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Top 14 - Montpellier : la loi des séries

Montpellier : la loi des séries

Le 12/02/2019 à 14:08

TOP 14 - Neuvièmes à neuf points du sixième (Racing92), les Héraultais sont dos au mur. Pour se qualifier, ils devront réaliser un sans faute à domicile (déjà quatre défaites) et rapporter au moins deux succès de leurs six déplacements périlleux. Une “remontada” qu’ils doivent impérativement démarrer lors du derby de samedi (18h) face à Perpignan au GGL Stadium. Pour parvenir ensuite à enchainer…

Une équipe soudée et solidaire

Et si La Rochelle représentait un déclic, pour une formation qui vivait jusqu’alors dans son passé traumatisant et n’était pas encore prête à assumer son présent ? « Je pense qu’on peut construire sur cette défaite (27-25, NDLR) », lance Vern Cotter. " Il y a eu quelques bons signes sur ce match. On avait lancé le “petit” Daniel Brennan et même s’il a souffert, il y a eu quelque chose de fort qui s’est passé entre lui, les jeunes et les anciens sur le terrain. Il y avait aussi Thomas Darmon qui fêtait sa première titularisatiTop 14 - on. Ce mélange d’expérience et d’enthousiasme que je vois maintenant est très intéressant. (…) Ce groupe vit bien ensemble. Je ne sais pas si inconsciemment ils pensaient encore à cette finale perdue, mais si c’est le cas, désormais il faut regarder devant."

Kélian Galletier abonde dans le sens de son manager : "Je sens qu’on est un vrai groupe. On est tous soudés et volontaires mais ça ne nous sourit pas, c’est dur. C’est le sport… La défaite à La Rochelle est rageante, mais je pense qu’on a pris du plaisir à jouer cette rencontre. Dans cette intention-là, on est dans le vrai." Une avancée notable et encourageante, même si l’équilibre reste fragile…

Discipline et mêlée, les secteurs faibles

Si proches et si loin à la fois. Car, si les Montpelliérains se sont enfin comportés en équipe dans l’adversité, confirmant ainsi leur âme collective, ils n’assument toujours pas leurs responsabilités dans un secteur clé, in fine rédhibitoire : "L’indiscipline est un axe défaillant de notre équipe. On peut faire tous les efforts du monde, mais si on joue souvent à un ou deux de moins et qu’on prend quinze pénalités, ce ne sera pas possible de gagner. A mon sens, l’indiscipline est un enchaînement de petites erreurs qui obligent à faire une faute. Deux ou trois temps de jeu plus tard. Après, il y a aussi des fautes bêtes et là le problème est dans nos têtes. Donc, gommons déjà les fautes bêtes et d’antijeu, ce sera un bon début."

Habituellement protecteur avec ses joueurs pour ne pas les exposer, Cotter hausse pour la première fois le ton sur ce sujet cette semaine : "Le souci n’est pas qu’on n’en parle pas, car on le fait tout le temps. Maintenant, l’équipe doit prendre conscience de cette problématique. On dit qu’on n’a pas de récompense par rapport à tous nos efforts, mais il faut qu’on se regarde ! Quand tu fais des fautes et que tu prends des cartons, c’est normal de ne pas être récompensés. Si on donne la passe pour l’interception, si notre mêlée ne tient pas le coup à chaque fois… Je le répète, il faut juste se regarder un peu. C’est fini, il faut qu’on bosse ça ! Je pense que cette petite coupure nous aura fait du bien pour attaquer sur des bonnes bases."

Champions Cup - Vern Cotter (Montpellier) contre Edimbourgh

Champions Cup - Vern Cotter (Montpellier) contre EdimbourghIcon Sport

Plus aucune marge !

L’urgence se précise et le MHR n’a plus de temps à perdre. Le temps des promesses est révolu, place à celui des actes. Pour croire en une qualification quasi impossible au premier coup d’œil, il doit triompher samedi face à l’Usap avec bonus et réussir enfin à enchaîner à Toulouse en profitant du doublon, avant de confirmer face à Bordeaux à la maison. Pour espérer, la passe de trois apparaît comme obligatoire. Le flanker Galletier poursuit: « Quoiqu’il arrive, on jouera avec la pression jusqu’à la fin. Pour moi, il n’y a plus vraiment de moment charnière, il faudra être à fond, le pied au plancher jusqu’au bout ! Chaque match représente une opportunité qu’il faut saisir. »

Distancés à neuf longueurs du premier qualifiable, les Héraultais (9e), devront faire le plein de points à domicile sans jamais se rater face à des proies présumées moins dangereuses (Usap, UBB, Agen, Grenoble et Stade Français). Et ramener au moins deux succès de ses six déplacements très périlleux, à Toulouse, Toulon, Pau, au Racing, à Castres puis à Clermont. Des exploits pour croire au “miracle”…

Un derby piégeur

Avant cela, Montpellier devra triompher samedi de l’Usap avec cinq points pour se donner le maximum de chance. Et si beaucoup ont déjà enterré les Catalans, bons derniers qui courent toujours après leur premier succès, le troisième ligne se refuse lui à le faire : "Ce qui est certain, c’est qu’ils ne lâcheront pas chez nous. Et puis, je connais pas mal de joueurs qui sont de ma génération et qui évoluent à Perpignan, et je peux vous dire que ce n’est pas dans leur mentalité. Je sais qu’ils travaillent dur pour ce match et s’ils peuvent gagner ici, ils ne s’en priveront pas. C’est un derby face à une équipe valeureuse et je pense qu’il y a toujours cette petite tension. Je le prends comme ça car je joue contre l’Usap depuis que j’ai quinze ans… Ils vont venir avec beaucoup d’envie et peu de pression."

Un bon test pour le pack héraultais qui est toujours à la recherche de son meilleur niveau : "Les Catalans vont axer cette opposition sur la conquête, car c’est une force qu’ils peuvent avoir. A nous de faire un bon match là-dessus."

Privés de plusieurs blessés (Nadolo, reprise semaine prochaine ; Cruden, opérationnel à Toulouse, Nariashvili opéré du genou ainsi que Guillamon, Dumoulin et Bardy) et de cinq internationaux (Picamoles, Camara, Willemse, Chilachava et Aprasidze), le MHR pourrait enregistrer samedi, les retours de Benjamin Fall et Konstantin Mikautadze. Deux hommes, qui doivent l’aider à démarrer sa “Remontada” dans son antre, avant d’enchaîner à l’extérieur. Le prix à payer pour réaliser des séries et espérer.

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