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Top 14 - Que peut espérer l'Usap, maintenant ?

Que peut espérer l'Usap, maintenant ?

Le 29/01/2019 à 17:55Mis à jour Le 30/01/2019 à 08:44

TOP 14 - Après quinze défaites en quinze journées, le promu catalan se dirige tout droit vers le Pro D2. Les treize longueurs de retard au classement sur Agen peuvent être rattrapées en théorie. Mais dans la pratique, vu le niveau affiché jusqu'alors, une telle issue tient de la chimère.

Samedi soir, la dégringolade perpignanaise, entamée l'été dernier, s'est accélérée, plongeant tout un club dans le désarroi. Désespérément en quête d'un premier succès en championnat, l'Usap avait ciblé la réception de Pau depuis de longues semaines. Enfin, son championnat allait débuter, enfin le déclic allait se produire... "C'est comme une finale", annonçait Berend Botha. "Nous jouons notre saison sur ce match", appuyait Karl Château. Le résultat ? Une quinzième défaite de rang et un cinquième match consécutif à zéro unité, laissant le promu avec quatre points au classement, treize longueurs derrière Agen.

Au coup de sifflet final de ce revers, Enzo Forletta et Tom Ecochard parlaient de "honte" quant à cette nouvelle prestation insuffisante. "Contre un adversaire davantage à notre portée, ça fait encore plus de mal", reconnaissait le demi de mêlée avant de se projeter sur la suite avec tristesse : "Nous avons un pied et quatre orteils en division inférieure." "En cas de défaite, il faudrait un miracle", avait d'ailleurs prédit Patrick Arlettaz dans la semaine.

Que peuvent maintenant espérer les supporters sang et or ? La perspective d'un sauvetage in extremis tient-elle du domaine du possible ? Mathématiquement, rien n'est encore acté avec dix rencontres restant à disputer. Surtout, sur les cinq prochaines journées, l'Usap recevra les trois formations la devançant au classement : Agen, Toulon et Grenoble. Étant donné le programme particulièrement relevé des Lot-et-Garonnais, leur principal concurrent, les troupes de Patrick Arlettaz pourraient potentiellement revenir à distance respectable de la treizième place, synonyme de barrage. Voilà pour la théorie.

Engagements non tenus

En pratique, un tel rapprochement paraît illusoire tant les Sang et Or se sont montrés fragiles et fébriles jusqu'à présent. Incapables de tenir leurs engagements sur la durée. Des exemples, en voici, en voilà. La semaine dernière, Berend Botha insistait sur l'importance "d'être à 200 % dans le combat" quand Karl Château présentait "la défense comme l'axe de travail principal". Face à la Section, les Perpignanais ont pêché dans ces deux secteurs, au point d'être menés 11 à 0 après vingt minutes.

Les Béarnais ont tout de même franchi à seize reprises leur défense. Inacceptable pour une formation censée lutter pour sa survie... Sur le plan offensif, combien de fois les joueurs ont-ils déploré le manque de réalisme près des lignes, cette maladresse dans les zones de marque, l'empêchant de concrétiser leurs phases de possession ? Mais établir le constat n'offre pas de solution : contre Pau, les Catalans ont une fois encore gaspillé plusieurs balles de match. De là à considérer le problème comme insoluble...

David Mélé (Perpignan)

David Mélé (Perpignan)Icon Sport

Individuellement, trop peu d'éléments parviennent à créer des différences et les niveaux de performance hétérogènes plombent. Après quinze journées, l'Usap a peut-être progressé, du moins veut croire le staff, mais elle reste trop limitée pour prendre l'ascendant sur quatre-vingt minutes face à des équipes plus expérimentées et mieux armées. Contre Agen et Grenoble, peut-être le pourra-t-elle mais même ces deux possibles succès ne suffiront pas, loin de là... Une poignée de résultats positifs permettrait au moins de sauver l'honneur et de préparer dans des conditions un peu plus favorables la redescente, avec un groupe conservé à 90 %...

À condition de ne pas imploser, d'ici là. Le risque existe, fatalement : "Je ne pense pas que le vestiaire va se tirer dans les pattes, estime Enzo Forletta. Il n'y a qu'une chose à faire, de toute manière : ne rien lâcher." Le seul remède pour éviter la sinistrose : "Il n'y a pas mort d’homme, non plus. Ce ne sera pas la fin du club", tentait de relativiser Christian Lanta, samedi dernier. Pour les spectateurs comme pour les joueurs, cette saison ressemble tout de même à un chemin de croix. Vivement la fin avec, si possible, une éclaircie au passage.

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