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Top 14 - Yacouba Camara (Montpellier) : " À Grenoble, l’équipe va savoir où elle en est réellement"

Camara : "À Grenoble, l’équipe va savoir où elle en est réellement"

Le 19/12/2018 à 15:03Mis à jour Le 19/12/2018 à 15:23

TOP 14 - Vainqueurs de Toulon en Champions Cup dimanche (34-13), les Héraultais ont mis fin à une série de cinq défaites sur leurs six derniers matchs. Un succès précieux sur le plan de la confiance, qu’ils doivent impérativement confirmer en ramenant des points de Grenoble samedi (18h30) pour continuer à avancer.

Rugbyrama : Face au RCT, lors de votre troisième match depuis votre reprise après dix mois d’absence (rupture partielle des ligaments du genou), vous avez semblé franchir un palier dans votre progression sur les plans de l’explosivité et de l’activité affichée. Partagez-vous cette impression ?

Yacouba Camara : Je l’ai aussi un peu ressenti. Je pense que c’est au fur et à mesure des matchs que l’on retrouve du rythme. Je suis content pour l’équipe et pour moi car nous sommes tombés sur une belle formation de Toulon et nous avons gagné. Je me sens de mieux en mieux mais il reste encore du boulot.

Avez-vous toujours une forme d’appréhension liée à votre genou lorsque vous combattez sur le terrain ?

Y.C : Non je ne l’ai plus du tout. Lors de mes premiers entraînements avec le club à ma reprise, elle était un peu présente. Mais au fil des séances et avec l’intensité qui augmentait, elle a disparu. Et en match, dès que l’arbitre siffle, les appréhensions ne sont plus là.

Vous deviez avoir hâte de revenir sur le terrain…

Y.C : En effet, j’avais hâte de revenir et de combattre avec mes copains. Certes, nous avons toujours ce goût amer de la finale perdue face à Castres, surtout Benoît (Paillaugue, NDLR) et moi, qui étions blessés. Mais je pense que cela nous a forgé un caractère et nous a donné l’envie de revenir plus vite et plus fort avec ce groupe.

Justement, vous sentez-vous aujourd’hui plus fort ?

Y.C : Mentalement oui, je pense être plus fort. Après physiquement, il faut que je travaille encore pour retrouver le rythme et le niveau.

Champions Cup - Yacouba Camara (Montpellier) contre Toulon

Champions Cup - Yacouba Camara (Montpellier) contre ToulonIcon Sport

En quoi êtes-vous plus fort ?

Y.C : J’ai eu une démarche et un cheminement mental personnels durant mon indisponibilité. J’ai eu deux longues blessures au même genou qui auraient pu me ralentir et m’empêcher de continuer mon sport. Mais aujourd’hui, je suis là et je prends à nouveau du plaisir sur le terrain et c’est ce qu’il y a de plus important. Mais je n’oublie pas que j’ai traversé des périodes difficiles. Je garde toujours cela en tête.

A un moment donné, avez-vous eu peur de ne plus pouvoir rejouer au rugby malgré votre jeune âge (24 ans) ?

Y.C : Non, je n’ai jamais pensé à ça. J’ai eu la visite du médecin puis du staff de Montpellier et ils m’ont vite rassuré en me disant que cela faisait partie de la vie d’un sportif de haut niveau. Ils m’ont permis de rebondir. Et après l’opération, je m’étais fixé l’objectif de changer et cela a donc rapidement basculé dans mon esprit. Je suis passé en mode préparation pour retrouver la compétition. Je n’étais pas seul. Les staffs, médical, technique et de préparation physique, ont été d’un grand soutien. Sans eux, je ne pense pas que je serais revenu aussi vite. Il m’aurait fallu plus de temps et peut-être que je serais alors revenu moins en forme et en confiance. Ils ont fait du bon boulot.

Que vous manque-t-il désormais pour redevenir le “vrai” Yacouba Camara ?

Y.C : Du travail, car il n’y a que le travail qui paye. Je dois donc bosser, encore et encore, pour retrouver j’espère mon meilleur niveau. Je parle de travail physique, mais aussi mental et technique. Plein de choses… Comme se fixer des nouveaux objectifs personnels et avec le club, de gagner des matchs pour se remettre en course dans le championnat. Tout cela va me permettre de retrouver mon meilleur niveau.

Avez-vous été un vecteur de fraîcheur et de confiance pour votre équipe depuis votre retour, dans une période difficile traversée par le club ?

