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Bruni, comme une renaissance

Bruni, comme une renaissance

Le 21/03/2019 à 11:18

TOP 14 - Il n’a pas perdu son sourire légendaire et sa bonne humeur qu’il trimbale avec lui comme une marque de fabrique. Pourtant, Virgile Bruni vient de passer 476 jours éloigné des terrains. Mais ni l’homme, ni le joueur, n’ont sombré. Retour sur ce long parcours.

1 an, 3 mois et 21 jours. C’est le temps qui sépare les deux derniers matches de Virgile Bruni, à chaque fois contre le Stade toulousain. Comme un symbole. Après une rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche avec lésion méniscale interne et externe le 26 novembre 2017 sur la pelouse de Gerland, le retour à la compétition s’est fait le 17 mars 2019 à Ernest-Wallon. "Ça m’a fait du bien à la tête", glisse-t-il rapidement, tandis que Pierre Mignoni se réjouit de pouvoir à nouveau compter sur lui. "On est heureux de le revoir avec nous. Il s’est accroché", confie son entraineur. Car dans sa situation, combien aurait lâché ?

Un retour plusieurs fois repoussé

Cette situation, il l’a prise en gardant la tête haute. "Paradoxalement, il le concède. Car en plus d’avoir dû repasser sur le billard au bout de sept mois en raison d’une suture ayant lâché, d’autres pépins se sont rajoutés. Lors d’une semaine de reprise du côté de Givors pour un entrainement délocalisé, le 10 octobre 2018, il se rompt partiellement le tendon du quadriceps. Pire encore, sur le retour suivant c’est son mollet qui cède avec une nouvelle déchirure qui repousse toujours la date tant attendue.

J’essayais de ne pas me foutre dans une spirale négative à me dire que je ne fais que de me blesser. J’essayais de rester positif et de faire les choses pour pouvoir revenir en forme. Le plus dur, ça a été au tout début. Ensuite, j’étais dans cette routine. Je me disais que ce n’était pas grave, que ça allait passer, que tôt ou tard ça allait tourner en ma faveur donc si ce n’est pas maintenant, tant pis ce sera un peu plus tard." Il a donc fallu encaisser, surfer sur le fait d’avoir toujours autant faim de retrouver le terrain.

Bien entouré pour garder le moral, le LOU a eu le geste fort de le prolonger de deux ans en mars 2018. "Peut-être que j’aurais été tracassé si je n’avais pas re-signé. Mais après tu n’y penses plus, tu te soignes et tu fais les choses pour revenir." Virgile s’est aussi remémoré ses échanges avec Jonny Wilkinson du temps où ils portaient ensemble le maillot toulonnais. "Il a eu une grosse période de sa vie où il a enchainé les blessures et a pu revenir à son meilleur niveau pour faire des choses extraordinaires. Je me disais que je pouvais peut-être me blesser pendant deux ans et que si je ne lâchais rien, j’aurais de beaux jours à venir par la suite"

" Je ne me suis jamais senti autant impliqué "

On le sent en tout cas heureux de pouvoir gouter à nouveau à ce quotidien de joueur qui postule, bien qu’il soit resté proche du groupe durant les longs mois de galère. "C’est bizarre, mais je ne me suis jamais autant senti impliqué. Quand je regarde les matches, je suis comme un dingue. On dirait le premier supporter du LOU. C’est juste que c’est devenu mon club alors qu’à la base je suis né à Toulon et que mon club de cœur c’est Toulon. Mais je me suis retrouvé devant la télé à regarder les matches et à piquer des crises, à être le plus heureux ou à passer un mauvais week-end alors que je n’avais pas joué. J’ai vibré comme un supporter."

Il n’a eu de cesse d’essayer d’apporter ce qui est sa personnalité, un peu d’humour et surtout une leçon de vie pour certains coéquipiers qui ont vu que Virgile Bruni n’a pas sombré. Sa place au sein du groupe n’a donc pas changé. Et c’est cette même personnalité qu’il va désormais devoir essayer de contenir afin que son enthousiasme ne précipite pas ce retour au jeu. "Après, on ne change pas une personnalité, c’est compliqué de se retenir. Je suis plutôt dans la bonne humeur, l’excitation, l’énergie. Peut-être un peu trop des fois. C’est ma personnalité et c’est ce qui fait que je ne me suis pas senti à l’écart du groupe."

Un avenir en deuxième ligne

Voilà maintenant que dans ce groupe, Virgile Bruni connait un nouveau départ. "Je suis conscient que je peux apporter ma pierre à l’édifice sur certains matches mais que je ne suis pas légitime. Il faudra du temps et surtout du temps de jeu." Soit presque un nouvel élan dans une carrière qui s’inscrit surement en deuxième ligne. Troisième ligne depuis les Espoirs, il va ainsi retrouver ce plaisir déjà ressenti en Reichel, celui-là même qui va nécessiter de s’adapter un peu quand même en mêlée… "D’après leur vision (les entraineurs, ndlr), je peux avoir une carte à jouer à ce poste de numéro 4, en deuxième ligne sauteur et coureur sur des efforts courts, intenses et répétés", confie celui qui ne perd pas l’occasion d’en rire. "Mais pas trop quand même, j’ai une VMA de chèvre." Car c’est aussi et surtout ça qui fait l’état d’esprit de Virgile Bruni, l’envie d’exploiter tous les sens de ce terme : jouer.

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