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Perpignan, une saison en enfer

Perpignan, une saison en enfer

Le 13/06/2019 à 16:27Mis à jour Le 13/06/2019 à 17:52

TOP 14 - En surclassant la Pro D2 la saison dernière, l’Usap pensait avoir décroché le paradis. Mais après quatre longues et douloureuses années de purgatoire, les retrouvailles du club catalan avec l’élite du rugby français ne se sont pas déroulées exactement comme prévu. Retour en faits marquants sur l’exercice 2018-2019 des Sang et Or.

Le moment difficile : La claque reçue à domicile face au Stade Toulousain

Difficile de choisir LE moment le plus difficile d’une descente aux enfers interminable pour Perpignan. Les désillusions successives contre Pau (24-30) puis Agen (13-20) à Aimé-Giral, en janvier et février ont fait très mal à la tête des coéquipiers de Tom Écochard. C’est pourtant une autre réception, beaucoup plus tôt dans la saison, qui a résonné comme un véritable traumatisme dans le vestiaire catalan.

Top 14 - Enzo Selponi (Perpignan) contre Toulouse

Top 14 - Enzo Selponi (Perpignan) contre ToulouseEurosport

27 octobre 2018. 6e journée de Top 14. En quête d’une première victoire, l’Usap reçoit le Stade Toulousain avec la ferme intention de s’imposer. Pour ce faire, Patrick Arlettaz et son staff ont profité de la trêve européenne et de la Challenge Cup pour préparer comme il se doit la venue des "Rouge et Noir". L’accident inaugural face au Stade Français (15-46) est oublié. Les courtes défaites contre Lyon (16-22) et Montpellier (20-23) semblent être digérées. Lanterne rouge avec six points de retard sur Agen à l’aube de la réception de Toulouse, l’Usap va ce jour-là tomber de haut, de très très haut. En tête à la pause (11-10), malgré un essai de Cheslin Kolbe juste avant le retour aux vestiaires, la formation roussillonnaise s’écroule complètement en seconde période. Perpignan fait le jeu, Perpignan garde le ballon, mais Perpignan ne score pas. Les Sang et Or s’exposent et subissent la loi des contre-attaques toulousaines. 48e, 52e, 65e, 75e… Derrière un Antoine Dupont euphorique pour son retour à la compétition et auteur d’un triplé, le Stade déroule et excelle. La défense catalane est à l’agonie. L’Usap s’incline lourdement 38 à 16 au terme d’un match pourtant ciblé depuis trois semaines. La formation de Christian Lanta mesure ce jour-là la gravité de la situation. La marche est trop haute, l’Usap n’est pas invitée dans ce Top 14. Reste à faire mieux qu’Agen et Grenoble pour sauver sa peau.

Le tournant : Les deux défaites consécutives à domicile contre Castres et l’UBB

Mais le calvaire des Catalans se poursuit. Toujours en quête d’un premier succès et d’un déclic sur cette phase aller, Perpignan aborde une partie de son calendrier nettement plus favorable en plein coeur de l’hiver. Enfin fin novembre et le mois de mars, l’Usap s’apprête à jouer huit matchs à domicile pour seulement trois déplacements. C’est ici que le maintien des Sang et Or va se jouer. La formation roussillonnaise débute ce moment charnière par deux réceptions consécutives, celles de Castres et Bordeaux-Bègles. Comme la venue du Stade Toulousain un mois avant, le trio Lanta-Arlettaz-Freshwater dispose de trois semaines et de la Challenge Cup pour préparer parfaitement ces deux échéances charnières. Mais encore une fois, tout ne va pas se passer comme prévu. Incapable de franchir la défense du CO, Perpignan court derrière le score durant toute la rencontre et s’incline de peu face aux champions de France en titre (12-16). Cette défaite plonge un peu plus les coéquipiers de Tom Écochard dans la sinistrose. En total manque de confiance, ces derniers s’inclinent à nouveau sur leur pelouse, une semaine plus tard contre Bordeaux-Bègles (11-22). L’Usap est passée à côté de ce premier tournant capital. Devant, Grenoble et Agen ont fait le trou.

