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Top 14 - Mauricio Reggiardo : "Je n'ai trahi personne"

Reggiardo : "Je n'ai trahi personne"

Le 28/08/2018 à 16:39Mis à jour Le 28/08/2018 à 17:02

TOP 14 - Comme révélé par Midi Olympique lundi, Mauricio Reggiardo quittera le SUALG à la fin de la saison pour rejoindre le CO. L'Argentin, qui était arrivé à Agen en 2016 et s'était récemment réengagé jusqu'en 2021, l'a officialisé ce mardi lors d'une conférence de presse. ll explique son choix.

Rugbyrama : Comment s'est passée votre signature à Castres ?

Mauricio Reggiardo : Pierre-Yves Revol a contacté Jean-François Fonteneau lundi dernier. Il m'a ensuite contacté puis nous nous sommes vus et j'ai annoncé ma décision à Jean-François jeudi.

Vous avez joué à Castres de 1999 à 2005 et y avez entraîné par deux fois en 2007 et 2015. Ce retour au CO est-il le choix du cœur pour vous ?

M.R. : Bien sûr que c'est le choix du cœur. J'ai 48 ans et j'ai passé un tiers de ma vie à Castres. C'est là-bas que j'ai grandi, j'y ai construit ma famille, mes trois enfants sont nés là-bas. Castres, c'est spécial pour moi. Au-delà de ça, le projet sportif est très intéressant. J'ai aussi de très bons rapports avec le président, c'est très important pour moi. L'histoire n'était pas finie avec ce club, je voulais boucler la boucle.

" Si certains doutent de mon engagement avec le SUALG jusqu'à la fin de la saison, c'est qu'ils ne me connaissent pas bien"

Le 31 mai dernier, vous aviez pourtant prolongé avec le SUALG jusqu'en 2021.

M.R. : Je vais assumer ma décision. Il y a eu beaucoup d'échanges la semaine dernière, ça n'a pas été simple à gérer. C'était vraiment compliqué. C'est mon choix et je vais l'assumer, je le répète. Je sais pour qui je l'ai fait. J'en ai beaucoup parlé avec ma famille. Si certains doutent de mon engagement avec le SUALG jusqu'à la fin de la saison, c'est qu'ils ne me connaissent pas bien. Jean-François a compris ma décision. Ça me suffit. Je suis très serein et j'ai la conscience tranquille.

On parle de vous à Castres depuis des mois. Etes-vous soulagé également ?

M.R. : Mon histoire avec le CO est un peu particulière. J'ai toujours été un bon soldat. Un jour, j'ai arrêté de jouer, puis je suis un peu revenu entraîner. Quand je suis parti d'Albi, je n'ai pas dit un mot et je sais pourquoi. En ce qui concerne mon départ d'Agen, les gens peuvent dire ce qu'ils veulent. J'ai fait les choses proprement. Je n'ai trahi personne.

" Ne vous inquiétez pas, les CV venaient de partout. Agen est un grand club"

Mais cette annonce intervient très tôt dans la saison. Ne craignez-vous pas qu'elle déstabilise le groupe ?

M.R. : Cela ne sera-t-il pas source de motivation ? Peut-être. On ne peut pas le savoir aujourd'hui. Je ne suis pas sûr qu'il y avait un bon moment pour une telle annonce. Jean-François n'est pas un mec qui se cache, qui ment. Il y a beaucoup de joueurs en fin de contrat et il fallait être clairs par rapport à eux. Ces joueurs, il ne faut pas qu'ils restent pour un homme. Le projet d'Agen est plus important que moi et il faut qu'ils croient au projet du club. C'est pour ça que le président a déjà défini la personne qui va me remplacer l'an prochain. Ne vous inquiétez pas, les CV venaient de partout. Agen est un grand club.

Vous dites souvent que le rugby est une histoire d'hommes. Comment les joueurs ont-ils pris la nouvelle quand vous la leur avez annoncée ?

M.R. : C'est d'abord Jean-François qui l'a dit aux leaders. Puis j'ai parlé avec eux ce matin. Il faut être honnête dans la vie. Cette histoire d'hommes se finira le 30 juin et une autre recommencera. Ils me connaissent, ils savaient que je n'allais pas leur mentir. Je leur ai dit ce que je ressentais. Ils ont le droit de penser ce qu'ils veulent mais je suis le même depuis deux ans que je suis là.

" La peur peut être bonne [...] J'ai toujours réussi à la dépasser jusqu'à aujourd'hui"

Dans quel état d'esprit êtes-vous au moment de succéder à Christophe Urios, qui a mené le CO au titre de champion de France ?

M.R. : J'ai peur. Les gens qui n'ont pas peur dans la vie sont des idiots. Vous savez, j'ai aussi peur pour le match contre Perpignan dimanche, j'avais peur pour celui contre Clermont et j'ai peur de ma femme depuis 25 ans ! Mais la peur peut être bonne, elle te permet de te remettre en question en permanence. C'est bien d'avoir peur. J'arrive à la transformer en motivation. J'ai toujours réussi à la dépasser jusqu'à aujourd'hui.

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