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Palis : "Ne pas reprendre m'angoisse !"

Palis : "Ne pas reprendre m'angoisse !"
Par Midi Olympique

Le 19/03/2020 à 13:35Mis à jour Le 19/03/2020 à 13:37

CORONAVIRUS - TOP 14 - Désormais au chômage partiel, Geoffrey Palis garde son indéfectible joie de vivre. Non sans penser à ses compatriotes durement touchés par le virus.

Midi Olympique : Quand avez-vous senti que votre routine de joueur professionnel allait changer ?

Vendredi dernier. Nous nous sommes entraînés le matin et puis nous avons eu une prise de parole de notre président qui nous a expliqué que nous allions très probablement basculer sur un chômage partiel au début de cette semaine. Là, on a vraiment pris conscience de la gravité de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Dans la foulée, l'entraînement du vendredi après-midi a été annulé et nous avons été invités à rentrer chez nous. Ce n'est pas une situation évidente à gérer et sur le coup on a tendance à penser à sa propre condition. Mais très vite, il faut relativiser. On pense alors aux autres professions, bien plus exposées que la nôtre et surtout aux gens qui sont touchés directement par le virus. Malgré tout, nous autres rugbymen sommes privilégiés.

À titre personnel, ce virus dont on sait finalement peu de chose vous fait-il peur ?

Oui ! Que cela soit pour moi ou pour mes proches, je ne suis pas rassuré ! Il y a quand même un nombre important de décès et de gens hospitalisés, ce n'est pas anodin. Je crois que lorsque tout cela a commencé, on ne pensait pas que ça prendrait une telle ampleur. Et maintenant, nous payons les pots cassés.

À quoi va ressembler votre quotidien maintenant que vous ne pouvez plus jouer au rugby ?

Déjà, la situation évolue quasiment d'heure en heure. Nous guettons les différentes communication des pouvoirs publics pour nous tenir au courant. Nous verrons les nouvelles consignes édictées ce soir (lundi soir, N.D.L.R) par notre président de la république. Ensuite, il faudra rester en forme. Je n'imagine pas reprendre la compétition en ayant pris dix kilos donc il va falloir éliminer d'une manière ou d'une autre (rires). Il faut aussi voir le bon côté des choses : cette situation nous permet de passer du temps avec ceux qui nous sont chers. Pour le moment, je m'occupe de ma famille et de ma fille née au mois de janvier. Je m'occupe des affaires courantes, aussi. Ce matin par exemple, j'ai passé la tondeuse et je me garde le motoculteur pour demain ou après-demain (rires). Mais j'ai tendance à être hyperactif et je ronge déjà mon frein tout en gardant en tête que ces efforts de confinement sont nécessaires pour le bien de tous. Il faut s'armer de patience.

Imaginez-vous ne pas pouvoir reprendre la compétition cette saison et ne retrouver les terrains qu'à la fin août ?

Il faut malheureusement se préparer à toutes les éventualités mais celle-là m'angoisse vraiment. Si cela venait à arriver, j'aurais un sentiment d'inachevé et je ne le vivrais pas très bien. Et puis si on en arrive là, cela voudra dire que cette crise est vraiment très grave et que ses conséquences tant humaines qu'économiques seront désastreuses et ce dans toutes les strates du pays. J'espère sincèrement ne pas en arriver là et que les choses vont rapidement rentrer dans l'ordre.

Propos recueillis par David Bourniquel

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