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Montpellier : Les irréductibles

Montpellier : Les irréductibles

Le 23/05/2019 à 16:16

TOP 14 - Samedi à Clermont, les Héraultais joueront un “huitième de finale”. Sixièmes à égalité avec La Rochelle (le MHR est devant aux points terrain), ils ont leur destin en main mais leur défi reste immense.

Au premier coup d’œil, la mission montpelliéraine paraît impossible. Gagner au Michelin, encore souverain à ce jour cette saison (seulement deux nuls concédés), en marquant trois essais de plus que la seconde meilleure attaque du Top14 (90 essais ; 79 pour le MHR). Et s’adjuger ainsi le bonus. Rien que ça… Un rêve irréalisable? Peut-être. Mais, si les Héraultais veulent conserver leur sixième place et voir les barrages, ils devront s’y accrocher. Car, miser sur un succès à quatre points samedi et croire ensuite à un faux-pas du Racing à Agen ou de Castres face à Toulon (défaite d’un de ces deux concurrents à zéro point car ils sont devant les Cistes en cas d’égalité à la fin), relève là aussi du songe. Comme le fait de parier sur un triomphe non bonifié des Rochelais contre l’UBB qui n’a plus rie à jouer…

Top 14 - Vern Cotter (Montpellier)

Top 14 - Vern Cotter (Montpellier)Icon Sport

Même si : "La dernière journée réserve souvent des surprises", note Vern Cotter. Benoît Paillaugue n’y crois pas trop et résume ainsi le défi des siens : "La marche est immense. Le problème c’est qu’on joue Clermont chez lui. Et que s’ils peuvent nous éliminer, je vous promets qu’ils ne vont pas se gêner. Et c’est normal. Avant de penser au bonus, il faudra d’abord gagner. Mais rien que le fait de le dire, ça “m’arrache” la gorge tellement c’est difficile. Ça va être hyper compliqué de se qualifier." Mais il reste plusieurs raisons d’y croire…

Quatre succès consécutifs au Michelin

La première : Le MHR s’est imposé à Clermont lors des quatre dernières saisons (2014-2015 : 20-21 ; 2015-2016 : 15-19 ; 2016-2017 : 19-28 ; 2017-2018 : 29- 30). Une performance rarissime. "Justement, nos adversaires vont s’en souvenir…", coupe le numéro neuf. Certes, mais l’avantage psychologique des Héraultais sur les Clermontois est indéniable. Même si ces derniers ont triomphé au GGL Stadium en décembre (23-28)… Nemani Nadolo développe : "Je ne me souviens pas bien du match de l'année dernière à Clermont, mais il peut nous donner de la confiance avant celui-là, car nous avons déjà réussi là-bas. Oui, c'était un grand moment, mais Clermont est une grande équipe, meilleure qu'elle ne l'était l'an passé. Ce sera une autre histoire cette saison, nous avons du pain sur la planche. A nous d'être sur nos gardes, car Clermont n'a pas aligné sa plus grosse équipe la semaine dernière à Toulon, et les grands noms seront certainement de sortie contre nous."

Alors, Montpellier devra : "sortir le match de l’année sur quatre-vingt minutes, ce qu’on a jamais fait jusqu’alors", dixit Paillaugue.

Une dynamique de feu

Une vérité, à l’image de ces deux faits : les Cistes n’ont pas décroché de victoire bonifiée à l’extérieur cette saison et ils n’ont jamais ramené de bonus offensif de Clermont. Mais ils restent sur une dynamique impressionnante : sept succès sur les huit derniers matchs et trente-trois points récoltés sur quarante possibles. Depuis mars, le MHR est redevenu redoutable. Il est plus discipliné, se montre impérial en défense et capable de développer plusieurs formes de jeu en attaque. Et surtout, il a retrouvé une âme.

Top 14 - Benoît Paillaugue (Montpellier) contre Bordeaux

Top 14 - Benoît Paillaugue (Montpellier) contre BordeauxIcon Sport

Une fierté pour le demi de mêlée: "Quand on remonte à il n’y a pas si longtemps que ça, c’était inespéré. Mais le groupe s’est donné la chance d’y croire encore. Il y a énormément de fierté, car l’équipe dégage beaucoup de choses à l’heure actuelle. Un esprit d’équipe, de la cohésion, de l’entraide et énormément de solidarité. Des choses, que l’on n’avait pas ressenties depuis pas mal (il hésite), pas mal d’années même. Et c’est jouissif de voir ces joies que nous avons depuis quelques semaines et de ressentir ces choses que seuls le rugby et l’équipe peut t’apporter."

La réussite au rendez-vous

Les protégés de Vern Cotter ont retrouvé le sourire et leurs attitudes ont changé sur le terrain. Ils ont gagné en maîtrise et en récoltent aujourd’hui les fruits. Les arbitres ne les regardent plus du même œil et les scénarios des rencontres, comme les rebonds, “tournent” plus souvent en leur faveur. La victoire à Castres et encore plus, celle face au Stade Français, où le pilier Mohamed Haouas offrit le point de bonus sur la sirène après un sprint de quarante mètres, en sont les exemples parfaits. "A l’heure actuelle, on se bat pour le club son blason et son identité. Pour essayer de faire basculer les choses. Et comme par hasard, nous avons plus de réussite, les bons rebonds, un arbitrage un peu plus favorable… Il y a peut-être une bonne étoile. Il y en a eu une dimanche dernier, ça serait bien qu’elle soit encore là samedi", espère Paillaugue. Pour lui, Montpellier devra jouer sans pression à Clermont : "Franchement, nous n’avons pas grand-chose à perdre, car personne ne nous voyait là. Peut-être même nous pour être honnête. Alors, la seule pression qu’on aura doit être positive."

Sans réelle pression

Car le MHR a déjà gagné son pari cette saison, en revenant de l’enfer sans y perdre trop de “plumes”, pour se reconstruire un présent et un avenir : "Ce que ce groupe est en train de vivre lui sera bénéfique. L’an prochain, il n’y aura pas beaucoup de changements, je perle au niveau des joueurs et il faudra s’appuyer là-dessus, vraiment. Car sur ces trois derniers mois, je crois qu’on ne peut pas nous reprocher grand-chose. On sait d’où l’on vient, ça a été tumultueux, et c’est déjà un réel plaisir d’être là, mais pas une victoire. L’équipe est en train de déjouer tous les pronostics qui nous voyaient au fond de la “gamelle” depuis des mois et on va tout faire pour continuer."

Un rêve bleu, auquel ces irréductibles héraultais n’ont jamais cessé de s’accrocher sans l’avouer. Un défi ultime (renforcé par l’absence de Picamoles et Ouedraogo), que Vern Cotter présente ainsi : "Franchement, c’est un contexte particulier. Ils sont qualifiés et nous avons besoin d’être qualifiés. Le but est de monter, faire un gros match avec l’envie de concrétiser sur nos temps forts, empêcher des joueurs comme Raka, Penaud et Fofana de toucher le ballon et de s’exprimer. Le moindre espace qu’on laissera pourrait nous être fatal. Mais c’est un beau challenge. Les mecs ont envie de le faire."

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