Y.C : Bien entendu. Avec Benoît, nous avons essayé depuis notre retour d’apporter beaucoup de fraîcheur au groupe. Benoît est un cadre de l’équipe mais moi, je ne pense pas l’être. J’essaye de donner des conseils aux plus jeunes… Nous avons eu aussi le retour de Jacques Du Plessis dans le groupe et cela a apporté de la confiance et de la fraîcheur mentale. Cela a permis de resserrer encore un peu plus le groupe.

Champions Cup - Yacouba Camara (Montpellier) contre Toulon

Champions Cup - Yacouba Camara (Montpellier) contre ToulonIcon Sport

Pensez-vous que les problèmes rencontrés par l’équipe cette saison, dans les résultats obtenus et le jeu développé, étaient seulement liés à ces nombreuses absences de joueurs cadres ?

Y.C : Non, plein de choses entrent en jeu : la façon dont on a démarré le championnat face à Castres avec un revers qui met le groupe dans le dur et lui rappelle les mauvais souvenirs de la finale, nos courtes défaites face à de belles équipes… Je pense que nous avons un groupe très homogène et je ne crois pas qu’on ait besoin d’un seul facteur X pour gagner des matchs. C’est l’équipe qui avait failli sur ces rencontres.

Le succès face à Toulon dimanche a-t-il fait figure de bouffée d’oxygène sur le plan mental pour le groupe ?

Y.C : Il a fait énormément de bien dans les têtes. Mais il reste encore beaucoup de travail à concrétiser, notamment ce week-end à Grenoble. L’objectif de la coupe d’Europe a été validé, nous sommes toujours en course pour la qualification et il restera deux matchs importants à jouer pour atteindre notre visée. Désormais, il faut vite basculer sur le Top14. On va voir où on en est réellement, car nous sommes encore mal barrés !

Justement, Montpellier (9e à quatre points de la 6e place) sera-t-il face à un tournant de sa saison en Top14 lors des prochaines semaines, avec ce déplacement capital à Grenoble et les réceptions décisives de Pau et Lyon ?

Y.C : A mon sens, chaque match est un tournant. Après, c’est vrai que nous sommes mal placés et que nous avons besoin d’aller chercher des points. Mais on sait très bien qu’aller jouer à Grenoble n’est pas chose facile. On va donc tout donner et on verra le résultat à la fin.

Le MHR est-il aujourd’hui en plus des victoires, à la recherche de constance dans ses performances pour ne pas revenir en arrière dans sa progression ?

Y.C : Exactement. Le but est de trouver de la constance entre chacune de nos sorties, Si on ne gagne pas à Grenoble samedi, on ne va pas tout effacer d’un coup car je le répète, ce n’est pas tout le monde qui ira triompher là-bas. On va jouer un match très important pour nous comme pour eux. Mais ce n’est pas cette rencontre qui va nous pénaliser encore plus quel que soit le résultat obtenu.

Personnellement, avez-vous ressenti une forme de frustration après avoir raté plusieurs moments importants avec Montpellier et le XV de France ?

Y.C : Oui, c’est toujours difficile d’être un peu en dehors et de voir tes coéquipiers se battre pour le maillot de ton club ou de l’équipe de France. Il y a donc un peu de frustration mais il faut savoir patienter car c’est la règle du jeu.

Cette équipe de France et le tournoi des six nations qui approche reviennent-ils progressivement dans votre esprit ?

Y.C : Non, le plus important pour moi est d’être d’abord très performant avec mon club. Gagner des matchs, remonter au classement. Après, j’espère que le reste viendra…

La Coupe du monde au Japon est forcément dans un coin de votre tête, non ?

Y.C : Franchement pas encore. J’y pense, mais je préfère fonctionner étape par étape. La Coupe du monde c’est dans un an (dix mois)… Et avant cela, nous avons encore beaucoup de matchs importants avec Montpellier qui nous attendent. On a une saison très difficile et nous avons quelque chose de très grand à réaliser si on fait bien les choses. Le mondial, je pense que j’y réfléchirai si je suis sélectionné avec le XV de France mais pas avant.

Yacouba Camara (France)

Yacouba Camara (France)Icon Sport

Le prochain tournoi n’est-il tout de même pas une étape importante avant ce “Graal” ?

Y.C : Je ne pense pas pour tout le monde… Il y a bien des joueurs qui ont fait le tournoi des six nations et qui n’ont pas été appelés par la suite pour la Coupe du monde. Il y a aussi les blessés… Le sélectionneur fera sa liste comme il se doit et on verra à ce moment-là.

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