• Top 14 - Pierre MIGNONI (Lyon LOU)
    Top 14 - Pierre MIGNONI (Lyon LOU)

Mignoni : "On verra si les joueurs s’engueulent entre eux surtout !"

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TOP 14 – Particulièrement touché par la troisième défaite de son équipe à domicile, ce samedi face à Pau (17-18), Pierre Mignoni s’est par la suite exprimé sur ce nouveau revers du LOU et surtout sur la situation comptable. Clairement, le technicien met ses joueurs face à leurs responsabilités.

Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné pour votre équipe ce soir ?

Pierre Mignoni : Honnêtement, beaucoup de choses n’ont pas marché. Mais surtout, vous le savez, c’est un sport de combat. On ne va pas le répéter cent fois. C’est un sport de combat, et quand tu n’es pas présent comme il faut, comme on l’a été la semaine dernière, dans le combat, on est une équipe moyenne, très moyenne. Pau, qui a fait une grande prestation ce soir, qui s’est présenté en grande équipe, ils ont gagné et c’est mérité. Il n’y a rien à dire, c’est tout.

Pour autant, votre équipe a réussi à franchir mais cela n’a pas suffi pour s’imposer.

P.M. : Oui, mais pour aller au bout il faut avoir faim. Il faut parler de cet appétit dont je vous parle. Tant pis pour nous. Ce n’est pas parce que tu franchis que tu dois gagner le match. Tu gagnes le match que si tu marques. C’est la règle. Donc ça ne suffit pas.

Pourtant, vous parvenez à leur infliger un 10-0 qui vous fait prendre l’avantage. Normalement, ce sont les situations où vous "tuez" les matchs.

P.M. Il faudra leur poser la question à eux… (aux joueurs, ndlr).

Plus largement, arrivez-vous à comprendre cette inconstance ?

P.M. : Honnêtement, non. Donc je le prends pour moi parce que c’est moi qui les ai choisi. C’est moi qui les ai fait signer, c’est moi qui les ai fait jouer. Je me suis trompé aussi dans la composition d’équipe, c’est sûr. Ça me gave, mais bon…

Vous pensez qu’il y a eu une forme de relâchement après la victoire à Montpellier le week-end dernier ?

P.M. : Du relâchement de quoi ? Tu te relâches pourquoi ? Je ne vois aucune raison de se relâcher, aucune. Tu sors de vacances, tu fais un match intéressant à Montpellier, tu enchaines sur Pau qui est une belle équipe… Tu dois enchaîner. On ne vient pas de faire 20 matchs d’affilé. Donc non. C’est ma faute, dans la composition d’équipe, dans la façon de…

On vous sent en colère…

P.M. : C’est normal, je ne vais pas rigoler. Oui, je suis en colère… Et j’espère qu’eux (les joueurs, ndlr) ils sont en colère. Moi je ne joue pas. Franchement on travaille dur toute la semaine pour ça ? Franchement…

Vos joueurs jouent-ils avec la peur au ventre, avec cette peur de mal faire ?

P.M. : La peur de quoi ? Vous leur poserez la question. Posez-leur la question et dites-leur : "vous avez peur ?". Peut-être qu’ils ont peur. Mais peur de quoi, je ne sais pas. Moi je crois que la peur, c’est un sentiment qui vient de quelque chose. Est-ce qu’on a envie ? C’est plutôt ça la bonne question. Est-ce que l’on a envie d’être dans le Top 6 ? Si tu n’as pas envie, tu n’es pas invité, et tu regarderas les autres jouer. Le chemin on le connait pour y aller, on y a été. On a assez d’expérience pour savoir ce qu’il faut faire. Aujourd’hui, on ne le fait pas. Il faut être constant pour jouer le Top 6. Il faut être régulier, s’accrocher partout, prendre des points partout, gagner chez toi, être assez souverain et ne pas être inconstant. Aujourd’hui, on est inconstant, donc on ne mérite pas. À l’heure où je vous parle, on ne mérite pas d’y être. Et on n’y sera certainement pas si on continue. C’est la loi du sport, c’est comme ça.

Alors la solution c’est quoi ? De s’engueuler un bon coup ? De boire un coup ?

P.M. : Les engueuler (il souffle). Je crois que je sais faire mais je ne suis pas leur père. Je les accompagne, on est ensemble, je me mets avec eux. Mais j’ai besoin d’eux. Je l’ai déjà dit. Ça fait beaucoup de fois que je le dis. On verra s’ils s’engueulent entre eux surtout.