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Top 14 - Perpignan : les raisons d’un départ cauchemar

Perpignan : les raisons d’un départ cauchemar

Le 01/11/2018 à 09:14Mis à jour Le 01/11/2018 à 09:16

TOP 14 - Toujours en quête d’une première victoire cette saison, les Catalans s’interrogent quant à leur survie en Top 14. Comment l’équipe qui a survolé la Pro D2 l’an passé a pu complètement passer au travers de son retour dans l’élite du rugby français ? Éléments de réponses.

Le vertige du grand huit. Depuis son retour en Top 14, l’Usap n’a toujours pas connu la victoire. Alors que les week-ends se suivent et se ressemblent, le club catalan voit sa quête du maintien s’amenuir. Si les sang et or paraissent suffisamment armés pour défendre leurs chances, les deux premiers mois de compétitions ont balayé leurs certitudes.

Des défaites frustrantes

C’est un premier constat pour le moins flagrant. Si la victoire n’a jamais été du côté de l’Usap jusqu’ici, cette dernière a souvent failli basculer en faveur de la formation catalane. Sur les huit défaites inaugurales de Perpignan, la moitié d’entre elles peuvent être la source d’énormes regrets. À commencer par la plus récente. Au soir de la 7ème journée, sur la pelouse de Pau, les coéquipiers de Tom Écochard parviennent à se jouer des conditions climatiques pluvieuses pour rivaliser avec ce candidat aux phases finales. Et quand bien même l’Usap n’a jamais été en tête au tableau d’affichage, les Catalans affichent une maîtrise plutôt inhabituelle et semblent en mesure de créer l’exploit.

Mais alors qu’un match nul satisfaisant se dessine, au prix d’une pénalité lointaine de Paddy Jackson dans les dernières minutes (77e), deux pénalités consécutives précipitent la chute des Roussillonnais. Deux minutes après la sirène, Antoine Hastoy délivre le Hameau et met à genoux une Usap décidément peu en réussite. Car le scénario cruel de cette soirée paloise n’est pas le premier de la saison. Contre Montpellier à Aimé-Giral, Perpignan fait le jeu (72% de possession) et est puni sur la moindre contre-attaque du MHR. Menée 23 à 6, l’Usap s’incline finalement 23-20 après dix dernières minutes de folie. Et vient mourir à nouveau pour trois petits points.

Top 14 - Lyon vainqueur à Perpignan 25 à 23

Top 14 - Lyon vainqueur à Perpignan 25 à 23Icon Sport

Quelques semaines auparavant, toujours à Aimé-Giral, les joueurs du trio Lanta-Arlettaz-Freshwater campent dans les 22 mètres du LOU pendant plus de sept minutes après la sirène. Insuffisant là encore pour renverser Lyon. Un nouveau coup de massue pour les Catalans, battus pour quelques longueurs six jours plus tôt à Agen (25-23). Pas de quoi aider un moral déjà bien mis à mal.

Un calendrier difficile

Autre variable qui ne semble pas aller en faveur de l’Usap jusqu’ici, son calendrier, plutôt coriace sur ce premier tiers du championnat. En recevant les grosses équipes du Top 14 (Stade Français, Lyon, Montpellier, Stade Toulousain, Castres) et en se déplaçant chez ses deux concurrents directs notamment (Agen, La Rochelle, Grenoble, Pau), Perpignan n’a clairement pas été gâté par le tirage. "Regardez notre calendrier !" lançait encore Christian Lanta, ce mercredi en conférence de presse d’avant match.

"J’en parlais encore avec Laurent Travers (co-entraîneur du Racing 92), hier (mardi), et même lui m’a dit "Un calendrier comme vous avez, je n’ai pas le souvenir d’en avoir vu un avant". Même les gens de l’extérieur se rendent compte de cette difficulté" confiait l’homme d’expérience, avant de promettre : "Aujourd’hui, on mange notre pain noir. Les épreuves que l’on traverse nous serviront lorsque les moments de vérité arriveront". Ces moments de vérités ? Les réceptions des deux concurrents directs, Grenoble et Agen, prévue lors de la phase retour. Ainsi que celles de Bordeaux-Bègles, La Rochelle, Pau et autres formations de ce standing que l’Usap se doit de battre à Aimé-Giral pour espérer s’en sortir.