Les joueurs de Perpignan abattus après la défaite contre Castres

Les joueurs de Perpignan abattus après la défaite contre CastresIcon Sport

Le moment fort : La première victoire de la saison à Montpellier

16 février 2019. Après quinze défaites consécutives en Top 14, triste record dans l’histoire de l’élite du rugby français, Perpignan se déplace à Montpellier. Les Catalans restent sur une nouvelle déconvenue à domicile contre Pau (24-30), marquée cette fois encore par des largesses défensives devenues habituelles. Sur la pelouse du GGL Stadium une semaine plus tard, l’Usap réalise alors l’impensable. Interception de Jean-Bernard Pujol dès le début de la rencontre, en-avant à quelques mètres de l’en-but de Fulgence Ouedraogo par la suite, de nombreux rebonds favorables… À Montpellier, la chance semble avoir tourné pour Perpignan. Les signes ne trompent pas. Héroïques face au finaliste de la saison passée, les protégés de Patrick Arlettaz sont méconnaissables en défense en affichant un taux de réussite de 91% aux plaquages. Le MHR est pris à la gorge, incapable de s’en sortir face à la soif de victoire des Usapistes. Porté par un Enzo Selponi des grands jours (23 points, 8/8 face aux perches), Perpignan s’impose pour la première fois de la saison, à l’extérieur et face au voisin héraultais, 28 à 10. Les supporteurs catalans, présents en nombre à Montpellier, se mettent à nouveau à croire à l’hypothèse d’un maintien. La défaite contre Agen, sept jours plus tard à Aimé-Giral, mettra définitivement fin aux derniers espoirs d’accrocher la treizième place.

Top 14 - David Melée (Perpignan) et ses coéquipîers célèbrent avec le public qui a fait le déplacement à Montpellier la 1ère victoire de l'Usap en championnat

Top 14 - David Melée (Perpignan) et ses coéquipîers célèbrent avec le public qui a fait le déplacement à Montpellier la 1ère victoire de l'Usap en championnatOther Agency

Le joueur clé : Enzo Selponi

Il est d’ailleurs celui qui n’a jamais déçu cette saison. Alors que l’Usap comptait énormément sur sa recrue internationale Paddy Jackson, le demi d’ouverture irlandais n’est pas parvenu à s’imposer en Catalogne. Indésirable dans son pays et privé des terrains depuis plus d’une saison, le joueur de 26 ans n’a jamais retrouvé le niveau qui était le sien. Titulaire indiscutable durant la dernière saison en Pro D2, Enzo Selponi a lui d’abord été utilisé à l’arrière puis a logiquement repris le leadership du numéro 10 en cours d’exercice. Arrivé sur la pointe des pieds en 2015, l’ancien joueur de Montpellier a longtemps été irrégulier sous le maillot catalan. Avant de s’épanouir pleinement durant les deux dernières saisons, y compris la dernière malgré les résultats négatifs de l’Usap en Top 14. Alors que la plupart de ses coéquipiers ont choisi de prolonger leur contrat avec Perpignan, Enzo Selponi a préféré tenter une nouvelle aventure et prendra la direction de Grenoble dans les semaines à venir.

Top 14 - Enzo Selponi (Perpignan) félicité par Johnathan Bousquet lors de la victoire de l'Usap à Montpellier (crédit photo : @zebulon)

Top 14 - Enzo Selponi (Perpignan) félicité par Johnathan Bousquet lors de la victoire de l'Usap à Montpellier (crédit photo : @zebulon)Other Agency

La stat’ : 11 484

C’est l’affluence moyenne du stade Aimé-Giral cette saison en Top 14. C’est la troisième fois, après Bayonne en 2017 (12 667 spectateurs) et Toulon en 2012 (12 228) qu’une lanterne rouge attire autant de spectateurs à domicile. Pour le retour du club sang et or dans l’élite, et malgré la situation sportive extrêmement difficile cette saison, le public catalan est resté soudé derrière son équipe. Il s’agit toutefois de la moins bonne affluence moyenne en Top 14 depuis 2006 pour l’Usap.

Top 14 - Les supporters de Perpignan à Aimé-Giral

Top 14 - Les supporters de Perpignan à Aimé-GiralIcon Sport

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