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Stade rochelais : la "machine" Liebenberg fait sa rentrée

Stade rochelais : la "machine" Liebenberg fait sa rentrée
Par Romain Asselin via Midi Olympique

Le 27/10/2020 à 19:44Mis à jour Le 28/10/2020 à 08:49

TOP 14 - De retour contre l'UBB dimanche dernier après huit mois sans compétition, le flanker rochelais Wiaan Liebenberg s'est déjà rappelé au bon souvenir de ses partenaires. Mais reste conscient qu'il va devoir cravacher, sans statut JIFF, pour retrouver une place de titulaire indiscutable.

Il s'est fait désirer en salle de presse, dimanche soir dernier, à l'issue de la victoire du Stade Rochelais face à l'Union Bordeaux-Bègles (20-6). Pour son grand retour sous le maillot maritime, qu'il n'avait plus enfilé depuis le 22 février dernier. La poignée de journalistes encore présents, après déjà trois quart d'heure de multiples interviews, l'attendait en rigolant sur le phrasé de son manager Jono Gibbes, quelques minutes plus tôt, à son sujet : "Machine !...Machine !...Honnêtement". Sur un ton à la Terminator, pour vous donner une idée. Franchement fendard.

Minuit passé, Wiaan Liebenberg arrive enfin. On devine aisément sous son masque un sourire grand comme un croissant de lune. Comme à son habitude. Mais cela faisait longtemps qu'on ne l'avait pas vu de près. Un sourire communicatif qui fait soudain oublier la montre. "Désolé, je m'excuse, j'ai fait le Débrief (vidéo enregistrée par le club après les matches, NLDR) et je pensais qu'il n'y avait que ça. Du coup, je me suis barré (rires). Je suis allé manger." Le Sud-Af' s'assoit et enlève alors son masque. Il rayonne. C'est dire la bonhomie du personnage.

Le statut non-Jiff ? Handicap mais pas fatalité

"Qui a dit « machine » ? Jono ? Ah, c'est trop gentil. C'est trop gentil […] mais je n'ai pas la même impression que lui", sourit encore le flanker au sortir de sa première apparition de la saison. "Ça fait du bien de reprendre, je me sentais pas mal sur le terrain, je ne suis pas déçu mais je sens que je peux toujours jouer mieux et donner plus. J'étais fatigué en fin de première mi-temps (rires), ça jouait souvent au pied, on a beaucoup couru. Dans les contacts, je sens que ça fait un moment que je n'ai pas joué." Huit mois et des poussières, en l'occurrence.

Certes, il y a eu cette blessure à l'épaule détectée après le confinement et qui a retardé l'échéance. Mais le plus gros obstacle pour Wiaan Liebenberg, 28 ans, réside surtout dans son statut non-Jiff. "Ça, je le savais quand j'ai dit oui pour venir en France, je ne veux pas que ça devienne une excuse", confie-t-il même si, depuis, les règles se sont durcies avec une moyenne imposée de 16 JIFF par feuille de match. Un étau qui se resserre aussi avec le recrutement, à l'intersaison, d'autres top joueurs étrangers comme Skelton et Leyds, titulaires à chaque sortie depuis le début de la saison.

Top 14 - Wiaan Liebenberg (La Rochelle)

Top 14 - Wiaan Liebenberg (La Rochelle)Icon Sport

"C'est un handicap mais il faut aller au-delà, poursuit Liebenberg. Il faut être vraiment bon si on n'est pas Jiff. C'est ce que j'essaye de faire. Si je suis frustré ? Pas du tout ! Je ne cache pas que ce n'est pas simple. Mais s'il y a des matches que je ne peux pas jouer à cause des JIFFs, ça ne me dérange pas. Honnêtement, je suis là pour l'équipe." Vous pouvez le croire tant la sincérité semble lui coller à la peau.

Plaquer pour se distinguer

Dimanche, profitant notamment de l'absence – estimée entre six et huit semaines – de Victor Vito, lui aussi non-Jiff, Wiaan Liebenberg a directement retrouvé une place de titulaire. Comme 30 fois auparavant, en 36 apparitions en jaune et noir depuis sa signature en novembre 2018. Un ratio qui en dit long sur l'importance de l'ancien capitaine du MHR au sein du collectif rochelais. Seulement, la concurrence est encore un peu plus féroce qu'il y a quelques mois en arrière.

"Même si j’étais prêt, je ne suis pas entré tout de suite car les troisièmes lignes jouaient tellement bien que c’était difficile, reconnait, admiratif, celui qui est engagé avec le club à la caravelle jusqu'en 2022. On est gâté, on a beaucoup de profondeur en 3e ligne. Franchement, pour l'équipe, c'est trop bien. Chacun a sa qualité particulière. On est toujours obligé de repousser nos limites. Pour moi, ça rend les choses un peu plus difficiles mais je suis travailleur et je ne m'arrête pas, je vais jusqu'au bout. Je me concentre là-dessus."

Sa qualité à lui ? Son profil de plaqueur-gratteur, qui l'avait rendu indéboulonnable dès son arrivée sur les bords de l'Atlantique. Avec, en point d'orgue d'une saison 2018-2019 de très haut niveau, ce bluffant 30 sur 30 au plaquage lors du barrage au Racing. Son instinct de sécateur n'a pas tardé à ressurgir face à l'UBB. "C'est une machine de plaquages, insiste Jono Gibbes. Après le match, dans le vestiaire, tous les trois-quarts l'ont vraiment félicité parce que pour eux, le plaquage…(sourire). Ils respectent vraiment Wiaan." A commencer, assurément, par les deux recrues Dillyn Leyds et Raymond Rhule. Liebenberg était leur capitaine, en 2012, lors du sacre mondial des Baby Boks. Ce trio se verrait bien revivre pareille aventure. En club, cette fois.

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