Un jeu trop ambitieux ?

Admettons que le facteur chance lui tourne pour l’instant le dos, la lanterne rouge du Top 14 affiche aussi des lacunes flagrantes. La grosse machine bien huilée de la Pro D2 a perdu de sa superbe. Et pour cause, l’attaque catalane semble sévèrement grippée. Face à des joueurs de classe internationale et des défenses d’un tout autre calibre que celles de la saison dernière, les Catalans ne parviennent plus à se trouver les yeux fermés. Ballons tombés, erreurs de positionnement… Les trois-quarts de l’Usap sont dans l’impasse, le jeu de mouvement et de possession prôné par Patrick Arlettaz a lui du plomb dans l’aile. Avec plus de 54% de possession en moyenne, l’Usap est l’équipe qui monopolise le plus le ballon du championnat.

Une méthode faillible, et qui conduit surtout Perpignan à subir les contres dévastateurs de ses adversaires, preuve en est ce week-end encore contre le Stade Toulousain. En début de saison, Christian Lanta promettait : "L’Usap aura les mêmes intentions, la même philosophie. Je crois encore que ce sont les équipes qui jouent qui gagnent".

Top 14 - Paddy Jackson (Perpignan) contre Toulouse

Top 14 - Paddy Jackson (Perpignan) contre ToulouseIcon Sport

Deux mois plus tard, le discours du manager sang et or se doit d’être révisé. "Je crois que nos joueurs ont tellement bien assimilé certains principes pendant deux ans en Pro D2, qu’ils en sont encore imprégnés. On ne peut pas leur en vouloir, ils ont des réflexes archaïques où ils reproduisent ce qu’ils faisaient lorsqu’ils étaient performants en Pro D2. Et c’est vrai que ce n’est pas toujours adapté, voire jamais, à ce qu’est la réalité du Top 14. Aujourd’hui, on doit surtout mieux gérer notre alternance de jeu. On y travaille et on va progresser là-dessus" assure Christian Lanta.

Des recrues trop peu utilisées

Et puis il y a une problématique qui commence à questionner les supporters catalans. Le recrutement de l’Usap est-il satisfaisant ? Quand bien même les équipes promues ont désormais beaucoup moins de marge d’anticipation, la faute à la nouvelle formule d’accession, Perpignan semble souffrir d’un recrutement inabouti. La preuve par les chiffres. Sur les onze recrues catalanes, quelques unes seulement ont été beaucoup utilisées jusqu’ici. Pour des raisons diverses, et parfois indépendantes de la volonté du staff sang et or (blessures), seuls deux nouveaux arrivés ont joué plus de 320 minutes sur ce début de saison, soit au moins la moitié du temps effectif total des huit journées. Il s’agit de l’ouvreur irlandais Paddy Jackson (589 minutes sur 640) et du centre Afusipa Taumoepeau (403 minutes).

Derrière, Eroni Sau et Wandile Mjekevu ont été d’un apport non négligeable au sein de la ligne de trois-quarts, et devraient s’installer durablement désormais. Pour le reste, si David Mélé, de retour après une fracture de la main, s’apprête à rattraper le temps perdu, il est difficile d’envisager les autres recrues, Cyril Deligny et Johannes Van Heerden en pôle, venir bousculer la concurrence. À titre de comparaison, Grenoble, l’autre promu a aussi accueilli onze nouveaux joueurs dans ses rangs. Mais le club isérois a pu davantage compter sur ses renforts. À Perpignan, les recrues représentent un total de 39 apparitions sous le maillot sang et or lors des huit premières journées, alors que ce chiffre monte à 49 du côté du FCG.

Top 14 - Eroni Sau et Wendile Mjekevu (Perpignan) contre La Rochelle

Top 14 - Eroni Sau et Wendile Mjekevu (Perpignan) contre La RochelleIcon Sport

Contre le Stade Toulousain, samedi dernier, le XV de départ catalan ne comptait que deux recrues (Jackson et Mjekevu). En somme, c’est principalement l’équipe championne de Pro D2 qui doit batailler dans l’élite aujourd’hui. Une donnée peu rassurante, alors que les Catalans sont toujours en attente d’un joker médical au poste de pilier droit.

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