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Top 14 - Lyon : Etienne Oosthuizen, si précieux travailleur de l’ombre

Oosthuizen, si précieux travailleur de l’ombre

Le 12/09/2018 à 14:50Mis à jour Le 14/09/2018 à 08:53

TOP 14 - Lorsque l’on cite les joueurs du LOU, ce n’est pas forcément le premier nom qui revient et pourtant, Etienne Oosthuizen est devenu indispensable et incontournable dans le collectif lyonnais. Le deuxième ligne sud-africain, 25 ans, s’est imposé comme une valeur sûre.

Il a symboliquement marqué le premier essai de la saison lyonnaise face au Stade toulousain lors de la première journée, son premier également en Rouge et Noir, et il a contribué à la première victoire du LOU à Perpignan en venant gratter un ballon aux côtés de Thibaut Regard, dans les derniers instants. Etienne Oosthuizen est probablement en train de franchir un nouveau cap de sa carrière, lui qui est arrivé en France et dans le Rhône à l’été 2017.

Après quelques mois d’adaptation, son année 2018 a été rythmée par les grosses performances individuelles, mais toujours dans un esprit collectif. "Je suis un joueur pour le collectif et l’équipe passe avant tout. Si quelqu’un fait une erreur, je suis là pour aller le voir et lui dire de passer à autre chose", témoigne-t-il en conservant cette pudeur qui lui est propre, cette timidité que seul un rire vient parfois briser dans un discours sincère.

Une expérience en Australie avec Jake White

Doté d’un physique impressionnant (1,98m, 122kg), un de ses atouts depuis l’âge de 16-17 ans, Etienne Oosthuizen a débuté sa carrière avec les Lions mais son arrivée dans le groupe professionnel a coïncidé avec l’exclusion de la franchise du Super Rugby. "J’ai choisi de poursuivre dans le Super Rugby plutôt que dans la Vodacom Cup et j’ai eu l’opportunité de jouer en Australie avec les Brumbies de Jake White", explique le deuxième ligne.

Mais l’aventure n’aura duré qu’un an. À 21 ans, loin des siens et n’ayant disputé que trois matches, il rentre au pays où il se fait une place aux Sharks, jusqu’à sa signature à Lyon. Et cette expérience au pays des Wallabies a participé à son intégration à la France, comme la présence de quatre autres Sud-Africains (Buckle, Roodt, Van der Merwe et Fourie), "ça aide à s’adapter, à bien comprendre ce que je dois faire et à se sentir un petit plus à la maison."

Pourtant avec un père ayant joué seulement pour le loisir et un frère tout juste à l’école, Etienne n’était pas vraiment prédestiné à cette voie. "Je ne me souviens pas vraiment de mes débuts mais je sais avoir dit un jour à mon père que je voulais être joueur de rugby et ouvrir un garage automobile", précise le natif de la province sud-africaine du Nord-Ouest. Ce fut la première option, pour devenir ce profil que l’on connait, un redoutable plaqueur-gratteur.

Un avenir en France où il veut s’imposer

Il aurait fallu un peu de temps pour pleinement découvrir toutes ses qualités, le temps de s’adapter "à une langue, une culture, un rugby où il faut être plus fort sur les bases et un arbitrage différent… mais dans ce groupe on joue les uns pour les autres et ça m’a aidé à m’adapter plus vite pour devenir un meilleur joueur." Pierre Mignoni avait d’ailleurs ciblé son potentiel avant même de se rendre en Afrique du Sud avec les Barbarians à l’été 2017.

Etienne Oosthuizen semble avoir assimilé les systèmes et s’être imposé, non sans effort du fait qu’il n’a pas ce fameux statut JIFF. "C’est évident que tu dois prouver pourquoi tu es là et tu dois te battre pour montrer pourquoi tu as été choisi. C’est ce qui te pousse à donner le meilleur pour l’équipe", dit-il avec toujours beaucoup de modestie. Il a en plus contribué à la demi-finale historique du LOU la saison passée, et rêve de faire au moins aussi bien.

Derrière cette carapace, il est possible de percevoir des sourires qui permettent d’affirmer qu’il se sent bien et se projette. "Je veux rester le plus longtemps possible car j’aime vraiment la France et Lyon où je peux offrir un meilleur futur à ma famille. Rentrer en Afrique du Sud n’est pour le moment pas une option pour moi, insiste celui qui a signé trois ans (jusqu’en 2020), et si je suis bon et que je le peux, pourquoi ne pas représenter la France ?"

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