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Bru : "Montrer qu’on a notre place à ce niveau !"

Bru : "Montrer qu’on a notre place à ce niveau !"
Par Rugbyrama

Le 10/07/2019 à 18:25

TOP 14 - Après trois journées d’entraînement, Yannick Bru pose son regard sur cette reprise et sur l’avenir de son club dans l’élite.

Rugbyrama : Quelles sont vos premières impressions à l’orée de la saison ?

Yannick Bru : Le train de l’aviron a été en avance en gare puisqu’on est monté plus vite que prévu. Notre projet s’étalait sur trois ans. Il a fallu adapter le modèle basé sur l’utilisation des ressources de la formation bayonnaise, sur l’identité. Les gens du territoire sont en effet sensibles aux joueurs du cru. L’aviron veut aussi montrer une bonne attitude sur le terrain et en dehors. On va évidemment toujours porter cette vision mais l’adapter en raison de la problématique du rugby français. On sait, fin mai, qu’on monte et il faut présenter un effectif au 30 juin. Sauf que l’offre ne permet de faire venir que très peu de français. Les JIFF ont été pris par les clubs qui ont des joueurs engagés en coupe du monde. On est obligé de recruter à l’étranger. L’objectif est de faire bonne figure en Top 14 dès l’année prochaine. On va essayer de relever ce défi. On a pris des gens revanchards et on espère qu’ils s’intègreront dans l’état d’esprit qu’on a créé la saison dernière.

Vous parlez de bien figurer, comment cela se traduit-il ?

Y.B. : Bien figurer c’est montrer une attitude, une compétitivité de l’équipe. Montrer qu’on a notre place à ce niveau. Humilité ne veut pas dire manque d’ambition. On attendra bien plus tard dans la saison avant d’utiliser certains termes.

Comme le maintien ?

Y.B. : Exactement. On va rester réaliste sans manquer d’ambition.

Comment jugez-vous l’écart entre la ProD2 et le Top 14 sur ces dernières années ?

Y.B. : Dans l’intensité intrinsèque des matchs, temps effectif, mètres par minute, il n’y a pas d’écart abyssal. En revanche sur l’intensité des collisions, il y a une vraie différence. Sur l’enchaînement des matchs qui renvoient à la profondeur des effectifs, il y en a aussi une grosse.

Le challenge pour nous sera de tenir l’échange. Sur un match, les phases finales de ProD2 ont montré qu’elles n’avaient rien à envier parfois à certaines du Top 14. En revanche sur la violence des chocs, on va se préparer pour ne pas se faire chahuter. Le challenge est là, l’enchaînement des matchs et bâtir un effectif qui nous permettra de faire face.

Votre effectif, justement, est-il taillé pour tenir la route ?

Y.B. : Je pense qu’on l’a bien construit. Mais on s’appelle Bayonne, et Beauden Barrett ne téléphone pas pour venir. Donc il faut faire des paris. On espère qu’ils seront payants. Pour la profondeur de banc, on jouera sur la gestion de la charge physique, ce qui a été une de nos forces l’année dernière. Je peux m’appuyer ici sur un très bon staff au niveau de la préparation physique et un staff médical qui n’avaient rien à envier aux clubs de Top 14. On a eu très peu de pépins musculaires. Ce sera un élément essentiel de notre fonctionnement dans l’élite.

Le nouveau calendrier de Top 14 va ressembler à ce qu’on a vécu en PorD2, à savoir des séries de trois matchs entrecoupés de pauses. Si on gère bien nos deux compétitions, on peut espérer avoir des plages de régénération qui seront une opportunité pour nous.

Quelle sera votre approche du Challenge Européen ?

Y.B. : Ce sera une excellente compétition pour le développement de nos jeunes. Une opportunité de travailler à fond sur notre projet sportif. Cela ne veut pas dire qu’on ne jouera pas avec détermination.

Vos hommes sont-ils excités de jouer dans l’élite ? Ou inquiets… quand on pense à Perpignan ?

Y.B. : Un mélange des deux. Ce qui a provoqué une digestion de la saison, calme. La jurisprudence Perpignan et Bayonne aussi fonctionnent. Monter et redescendre en suivant avec une saison difficile a provoqué quelque chose dans la psychologie de nos gars.

Comment avez-vous construit votre recrutement ?

Y.B. : On a essayé de prendre des opportunités financières. On n’est pas le Real Madrid. On a embauché Des joueurs remis en question dans leurs anciens clubs, concernés par le challenge. Celui de refaire de Bayonne une équipe stable dans l’élite.

On a évidemment ciblé nos postes. On avait une équipe très mobile, joueuse, mais qui manquait de densité. C’est pourquoi nos recrues, devant comme derrière, vont amener du punch, de la densité, de la présence physique. On sait par la bande que tous ces joueurs ont de la ressource. On a fait avec nos moyens. Les joueurs qui arrivent ont des choses à se faire pardonner, un challenge à relever.

Qu’en est-il de Census Johnston ?

Y.B. : Sa signature n’est pas actée. On est en discussion. Il a des contraintes familiales. Il y a encore des détails à régler. J’espère qu’on parviendra à un accord.

Avec combien de joueurs travaillez-vous ?

Y.B. : Cinquante. On travaille aussi avec les jeunes potentiels du club. On a créé une cellule élite qui regroupe les 12 meilleurs potentiels du club. De 18 à 21 ans. Ils s’entraînent avec nous sur les critères du haut niveau du lundi au mercredi. Ils basculeront ensuite dans leurs catégories. Cette cellule sera encadrée par Jean-Baptiste Lartigot, directeur sportif du centre de formation. Il a avec lui notamment Juan Pablo Orlandi et Benjamin Thiéry. Il faut qu’elle soit connectée avec les donnés du haut niveau.

Avez-vous dessiné les contours de votre jeu ?

Y.B. : On va être une équipe qui travaillera sans le ballon, qui aura de l’entrain offensif, qui fera preuve de créativité. On sera fidèle à l’image qu’on a montrée de l’aviron la saison dernière. Avec un adversaire qui sera supérieur…

Propos recueillis par Edmond Lataillade

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