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Top 14 - Toulon - Paris, drôle de soir pour les ouvreurs

Toulon - Paris, drôle de soir pour les ouvreurs
Par Nicolas Zanardi via Midi Olympique

Le 28/01/2019 à 10:37Mis à jour Le 28/01/2019 à 11:22

TOP 14 - Terminé sur une victoire toulonnaise (33-30) à l’issue d’un scénario rocambolesque, ce Toulon-Paris a été parfaitement illustré par un ballet à quatre des plus vivants au niveau des demis d’ouverture...

Il y a des soirs comme ça, où tout devient fou, où plus rien ne relève d’une quelconque logique, où Euclide et Descartes retournent à la poubelle. Des soirs de rugby comme on les aime, où la vérité du terrain s’arrache à des milliers de kilomètres des "plans de jeu" et autres lubies d’entraîneurs. Des matchs qui deviennent, finalement, ce que les joueurs en font, entre coups de génie et coups de sang… Ce Toulon-Stade français en fut le plus parfait exemple, et à ce titre, c’est le ballet entre les quatre ouvreurs qui aura retenu notre attention. Un chassé-croisé duquel personne n’est ressorti ni tout blanc, ni tout noir…

Prenez le Parisien Nicolas Sanchez, par exemple. Parfait gestionnaire avec le vent dans le dos, animateur inspiré (à l’image de son essai en solitaire), le Puma avait tout fait pour incarner un des hommes du match. Sauf qu’on ne peut pas vraiment oublier, à l’heure du bilan, ce ballon inexplicablement jeté à l’aveugle sur un des temps forts parisiens, transformé par Ikpefan en essai 90 mètres plus loin. Un sacré tournant du match qui rappelle qu’entre autres malheurs, Sanchez s’est blessé à l’épaule gauche sur un plaquage à un quart d’heure de la fin du match, laquelle avait probablement déjà été fragilisée par son infructueuse tentative d’intervention sur Filipo Nakosi lors de son premier essai…

Trinh-Duc/Carbonel, destins croisés

Toutefois, il est d’autres joueurs qui ont passé une soirée beaucoup plus difficile, à commencer par son vis-à-vis François Trinh-Duc. S’il s’est avéré un buteur fiable (10 points inscrits, 100 % de réussite), l’ancien Montpelliérain a vécu un petit calvaire, au point de quitter la pelouse de Mayol sous les sifflets de ses "supporters". La faute à plusieurs gestes coupables, comme cette tentative de drop "à la Wilko" du mauvais pied, ce plaquage manqué sur l’essai de son vis-à-vis Sanchez, ce plaquage subi dans ses propres 22 mètres prélude au deuxième essai de Stassen et globalement une occupation au pied défaillante, malgré le vent dans le dos en deuxième mi-temps.

"On a été déficient dans les sorties de camp que cela soit avec ou contre le vent, avouait l’entraîneur des trois-quarts toulonnais Sébastien Tillous-Borde sans incriminer son joueur. C’est cela qui nous a manqué tout le match. Nous sommes restés dans notre camp et on s’est mis à la faute." Une tendance dont le RCT sut pourtant s’extirper, notamment grâce à l’entre pleine de jus d’un des héros de la soirée, le jeune Louis Carbonel. Resté au club malgré sa sélection avec les moins de 20 ans, celui-ci avait logiquement peu goûté de prendre place sur le banc. De quoi provoquer une discussion avec Tillous-Borde, qui s’est avérée prémonitoire.

"Je lui avais parlé avant le match. Il n’était pas titulaire, mais je lui avais dit qu’il serait décisif à son entrée. Aujourd’hui, il a fait ce qu’on attendait." À savoir insuffler la fougue de sa jeunesse à l’attaque, notamment en se proposant à l’intérieur de Kruger pour échapper à trois défenseurs et inscrire à la 77e l’essai de l’espoir. De quoi logiquement être considéré comme un des héros du match, malgré deux tentatives de transformation anecdotiquement ratées…

Plisson, l’ascenseur émotionnel

Un rôle que Jules Plisson a quelques instants pensé pouvoir incarner. Entré en jeu à la place de Sanchez, celui qui avait annoncé dans le Parisien au matin du match qu’il "ne quitterait pas le Stade français à la fin de la saison" s’était en effet avéré décisif. D’abord en coinçant Trinh-Duc dans ses propres 22 mètres, puis en claquant à la 77e le drop qui plaçait le Stade français à 30-23 au score, et semblait synonyme de victoire. Le truc ? C’est qu’un match se joue jusqu’au bout et qu’à trop savourer sa revanche personnelle, Plisson l’a peut-être oublié. En effet, c’est lui qui manqua le dernier plaquage sur l’essai de Louis Carbonel.

Et surtout lui qui, sur la dernière action, se montra curieusement apathique aux côtés de Filipo Nakosi, en ne tentant même pas de le plaquer avant que le Fidjien échoue dans l’en-but pour l’essai de la victoire. Une attitude passive qui lui a valu de nombreuses railleries sur les réseaux sociaux, à l’image de l’ex-numéro 10 briviste Andy Goode qui semble avoir bien oublié ce dont quoi il était capable sur un terrain. N’empêche que, pour un Plisson en quête de rédemption, cette action risque de faire tâche...

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