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Montpellier passe au crash test

Montpellier passe au crash test

Le 11/04/2019 à 09:31

TOP 14 - Auteurs de quatre succès consécutifs, les Héraultais peuvent toujours croire en leur qualification. Mais au rythme où leurs concurrents directs avancent, ils semblent désormais condamnés à réaliser un quatre sur cinq pour rêver (déplacements au Racing, à Castres et à Clermont, réceptions de Grenoble et du Stade Français).

Pourquoi Montpellier peut-il le faire ?

La dynamique a changé

Après avoir touché le fond il y a sept semaines de cela, humilié par l’Usap au GGL Stadium (10-28), Montpellier a aujourd’hui retrouvé sa cohésion et inversé le cours de sa saison. Les quatre succès consécutifs décrochés l’ont ramené à cinq longueurs de Bordeaux (6e) et lui ont surtout permis d’accumuler une confiance précieuse. Vern Cotter : "Ça change et ça fait du bien de voir des sourires aux entraînements. Il faut garder cette dynamique. Il y a un peu plus d’humour, on voit que les joueurs prennent du plaisir et on veut continuer. C’est important qu’on pose les bonnes questions et pourquoi on a pu gagner quatre matchs. On va jouer contre une des meilleures équipes en France, chez elle en plus, notre challenge sera donc ce week-end de monter notre niveau, vraiment."

Top 14 - Vern Cotter (Montpellier)

Top 14 - Vern Cotter (Montpellier)Icon Sport

Cohésion et attaque retrouvées

Et pour la première fois de la saison, les Cistes en semblent capables. La tempête traversée parait les avoir renforcés et surtout, le collectif reprend le pas sur les orgueils vexés. Le niveau de jeu retrouvé d’un Bismarck du Plessis et son attitude très positive sur le pré en sont certainement les meilleurs exemples : "Bismarck est un grand joueur. Alors quand il amène tout ce qu’il sait faire et qu’il partage en plus avec les autres son expérience, c’est une plus-value. Si tout le monde est dans le partage, on est dans le vrai. Il faut développer ça." Le MHR a retrouvé une âme d’équipe et son jeu commence à se mettre en place.

Top 14 - La joie de Montpellier après l'essai de Bismarck Du Plessis contre Bordeaux

Top 14 - La joie de Montpellier après l'essai de Bismarck Du Plessis contre BordeauxIcon Sport

Non, les Héraultais n’ont pas renié la puissance destructrice de leurs avants. Ils seraient bien bêtes ! Mais ils savent désormais à nouveau jouer après elle, car le liant avants/trois-quarts a été renforcé. Les percées des Louis Picamoles, Jacques du Plessis et Paul Willemse ne restent pas sans suite. Les offloads sont à nouveau utilisés à bon escient (26 face à Agen) et le jeu offensif peut se développer (152 passes, 22 franchissements et 40 défenseurs battus).

Jeu enfin diversifié

La charnière Thomas Darmon / Benoît Paillaugue apporte de la vitesse aux transmissions et fait peser un risque constant sur les défenses adverses par ses prises d’initiative. À l’image d’un Yvan Reilhac en pleine bourre au centre ou de Jim Nagusa qui redevient dangereux sur son aile. Et le retour annoncé de Johan Goosen à l’arrière, qui retrouverait pour la première fois le club francilien dans la capitale depuis sa fuite en 2016, pourrait apporter encore un peu de folie. Montpellier parvient désormais mieux à alterner son jeu, mais sait toujours user de pick and go, du jeu au pied de pression ou de mauls pour resserrer le jeu.

Johan Goosen (Montpellier) contre Lyon

Johan Goosen (Montpellier) contre LyonIcon Sport

Le manager explique : "Je commence à voir plus de liberté et d’initiatives, des courses et des replacements plus rapides. Il y a des animations de jeu, une alternance importante, des trois-quarts qui commencent à jouer comme des avants, et vice versa. On est capable de porter le danger un peu partout. (…) Rester dans le rugby programmé quand il le faut et savoir aussi lire certaines situations pour en sortir et se faire confiance les uns et les autres."

Pourquoi Montpellier ne peut pas le faire ?

Toujours perdant contre un membre du Top 5

Si l’on occulte le succès en trompe l’œil face à l’équipe “C” de Toulouse en début de saison, Montpellier n’a jamais battu un membre du Top5 cette saison. Elle a concédé six défaites, quatre dans son antre dont la claque face au Racing92 (13-27) début novembre et deux à l’extérieur, avec comme pire souvenir la déroute lyonnaise (55-13). Donc si l’on ne se fie qu’aux statistiques, le MHR ne gagnera pas dimanche face aux Franciliens (4e). Ni à Castres (5e) ou à Clermont (2e). Mais rappelons tout de même que les Cistes, avec vingt-et-un points décrochés en déplacement, ont le cinquième meilleur bilan du Top14 à l’extérieur cette saison…

Ils n’ont jamais joué à la Paris-La Défense Arena

C’est peut-être un détail pour vous mais cela compte aux yeux de Vern Cotter : "Nous ne connaissons pas la U Arena. On va peut-être aborder le match différemment car on sait que c’est couvert et il n’y a pas d’air. Donc dans un premier temps il va falloir apprendre à se passer du coup de fraîcheur… Il y a plein de petits détails à prévoir, comme la taille de crampon à choisir pour jouer sur synthétique." Et une incertitude à lever : les Héraultais vont-il être capables de supporter la vitesse du jeu imposé par les Racingmen sur cette surface hyper rapide ?

Top 14 - Simon Zebo (Racing) échappe au plaquage de Camille Lopez (Clermont)

Top 14 - Simon Zebo (Racing) échappe au plaquage de Camille Lopez (Clermont)Icon Sport

"Il va falloir provoquer les choses, car si on va là-bas sans envie et sans initiative, ça va être difficile. On sait que nous sommes capables de tenir le ballon et de gagner des mètres avec notre puissance et notre agilité dans ce qu’on veut mettre en place. Il faut juste conserver les ballons. Car les turnovers coûtent souvent très cher là-bas. Sur un jeu au pied, le rebond du ballon est plus rapide et les joueurs sont plus difficiles à arrêter près des lignes. Défensivement, il faudra être très vigilants et amener dans un premier temps de l’agressivité. Le Racing est un rouleau compresseur qu’il ne faut pas laisser avancer."

Leur mêlée inquiète

Autre secteur clé de cette opposition : la mêlée. Une faiblesse du MHR depuis longtemps, qui a affiché des progrès avant de retomber dans ses travers face à Agen. Déjà privée de Mikheil Nariashvili à gauche, elle a perdu cette semaine et jusqu’à la fin du championnat Grégory Fichten. Diminuée (il reste Watremez, Arroyo ou le polyvalent Haouas), la mêlée des Cistes est promise à l’enfer face aux Franciliens, impressionnants à Clermont sur ce point fort: "On a eu deux visages face à Agen, mais dans l’ensemble, je trouve qu’on commence à être plus performant. Ce week-end ce sera un gros test pour nous et il faudra aussi changer un peu nos habitudes dans ce secteur par rapport au terrain. A nous d’être bien préparés. L’entame de notre semaine a été basée sur la mêlée." Sous l’œil avisé du spécialiste Didier Sanchez… Suffisant pour rivaliser avec un des meilleurs packs de l’Hexagone ? Réponse dimanche.

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