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Travers : "Cette séparation est difficile mais n’efface en rien ce qu’on a réalisé ensemble"

Travers : "Cette séparation est difficile mais n’efface en rien ce qu’on a réalisé ensemble"

Le 30/04/2019 à 18:07Mis à jour Le 30/04/2019 à 22:04

TOP 14 - Le Racing 92 a officialisé ce lundi le départ de son co-entraîneur Laurent Labit en fin de saison. Pour rugbyrama.fr, son binôme de (presque) toujours Laurent Travers s’est confié sur cette séparation programmée et a également dressé les contours du futur mode de fonctionnement du club francilien.

Rugbyrama : Le duo Travers-Labit date de 2005. Comment a-t-il pu tenir toutes ces années ?

Laurent Travers : Chacun y trouvait son compte et notre complémentarité a aussi fait notre réussite. Une réussite également collective car liée à toutes les personnes qui ont adhérées à notre mode de fonctionnement. Les différents présidents, que ce soit à Montauban, Castres ou au Racing 92, nous ont fait confiance, ce qui n’était pas évident. Tout cela a fait que nous avons pu avoir de bons résultats et on espère désormais arriver à en avoir d’autres séparément.

Il est difficile d’imaginer que vous ayez toujours été sur la même longueur d’onde durant toutes ces années…

L.T. : Nous avons parfois eu des désaccords mais je ne connais pas un couple qui n’en a pas. Ils se réglaient dans un bureau et cela n’allait pas plus loin. On en a eu et on en aura encore d’ici la fin de saison. Si, entre nous deux, cela avait été l’encéphalogramme plat, cela ne nous aurait mené à rien. Il est toujours important d’avoir des discussions et après, il faut savoir prendre une décision et ne pas revenir en arrière.

Avant l’annonce de votre séparation, votre association avait résisté à tout, même à Eddy Jones, que Jacky Lorenzetti avait un temps pensé faire venir après la Coupe du monde avant de vous prolonger jusqu’en 2022…

L.T. : Le Racing est un club ambitieux avec des infrastructures de très haut niveau. Beaucoup d’entraîneurs aimeraient l’entraîner ! Eddy Jones en a fait partie mais comme d’autres. On le voit aujourd’hui avec beaucoup de personnes qui appellent pour dire qu’elles sont intéressées pour entraîner ici. Avec le départ confirmé de Laurent, il y a le choix car beaucoup de gens se proposent.

" Comme dans toute fin, il y a de la douleur et de la déception"

Éprouvez-vous un sentiment de nostalgie en pensant à la fin imminente de votre longue collaboration avec Laurent Labit ?

L.T. : Bien-sûr ! C’est normal après ces quatorze ans et les résultats qu’on a eus avec l’ensemble des joueurs et des staffs qu’on a côtoyés. Cette séparation est difficile mais n’efface en rien ce qu’on a réalisé ensemble durant quatorze ans. Ce n’est pas non plus le divorce d’Angelina Jolie et Brad Pitt ! Mais comme dans toute fin, il y a de la douleur et de la déception. J’en ai eu, Laurent aussi certainement, maintenant il y a des choix que lui et moi assumons. Un nouveau challenge se présentera la saison prochaine pour lui comme pour moi mais ce qui est sûr, c’est que chacun voudra que l’autre réussisse.

N’y a-t-il pas un peu de regret de ne pas avoir pu concrétiser ce rêve d’aller en équipe de France à deux ?

L.T. : Ce serait malhonnête de dire que ce n’était pas une ambition. Quand on est joueur, on veut jouer au plus haut niveau et être en équipe de France. C’est la même chose pour un entraîneur. Notre but avec Laurent était de pouvoir y arriver tous les deux, de diriger cette équipe. Laurent a eu cette opportunité d’être adjoint, avec des supérieurs qui seront Fabien Galthié et Raphaël Ibañez. Je lui souhaite tout le bonheur et de pouvoir réussir.

Si on vous l’avait proposé, auriez-vous pu accepter un rôle d’adjoint de Fabien Galthié ?

L.T. : Je vais être clair, je vois les choses différemment. Quand tu es patron dans un des 4-5 clubs que tout le monde envie, que tu as l’habitude de commander, il est difficile d’accepter de repartir sous les ordres de quelqu’un d’autre. Mais c’est un sentiment personnel qui ne concerne que moi. Laurent a fait ce choix et ce n’est pas du tout une critique de ma part. Je peux comprendre sa décision, j’ai juste un tempérament différent et une autre façon de voir, ce qui a aussi fait notre force durant toutes ces années.

Vous serez, à partir de l’an prochain, directeur du rugby du Racing 92. Quelles seront vos prérogatives ?

L.T. : Je serai "head coach", c’est-à-dire que j’aurai la charge de tout le domaine professionnel et sportif du club. C’est une grande responsabilité et je tiens à remercier le président Lorenzetti pour la confiance qu’il m’accorde. Cela ne m’empêchera pas de continuer à être proche du terrain, car c’est ce qui me plaît, mais je managerai tout un staff à l’image de ce que peuvent faire Franck Azéma à Clermont ou Pierre Mignoni à Lyon. Je vais prendre de la hauteur mais je serai toujours présent sur le terrain et tout ce qui sera du domaine de la stratégie et de la mise en place sera certes une réflexion collective mais validée par moi.

" Ce serait beau de clôturer cette aventure humaine à deux par un titre pour que Laurent puisse partir par la grande porte"

Vos nouvelles fonctions n’empièteront-elles pas sur le périmètre de votre actuel directeur sportif Yannick Nyanga ?

L.T. : Non, au contraire. Yannick sera très important puisqu’il va s’occuper de tout ce qui touche l’extra-sportif : l’organisation, la vie du groupe… C’est une place prépondérante. Tout comme celle de Christophe Mombet, le directeur de notre centre de formation. Nous travaillerons tous les trois main dans la main, avec, au-dessus de nous, le président Lorenzetti.

Vous aimez vous entourer de personnes que vous connaissez bien. Dans ce contexte, il n’est pas surprenant d’avoir vu circuler les noms de Ronan O’Gara et Gonzalo Quesada pour remplacer Laurent Labit…

L.T. : Pour le moment, rien n’est encore concret mais c’est vrai qu’ils font partie de la short-list. Ronan, je l’ai côtoyé au Racing récemment et je m’entends très bien avec lui. Le challenge l’aurait intéressé mais malheureusement, il m’a dit qu’on est arrivé trop tard car il avait déjà donné sa parole à un autre club (très vraisemblablement La Rochelle, ndlr). Par respect, je ne lui ai pas demandé lequel. Concernant Gonzalo, il connaît le club et nous avons échangé plusieurs fois. Je ne vais pas nier qu’il y a des contacts. Ce que je peux dire, c’est que nous aurons, la saison prochaine, en plus de moi, un entraîneur des avants, un entraîneur des trois-quarts qui aura aussi la responsabilité de l’attaque et de la stratégie avec moi, et un entraîneur de la défense. Le staff ne sera pas pléthorique mais chacun aura une mission bien définie.

Avant cela, terminer l’aventure avec Laurent Labit par un titre ne serait-elle pas la plus belle façon de vous dire aurevoir ?

L.T. Évidemment ! On a choisi le Racing car c’était un club ambitieux et on a été attiré par le fait de se mettre en danger, dans un autre contexte qu’à Castres, avec d’autres joueurs. Ce serait beau de pouvoir clôturer cette aventure humaine à deux par un titre pour que Laurent puisse partir par la grande porte.

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