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Top 14 - Roubert : "Le potentiel de notre effectif est réel. Plein, on peut battre n’importe qui"

Roubert : "Au complet, on peut battre n’importe qui"

Le 14/02/2019 à 10:10Mis à jour Le 14/02/2019 à 23:20

TOP 14 - Entre l’actualité de son club et celle du rugby français, le président du LOU Yann Roubert évoque justement les résultats de son équipe, son devenir à travers le recrutement et la prolongation de ses jeunes talents, mais aussi la situation actuelle du XV de France.

Rugbyrama : Après 15 journées, le LOU est 4ème avec 44 points. Est-ce un bilan qui vous satisfait ?

Yann Roubert : On peut dire que c’est bien d’être là. Par contre on doit rester conscient que l’on a joué 15 journées, donc qu’il en reste 11 et qu’il ne faut surtout pas se croire arrivé. Pour l’instant, le classement est plutôt anecdotique parce que l’on voit à quel point c’est serré et le chemin qu’il reste à parcourir. Après, le contenu m’intéresse. On n’a pas connu le trou d’air comme on avait pu l’avoir l’an dernier. Mais on n’a pas connu, non plus, de moment un peu euphorique où tout s’enchainait facilement et naturellement. Si on arrive à garder cette constance qui peut nous permettre de rester dans le haut du tableau, tant mieux. Par contre, il n’y a encore rien de garanti.

Et puis on arrive dans un moment où l’on a beaucoup de blessés et un calendrier terrible. Tout peut encore changer. Il faut que l’on reste concentré et focalisé. J’espère qu’avec les beaux jours, les joueurs valides et en forme vont revenir. Ça nous permettra de disposer de tout le potentiel de notre effectif parce qu’il est là, il est réel et j’ai la conviction qu’à plein, on peut battre n’importe qui.

Si l’on regarde derrière, il y a cette première campagne en Champions Cup soldée par six défaites et zéro point au compteur. Cela doit être une grosse déception ?

Y. R. : On est évidemment très déçu et pas satisfait du tout du résultat. On vit mal de ne pas avoir pris de point. Le résultat m’inquiète beaucoup plus que le contenu. Je dirais qu’on l’a jouée. Si l’on regarde l’ensemble de nos six matches, mis à part peut-être la seconde période à Cardiff vraiment pas bonne, on a fait des choses intéressantes. On mérite parfois mieux. Évidemment que ce résultat est une énorme déception et frustration, mais le contenu me fait dire que l’on aurait pu faire mieux et me donne envie d’y revenir, si possible dès l’an prochain, pour mieux y figurer. Prenons-le comme un apprentissage.

Tirons les leçons de cet exercice, voyons le fossé à combler et le chemin qu’il reste à parcourir, ce qu’il nous manque pour rivaliser avec ce qu’il se fait de mieux au niveau européen.

Champions Cup - Alexis Palisson (Lyon) contre les Saracens

Champions Cup - Alexis Palisson (Lyon) contre les SaracensIcon Sport

Justement, l’après vous le travaillez dès maintenant. Et on voit déjà que dans le recrutement, vous alliez stabilité de l’effectif et recrutement de jeunes joueurs.

Y. R. : Il n’y a rien d’anodin. Le recrutement va dans ce sens avec beaucoup de jeunes de moins de 20 ans. On en aura trois de plus (Bamba, Geraci, Laporte, ndlr). Ces joueurs ont du talent, une énorme marge de progression, un état d’esprit et un jeu qui peut bien se marier avec celui du LOU Rugby. Il y aura 7 ou 8 recrues mais surtout 35 joueurs qui vont rester. Tout sera question d’équilibre entre la jeunesse, le talent et ceux qui ont déjà l’expérience.

Dans une période où le discours de vouloir faire confiance à cette génération prend de l’ampleur, le LOU lui donne justement sa chance.

Y. R. : Avant d’être jeunes, ils sont bons ! On n’a pas peur. On est un club qui date de 1896 mais qui a le plus jeune staff et le plus jeune président de Top 14, donc ce n’est pas l’âge qui compte. C’est ce qu’ils feront sur le terrain. J’espère que l’on aura le bon mix entre jeunesse et expérience, entre talent et travail, entre Français et étrangers. On espère que cette mayonnaise continuera à prendre pour l’avenir.

Beaucoup de jeunes ont justement déjà prolongé leur contrat comme Cretin, Seguret, Tuva ou encore Mignot. D’autres vont-ils suivre, à l’instar de Lambey et Couilloud ?

