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Toulouse : Jeunesse choyée ou jeunisme ?

Toulouse : Jeunesse choyée ou jeunisme ?

Le 19/06/2019 à 16:23Mis à jour Le 19/06/2019 à 18:11

TOP 14 - Le succès du Stade Toulousain qui a remporté un 20e Brennus, sept ans après son dernier, marque aussi l’émergence d’une nouvelle jeune génération qui pourrait aussi servir le XV de France. Mais va-t-on réellement lui donner les moyens de ses ambitions ou n’est-ce que de la poudre aux yeux ?

Il y a eu la précoce génération Michalak, Poitrenaud, Jeanjean avec leur premier Bouclier en 2001. Dira-t-on dans quelques saisons qu’il y a eu la vague Dupont, Marchand, Ntamack ou Ramos ? Voyons si le phénomène qui semble se répéter est durable ou éphémère.

De tous temps, le Stade Toulousain a su laisser une place à ses meilleurs jeunes, encadrés de quelques anciens et autres stars internationales. Mais en 2018-2019, c’est à des postes clés qu’on a fait confiance à ces jeunes hommes. Mauvaka au talonnage (22 ans), mais aussi Guillaume (21 ans) et Julien (capitaine et 24 ans) Marchand, Baille (25 ans) ou Castets (23 ans) en piliers gauche, Cros en flanker (25 ans), Tolofua (22 ans) en N°8, Dupont en 9 (22 ans), Ramos en 10 ou 15 (23 ans), voire Ntamack (20 ans).

Voilà pour ceux qui ont sorti leur épingle du jeu. Mais les Aldegheri (25 ans), Bonneval (23 ans et 10 essais), Neti (24 ans), Tauzin (21 ans) ou Verhaeghe (22 ans) ont aussi eu leur rôle à jouer. "Il y a deux ans déjà, rappelle Ugo Mola, quand on était un peu cynique avec moi, j’étais convaincu que cette génération-là avait un rugby capable d’exister à très haut niveau." Les faits et les feuilles de match lui ont donné raison depuis, tout comme la signature commerciale du club lors de cette saison à succès : "Jouer nous fera toujours grandir."

Florian Verhaeghe face aux Wasps

Florian Verhaeghe face aux WaspsIcon Sport

" Didier Larcoix : Être en capacité de gagner souvent avec ce jeune groupe"

Sans oublier les Bleuets Hamonou et Lebel actuellement en finale des championnats du monde U20, les Cros, Dupont, Mauvaka, Ntamack et Ramos ont été appelés à préparer la prochaine Coupe du monde au Japon parmi les 37 Bleus. Le XV de France a davantage misé sur le talent (toulousain) que sur l’expérience avec ce club des cinq, certes complété de Guitoune, Huget et Médard.

Du côté de la patrie d'Airbus, l’avenir ne contredit pas cette confiance à la jeunesse. La pépinière semble prometteuse quand on sait que les Cadets Gaudermen ont été sacrés champions début juin. Pour ce qui concerne le Top 14, avec les règles de Jiff qui ne cessent de se durcir (16 Jiff minimum en moyenne par feuille de match en 2019-2020), les Rouge et Noir sont dans le vrai. Avec 16,46 Jiff de moyenne par feuille de match en 2018-2019 (pour un minimum autorisé de 14), les Haut-Garonnais ont fait partie des très bons élèves.

Mais cette perfusion de jeunesse semble aller plus loin que la simple volonté d’éviter la répression du gendarme LNR. Rayon recrutement, on est ainsi sur la même voie. Quand ce fut par obligation budgétaire il y a quelques années, la politique est plus assumée dorénavant. Pour 2019-2020, en plus des neuf joueurs formés au club passés pros, le troisième-ligne et capitaine d’Agen Antoine Miquel (24 ans) et le prometteur pilier droit Jean-Baptiste Reggiardo (19 ans et fils du coach Mauricio Reggiardo) ont été entre autres contractualisés.

Top 14 - Antoine Miquel (Agen) contre le Stade Français

Top 14 - Antoine Miquel (Agen) contre le Stade FrançaisIcon Sport

De même, les passerelles entre les effectifs pros et espoirs avec des coaches communs seront toujours un fil rouge. "Cap sur l’envie d’être compétitifs dans toutes les compétitions dans lesquelles nous sommes engagés avec cet effectif, énonce le président Didier Lacroix. Plus qu’un titre glané à chaque fois, il nous faut surtout être en capacité de gagner souvent avec ce jeune groupe."

Les échecs seront aussi révélateurs

Que se passera-t-il aux premiers échecs à répétition ? C’est dans ces moments-là que ce groupe révélera ce qu’il a vraiment dans la moelle, encore plus que lors de cette incroyable saison écoulée à trois défaites seulement. Comme l’expliquait Ugo Mola, "quand on est dans le succès, il faut en profiter pleinement car on n’est jamais sûr que ça se reproduise, tant ça tient à une somme de détails et que c’est fragile." Il est certain en tout cas que cette maison rouge et noire où toutes les entités sont réunies sur le même site d’Ernest-Wallon avec cette même philosophie de faire vivre le ballon à tout prix saura être patiente. Même dans la tourmente.

Dans le monde de l’entreprise en France, on a encore des réticences à associer jeunesse et réussite. Directeur du haut niveau avec un rôle transversal, Jérôme Cazalbou a sa petite idée qui colle à celle de son club de cœur. "Cette génération a permis des résultats sportifs mais aussi de reconnecter le public en lui donnant du plaisir tout en prenant du plaisir. Cet effectif devait aussi goûter à nouveau à la saveur de la victoire. Pour avoir à nouveau envie de remporter quelque chose, il faut déjà l’avoir gagné une première fois. C’est aussi l’une des leçons de cette saison. Cette équipe est en train de créer sa propre histoire tout en continuant à l’écrire." Tournons donc les pages du livre.

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