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Top 14 - La vie sans mercato

La vie sans mercato

Le 09/09/2018 à 20:57

TOP 14 - Sans période de mutations bien définie, le rugby voit les effectifs de 2019 se construire dès à présent. Une logique économique mais un sérieux problème éthique. Aux multiples répercussions.

Les premières saillies doivent fuser : "Quoi ? Un dossier entier sur les transferts alors qu’on vient à peine de disputer la troisième journée de championnat ?" C’est aussi la magie de ce sport, lequel n’en finit jamais de son actualité toujours plus mouvante. Et le marché n’est pas épargné. Loin de là. Les récents exemples concernant les entraîneurs obligent même à se pencher sur la question, tellement ils ont marqué le grand public : Mauricio Reggiardo, en poste à Agen, sera le successeur de Christophe Urios à Castres dans… dix mois. Christophe Laussucq, leader de Pro D2 avec Mont-de-Marsan, le remplacera au SUALG.

Pro D2 - Christophe Laussucq (Entraîneur de Mont-de-Marsan) qui sera la saison prochaine à Agen

Pro D2 - Christophe Laussucq (Entraîneur de Mont-de-Marsan) qui sera la saison prochaine à AgenIcon Sport

Bien sûr, le risque d’un contexte ubuesque qui verrait Landais et Lot-et-Garonnais s’affronter dans un barrage en fin de saison a été évoqué ici et là. Il fait sourire, ou grincer, selon les sensibilités. Ceci, on ne le répétera jamais assez, alors que le mois de septembre a débuté il n‘y a pas si longtemps…Pour autant, aucune raison de jouer les vierges effarouchées et de croire les techniciens uniques sources de tractation. Depuis quelques semaines, de nombreux joueurs ont profité de leurs jours de repos pour visiter les installations d’autres clubs et rencontrer dirigeants ou staff. S’en insurger ? Si vous voulez, mais les principaux intéressés ne sont coupables de rien. Ils s’adaptent à une situation imposée.

" C’est regrettable mais c’était une évolution inéluctable"

La prévision, de longs mois à l’avance (des prolongations sont même signées un an et demi avant le terme d’un contrat) est nécessaire. Interrogé par nos soins il y a peu, René Bouscatel, l’ancien président du Stade toulousain (de 1992 à 2017) qui a vécu la mutation du marché et maîtrise la problématique, affirmait : "C’est regrettable mais c’était une évolution inéluctable, liée aux nouvelles règles imposées par nos instances. Il y a 25 ans, le recrutement était limité à quelques éléments qui venaient compenser une déficience de notre formation sur des postes ou profils ciblés. […] Je ne vois pas comment on pourrait revenir en arrière. Il est vital pour les clubs de faire avec en prenant les devants, sinon vous vous retrouvez le bec dans l’eau avec le joueur ciblé qui a déjà signé ailleurs." En clair, la course à l’armement est si féroce qu’il vaut mieux se prémunir.

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