "Le système défensif de La Rochelle ? Il faut laisser sa chance au produit"
Par Rugbyrama

Le 03/01/2020 à 10:22Mis à jour Le 03/01/2020 à 10:39

TOP 14 - Toujours en quête de son premier succès à l'extérieur en championnat cette saison, le Stade Rochelais espère bien profiter du déplacement à Pau, ce samedi (20h45), pour endosser le costume de sérieux outsider à la qualification. Le centre Pierre Aguillon sent que le XV maritime n'est pas loin de trouver son rythme de croisière vers les phases finales.

Rugbyrama : Pierre, face à Pau, La Rochelle a l'opportunité de vraiment basculer du bon côté en cas de première victoire à l'extérieur.

Pierre Aguillon : Elle nous mettrait bien. Après, ça reste serré quand même. Tu gagnes un match, t'es dans les 6. Tu perds, t'es 11e ! C'est assez incroyable comment c'est serré. Il ne faut pas non plus s'affoler au niveau comptable parce qu'on est dans le "truc". Maintenant, c'est sûr qu'une victoire à l'extérieur nous ferait du bien. Pour avoir vu les saisons passées, c'est plus les victoires à l'extérieur qui font la différence, au final, que de perdre un ou deux matches à la maison.

La Section disait récemment que les réceptions de l'UBB et du Stade Rochelais allaient conditionner la suite de sa saison. Elle vient de prendre une claque contre Bordeaux et compte déjà trois défaites à la maison. On sent que Pau ne voudra pas passer une nouvelle fois à côté

Pierre Aguillon : Au-delà de trois défaites à la maison, ça va commencer à être compliqué pour envisager la qualif'. Et, clairement, ils jouent la qualif' donc ils se retrouvent déjà dos au mur avec une obligation de résultat face à nous. Maintenant, si nous aussi on veut basculer, il va falloir aller chercher cette victoire à l'extérieur. Ce serait le moment idéal de le faire là, à mi-saison, pour se mettre bien et réellement dans une dynamique pour pouvoir aller chercher la qualif'.

Vous nous disiez, il y a trois semaines, avant le déplacement européen à Glasgow, être toujours à la recherche d'un "match référence sur 80 minutes". L'avez-vous trouvé après le succès justement en Ecosse ou la victoire bonifiée contre Agen ?

P.A : Dans les intentions, en tout cas, je pense qu'on l'a. On s'est retrouvé un peu en voulant accélérer le jeu, en jouant les touches rapidement, en essayant de sortir un peu du cadre et mettre de la vitesse dans notre jeu. Après, sans manquer de respect à Agen, est-ce que c'est un match référence ? Je ne sais pas...Mais sur l'état d'esprit, on a vu une certaine envie de mettre du jeu, de se faire plaisir balle en main, choses qui étaient plus rares ou peu visibles sur les matches précédents. Cela permet de se dire que l'on sait toujours jouer au rugby. Non pas que l'on était au fond du sceau, à se dire qu'on était nul. Mais, voilà, ça va nous aider à avancer.

Le groupe tente certaines choses qu'il n'aurait pas tenté il y a encore quelques semaines. C'est le retour du facteur confiance ?

J'espère que ça va nous aider dans ce sens-là parce qu'il y en a besoin. Il faut qu'on continue là-dedans en faisant ce qui faisait notre force et qui, je pense, est toujours notre force. Donc à nous de basculer dans cette philosophie de jeu. Après, il va falloir être costaud à Pau, on connaît aussi le terrain. Suivant le temps, ce sera peut-être plus compliqué de faire des passes et de jouer un jeu libéré. Il faut continuer à engranger de la confiance. Pourquoi pas le match référence ce week-end.

Vous n'avez encaissé "que" deux essais sur vos trois dernières sorties, toutes compétitions confondues. Vous vous sentez bien personnellement dans ce système défensif qui commence à tourner à plein régime ?

On le savait dès le début, Ronan (O'Gara, NDLR) nous avait prévenu que l'adaptation ne se faisait pas du jour au lendemain. Ce sont des concepts différents. T'as plein de vieux réflexes à gommer pour pouvoir intégrer ce système-là. On le pratique depuis un moment, c'est encore perfectible. Ronan nous avait dit dès le début que ça allait être compliqué. Que tous les joueurs qui sont passés à ce système-là avaient eu du mal. Après, il faut laisser sa chance au produit ! On l'a fait et ça commence à porter ses fruits. On a confiance en notre système, on voit que ça marche.

Physiquement, il faut être au top.

Oui, ça demande beaucoup de dépenses énergétiques mais, après, cela t'en fait économiser aussi. Donc ça compense.

" L'important, c'est gagner à la fin. Faut juste se donne le droit de pouvoir gagner à la fin."

Le Stade perd beaucoup de munitions en touche. Comment expliquez-vous, même si vous n'êtes pas le premier concerné, les difficultés récurrentes dans ce registre depuis plusieurs mois ?

On a du mal à se trouver. Moi, dire c'est le sauteur ou le lanceur qui déconne ou c'est le contre qui a bien fonctionné...c'est compliqué, il y a tellement de facteurs. Le facteur confiance aussi. T'en perds une, t'en perds deux, t'en perds trois...du coup t'arrives au lancer, tu sais pas, tu fais des trucs un peu plus simples mais plus faciles à défendre aussi. Du coup, c'est un peu le serpent qui se mord la queue. Tu restes dans cette spirale de merde et t'arrives pas à en sortir. Les gros travaillent, il n'y a pas de raison que ça ne se passe pas mieux dans le futur.

Le départ de Jason Eaton, véritable rampe de lancement en touche jusqu'en 2018, peut-il encore peser ?

Ah putain, ça fait un moment quand même ! Je ne pense pas, on a des joueurs expérimentés, on a le Sheriff (Romain Sazy, NDLR) qui est en place encore. Non, ça va, on a des mecs d'expérience, faut pas déconner non plus (rires). Certes, peut-être que tu en as qui ont des expertises différentes, mais j'ai 100% confiance dans les mecs qui sont là.

Il y a deux ans presque jour pour jour, la Rochelle était leader du top 14 avant d'imploser

[Il coupe] On avait été champion ?...Non ! On s'en fout alors (rires)

Non mais est-ce que le groupe a mûri dans la gestion d'une saison ?

Si on pouvait être premier, je préfèrerai être premier. Peut-être qu'on le regarde différemment en se disant : "on ne va pas s'affoler non plus, comptablement on est dans les clous, il n'y a pas de raison de se taper sur la tête." On mûri de par l'expérience qui est la nôtre. L'important, c'est gagner à la fin. Faut juste se donne le droit de pouvoir gagner à la fin.

A bientôt 33 ans, vous approchez du cap des 300 matches pros en carrière (290 entre Top 14, Pro D2 et Coupes d'Europe). Cela vous inspire-t-il quelque chose en particulier ?

Je ne savais pas ! C'est bien. Si je peux y arriver et même plus, ce serait encore mieux. Non mais je suis bien. Pour l'instant, je touche du bois, je n'ai pas eu de grosses blessures. J'espère qu'il y en aura encore beaucoup, des matches. En tout cas, je suis prêt.

Vous qui nous disiez au début : "je me sens plus comme un joueur de Pro D2", au final vous avez plus de matches en Top 14.

Ça ne se joue pas à grand-chose. Je prends ce qu'il y a à prendre. Je profite, je ne sais pas combien de temps ça va durer encore. C'est le top d'évoluer à ce niveau-là, de jouer dans un stade plein. Tout est bien.

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