Y. R. : Ils font partie du "Gang des Lyonnais", de ces joueurs formés au club et avec qui on a envie d’avancer. Ils sont tous sous contrat. On a envie que ça dure. On en discutera quand on l’aura décidé et en temps voulu pour le club. Bien sûr que l’on a envie de continuer à avancer. Cette génération est talentueuse et contribue à la progression du LOU Rugby mais n’a pas encore gagné au plus haut niveau. On espère pouvoir construire dans la durée. Dieu sait que la route est encore longue et difficile. On avance mais on n’est pas arrivé. Tout le monde est sous contrat pour plusieurs années. Évidemment que l’on va se voir en temps voulu pour avancer (la prolongation de Felix Lambey est justement en bonne voie, ndlr).

" Ne théorisons pas, faisons ! Laissons-les travailler. Soyons tous derrière l’équipe de France ! "

L’idée est donc aussi de continuer avec ce staff, qui a prolongé. Mais le nom de Pierre Mignoni circule avec insistance quand il s’agit d’évoquer l’avenir du XV de France…

Y. R. : Je n’ai pas d’élément là-dessus mais on a montré pour Sébastien Bruno que le LOU pouvait être un bon tremplin. En trois ans, il est passé de pigiste à la mêlée en Fédérale 1 à Aix-en-Provence à entraineur de l’équipe de France. Tout notre staff est sous contrat et on espère continuer à travailler ensemble. J’ai la conviction que l’on a de belles choses à faire.

Mais c’est valorisant de se dire que si Pierre Mignoni est sollicité par l’équipe de France, c’est qu’il fait du bon travail à Lyon ?

Y. R. : Oui ! Cela veut dire que cela travaille bien. Pour l’instant l’équipe de France a un staff en place et suffisamment de pain sur la planche. On a tous besoin dans le rugby français d’une équipe de France qui gagne et d’une vitrine qui brille. On est tous derrière elle pour essayer de sortir de cette ornière.

Champions Cup - Pierre Mignoni (Lyon)

Champions Cup - Pierre Mignoni (Lyon)Icon Sport

Vous êtes président d’un club de Top 14 avant tout et si du point de vue lyonnais, le rugby semble bien se porter, le rugby français, lui, traverse une période très compliquée.

Y. R. : On peut dire qu’en termes de championnat, on a, si ce n’est le meilleur du monde, celui qui attire le plus dans les stades, devant sa télé et de grandes stars du rugby mondial. La NBA est extraordinaire et la Dream Team est championne du monde, mettant des roustes à tout le monde. On n’en est pas là et on a besoin de travailler là-dessus. J’ose espérer que l’on est au fond du trou et que l’on ne peut que faire mieux. J’en ai la conviction. Il y a du talent et une génération dorée qui arrive. Jamais les joueurs du XV de France n’ont été dans de si bonnes conditions. On est tous d’accord pour dire que ce n’est pas normal que l’on en soit là. Mais j’ose espérer que le pire est derrière nous et que l’on ne peut qu’avancer.

On a demandé aux clubs de jouer le jeu, ils le font. Donc cela doit être frustrant ?

Y. R. : C’est terrible. On est prêt à réfléchir. Les clubs ont fait de gros efforts en libérant les joueurs, en les payant quand ils sont en équipe de France, en dédommageant, en mettant nos staffs à disposition pour échanger. Pour l’instant ça ne suffit pas mais il faut arrêter de taper sur le Top 14, se mettre au travail et faire le dos rond. Il faut faire avec ce que l’on a. D’autres y arrivent avec beaucoup moins. Regardons et travaillons plus que les autres car on en a plus besoin. Je ne pense pas qu’un Antoine Dupont, Felix Lambey, Wesley Fofana, Damian Penaud ou Teddy Thomas est à envier à beaucoup. Bossons sur les structures pour les mettre dans les meilleures dispositions. Ne théorisons pas, faisons. Laissons-les travailler. Soyons tous derrière eux. On a besoin d’être derrière l’équipe de France !

*Le recrutement lyonnais : Xavier Chiocci (pilier, Toulon) ; Vivien Devisme (pilier, Brive) ; Demba Bamba (pilier, Brive) ; Badri Alkhazashvili (talonneur, Toulon) ; Kilian Geraci (2e ligne, Grenoble) ; Patricio Fernandez (ouvreur, Clermont) ; Clément Laporte (arrière, Agen).

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