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Fofana : "Marre qu’on ne parle que des blessures !"

Fofana : "Marre qu’on ne parle que des blessures !"

Le 22/12/2020 à 15:14Mis à jour Le 22/12/2020 à 15:45

TOP 14 - Avec seulement trois titularisations en tout début de saison, Wesley Fofana va enfin faire son grand retour ce week-end, à l’occasion du déplacement à Toulon. Au-delà de la simple envie de retrouver les terrains, le joueur de 32 ans espère faire bénéficier ses coéquipiers de sa longue expérience du haut niveau. Il l’a en tous cas clairement affirmé, ce mardi en conférence de presse.

Wesley, après trois titularisations en début de saison, vous avez été blessé puis testé positif (asymptomatique) au Covid-19. Il y a une véritable envie de « croquer » après cette absence, peut-être un peu plus longue que prévue ?

Wesley Fofana : Ce n’est pas seulement la blessure, mais aussi les choix des coachs par rapport à la concurrence ! Pendant mon absence, des joueurs ont marqué des points et j’aurai peut-être pu rejouer plus tôt. Mais j’accepte naturellement cette concurrence ! On a vu des joueurs réussir de très belles performances depuis le début de la saison, alors tu travailles pour gagner ta place. J’ai aujourd’hui 32 ans et je m’appuie sur mon expérience pour attendre mon tour et l’occasion de retrouver les terrains.

Après cette très longue période sans jouer, peut-être que le staff s’est aussi montré prudent pour être sûr de vous retrouver à 100 % de vos capacités ?

W.F. : Je ne suis pas dans la tête des coachs pour pouvoir le dire ! Nous avons eu l’occasion d’en parler tous ensemble et j’accepte naturellement leurs décisions. En bref, je joue quand on me demande de jouer et le reste du temps je me met à la disposition du groupe pour l’aider comme je peux et fort de mon expérience.

Quel est votre état d’esprit au moment de reprendre la compétition ce week-end ? Une petite appréhension après tout ce temps, ou le sentiment d’être à 100 % et même au-delà ?

W.F. : J’espère bien être même à 150 % de mes capacités ! On va voir comment se passe les choses sur le terrain mais je suis impatient de jouer ce week-end. Toulon, c’est une équipe contre laquelle il faut toujours tout donner. Ils n’ont pas joué le week-end passé en coupe d’Europe et on sait qu’ils n’ont que ce match face à nous en tête. On sait qu’on sera attendu et ils font de très bonnes choses à domicile depuis le début de la saison. On est tous très motivé dans le groupe ! Moi en tout cas je suis excité à l’idée de jouer ce match.

"Être à la disposition du groupe pour l’aider comme je peux et fort de mon expérience"

Avec la volonté de pouvoir maintenant enchainer les matchs ?

W.F. : Je dois avouer que j’ai l’impression que l’on ne parle de moi qu’à travers les blessures. Je commence d’ailleurs à en avoir un peu marre, car la blessure fait partie du quotidien des sportifs. Je n’étais pas le seul à l’infirmerie et pourtant, que ce soit dans la presse où les réseaux sociaux, j’ai lu pas mal de choses autour de mon cas. Je préfèrerai me focaliser sur les soins, sur la manière de me préparer pour revenir, plutôt que les longs discours. Arrêtons de parler pour rien !

Les lignes-arrières clermontoises se sont montrées performantes depuis le début de saison sans vous, l’objectif c’est avant tout de se refaire une place dans cette équipe ?

W.F. : J’ai envie de participer et de me donner à fond pour jouer avec cette équipe et partager ces belles envolées qu’on peut voir depuis le début de saison. Encore une fois, ce sont les coachs qui décident de l’équipe qui joue le week-end. Je suis très heureux de faire partie de ce groupe et je donne tout pour lui. Même si tu n’es pas sur le terrain, tu participes aux entrainements, à la vie du groupe aussi et c’est vrai que cette attaque, cette manière de jouer te donne envie d’être sur le terrain.

À titre personnel, reprendre contre Toulon c’est un sacré défi ?

W.F. : C’est un challenge excitant ! Sur le plan personnel, même si je préfère parler du collectif, ce n’est pas un retour facile en soit mais j’ai envie de retrouver des sensations et se déplacer à Toulon, c’est un match toujours passionnant en effet.

"La blessure fait partie du quotidien des sportifs, alors arrêtons de parler pour rien !"

On vous retrouve avec le sourire, on vous voit aussi plus actif sur les réseaux sociaux depuis quelques temps. D’une manière générale on a un sentiment de bien-être au moment de retrouver les terrains ?

W.F. : J’ai bientôt 33 ans, de superbes enfants et une épouse merveilleuse. Ils m’ont beaucoup apporté pendant cette longue période pour moi. Je suis heureux avec ma famille et heureux de pratiquer le rugby dans un super club ! J’espère maintenant pouvoir enchainer un peu plus sur le terrain, car en dehors j’ai appris à partager un peu plus de mon quotidien avec les supporters. C’est plutôt sympa de pouvoir échanger avec eux et c’est pourquoi j’ai appris à me montrer plus présent, surtout dans cette période où on est inévitablement plus isolé.

On a le sentiment que vous abordez cette nouvelle partie de votre carrière avec une certaine gourmandise ?

W.F. : J’ai la volonté de finir au top ! Quand je parle de mon âge je veux mettre en avant mon expérience. Je prends plus de recul par rapport au quotidien du sportif de haut niveau mais j’ai toujours cette envie de challenge, cet esprit de compétition en moi. J’ai eu une belle première partie de carrière où j’ai su faire face à la concurrence. Aujourd’hui j’ai envie de revenir en tant que titulaire et de donner mal à la tête aux coachs quand il compose l’équipe. Je me sens encore physiquement capable d’être au plus haut niveau et d’être performant pour mon club.

La volonté aussi de partager cette expérience avec les plus jeunes ?

W.F. : C’est quelque chose qui doit maintenant faire partie de mon rôle au sein du club. Être présent au quotidien pour apporter quelques petits conseils, dans le jeu ou la vie de tous les jours, c’est quelque chose qui me plait et que je prends à cœur. Je ne parle pas trop publiquement mais je suis proche de cette jeune génération et j’ai une autre mentalité aujourd’hui pour être derrière eux dans leur progression.

Vu de l’extérieur, on a l’impression de parler à un garçon plus mature, plus épanoui, avez-vous ce sentiment également ?

W.F. : Je ne sais pas, je ne me rends pas vraiment compte. En tous cas je vis ma carrière et les moments qui me sont donnés, sans me poser trop de questions. Je profite au maximum et Franck Azéma m’a donné plus de responsabilité c’est vrai, mais pour moi les choses se font naturellement au quotidien. Il me reste deux ans et demi de contrat et inconsciemment on se rend compte qu’on représente des choses auprès des jeunes. J’ai vraiment envie de profiter de tout cela avec eux et de partager plus encore.

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