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Lakafia : "Le Stade français ? Ce n'est plus le club que j'ai connu, difficile de s'identifier..."

Lakafia : "Le Stade français ? Ce n'est plus le club que j'ai connu, difficile de s'identifier..."

Le 07/10/2019 à 16:01Mis à jour Le 07/10/2019 à 16:06

TOP 14 - Absent tout au long du mois de septembre (déchirure à l'ischio-jambier, contre Bordeaux), Raphaël Lakafia a fait son retour contre La Rochelle. Très à son avantage, le troisième ligne compte bien enchaîner contre le Stade français. Un club qui a marqué sa carrière, mais à travers lequel il peine à se reconnaître...

Rugbyrama : Raphaël, vous avez retrouvé les terrains hier, pour la victoire contre La Rochelle. Comment vous sentez-vous ?

Raphaël Lakafia : Je suis content de retrouver l'équipe. C'est dur d'avoir fait toute la préparation physique, de démarrer par deux rencontres à l'extérieur et de se péter. J'allais retrouver Mayol, et devoir m'asseoir en tribunes, c'était compliqué. J'ai mal vécu ce mois de septembre... Je m'étais mis dans de très bonnes dispositions pour attaquer la saison, et avoir ce contre-temps m'a contrarié. Surtout que c'est ma troisième saison à Toulon, et c'est la troisième fois que je me blesse à ce moment-là... Je pense que je vais m'entraîner un peu moins l'été prochain (sourire).

Avez-vous eu un sentiment de "faux-départ" ?

R.L. : C'est surtout que je m'en suis voulu de m'être autant entraîné cet été avant-même qu'on entame la préparation physique. Je voulais être bien physiquement. Je savais qu'on aurait pas mal d'absents et qu'on allait enchaîner. Je m'étais préparé en conséquence, oubliant que je n'avais plus 18 ans...

Désormais, êtes-vous à 100 % de vos capacités ?

R.L. : J'avais une belle lésion au niveau de l'ischio-jambier, alors ça m'a inquiété. Mais j'ai fait confiance au staff médical. Il est compétent et j'ai énormément bossé. Puis les préparateurs physiques m'ont bien pris en main ; le but étant de minimiser le temps de cicatrisation et celui de retour au terrain. Aujourd'hui, entre les prépas et Cedrick Vivant, en charge de la réathlétisation, il vaut mieux ne pas se blesser (rires). Ils nous mettent en place de belles séances, très denses et tu ne t'arrêtes jamais. Gainage, piscine, vélo, ils ont toujours de nouvelles idées. Quand tu reviens t'es plus prêt qu'avant la blessure.

Top 14 - Raphael Lakafia (Toulon) contre La Rochelle

Top 14 - Raphael Lakafia (Toulon) contre La RochelleIcon Sport

Dans quel état avez-vous retrouvé le groupe ?

R.L. : J'ai quitté le groupe après la défaite à Bordeaux, et je l'ai retrouvé après celle contre Brive... Donc c'était spécial. Tout le monde a envie de bien faire, mais ça ne veut pas sourire. On bosse dur, on essaye de tout mettre en place et quand tu vois le contenu tu te dis "mais ils font quoi la semaine?!". Ça joue sur le moral du groupe. On n'est pas à plaindre, loin de là, mais c'est frustrant pour les mecs. Il va falloir que ça tourne.

Qu'est-ce qui va vous permettre d'enclencher une dynamique positive ?

R.L. : Enchaîner des victoires, évidemment, mais surtout être constants sur le contenu. Contre La Rochelle, justement, on a réussi à maîtriser la rencontre, à gérer nos temps faibles et finalement on a "construit" notre victoire. Il faut qu'on puisse répéter ces performances.

C'est une responsabilité qui incombe à votre capitanat, de réussir à reproduire ce genre de performance...

R.L. : C'est le défi pour moi : réussir à mobiliser tout le monde, semaine après semaine. Dans cette période où beaucoup de leaders nous manquent, il faut réussir à tirer le meilleur du groupe. Et heureusement, d'autres mecs s'affirment et mènent l'équipe. Car on a besoin de joueurs qui communiquent, qui encouragent. Je pense à Anthony Étrillard, Anthony Belleau, Rhys (ndlr Webb) ou encore Julian (Savea) qui s'investit de plus en plus. Ce sont des mecs qui veulent faire progresser l'équipe. Ils ne sont pas là juste pour consommer, pour profiter du soleil et répéter le week-end ce qui est écrit sur le tableau. Non, ils proposent des choses, et ça fait du bien à tout le monde.

Vous retrouvez le Stade français ce week-end, comment appréhendez-vous ce retour ?

R.L. : C'est la première fois que je retournerai à Jean Bouin. Ça va me faire bizarre. J'ai été blessé les deux dernières saisons au moment de monter à Paris, et c'est certain que ça va me faire drôle. C'est un club que j'ai vraiment adoré. Je me suis régalé, j'ai passé trois saisons extraordinaires, avec Gonzalo (ndlr Quesada) comme entraîneur. Mais aujourd'hui, sincèrement, ce n'est plus le club que j'ai connu. C'est compliqué de s'identifier, même si j'ai des copains qui sont toujours là-bas. D'ailleurs j'en ai bien plus qui sont partis... Donc oui, ça restera un club que j'ai apprécié, mais aujourd'hui ce n'est plus celui que j'ai connu. Ça m'aurait fait quelque chose il y a deux ans, mais maintenant c'est différent.

Lakafia au Stade français

Lakafia au Stade françaisIcon Sport

Vous n'êtes pas le premier à expliquer que vous ne vous reconnaissez pas dans ce Stade français...

R.L. : Pour être en contact plus que régulier avec certains des mecs, c'est vrai qu'il y a un peu de colère... De la colère de voir la direction que ça prend, de la colère face aux résultats... Mais il y a tellement de joueurs qui ont fait l'histoire de ce club qui sont partis, et qui n'ont pas été respecté au moment de partir que même pour ceux qui restent, c'est compliqué. Dans un groupe, quand tu as la moitié de tes copains qui sont mis dehors à coups de pieds au cul, c'est compliqué d'avoir le même investissement...

Et avec ceux qui restent, allez-vous vous contacter avant le match ?

R.L. : Bien sûr, on va s'appeler, mais mes potes là-bas... Rémi Bonfils est blessé, Jules Plisson et Antoine Burban ne jouent pas, Djibril Camara est parti, Sergio Parisse a signé à Toulon... La semaine passée je regardais leur match, et dans l'équipe, hormis Jo' Danty, il n'y a plus grand monde de qui je suis très proche... Ces mecs, ils ont tout connu avec le club, quand c'était plaisant, quand ça l'était moins et j'espère qu'ils n'ont pas de lassitude à force de vivre tous ces cycles... Le Stade français c'est les montagnes russes, et j'espère que ça repartira... après notre match !

Justement, est-ce le moment pour Toulon d'enchaîner ?

R.L. : On a un bloc qui se termine dans deux matchs, donc on se doit d'enclencher. Le revers à Brive a fait mal aux têtes. On a ramassé en suivant, à juste titre, mais on a eu du mal. Heureusement on a su réagir et désormais il faut réussir à enchaîner et se mettre dans une situation où tu ne te mets plus le flingue sur la tempe à chaque défaite. On doit engranger quelques points d'avance, de la confiance et pouvoir aborder les matchs suivants avec de la sérénité et non plus le couteau sous la gorge...

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