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Tomas : "Je m’épanouis pleinement dans cette nouvelle carrière"

Tomas : "Je m’épanouis pleinement dans cette nouvelle carrière"

Le 12/10/2019 à 13:02Mis à jour Le 12/10/2019 à 13:22

TOP 14 - Après avoir mis un terme à sa carrière de joueur en novembre 2018 (dernier match avec les Cistes face au Racing), l’Héraultais a pris des responsabilités dans le staff de Montpellier (intervenant skills). Des prérogatives qui ont été renforcées cette année.

L’ancien numéro neuf aux 259 matchs de Top14 (309 matchs pros) se livre sur sa nouvelle vie d’entraîneur des trois-quarts et parle des objectifs du MHR à Bayonne aujourd’hui (15h30).

Rugbyrama : Vous évoluiez encore sur les pelouses de Top14 il y a moins d’un an de cela et êtes désormais coach à Montpellier. Quelle vie offre le quotidien le plus chargé ?

Julien Tomas : Lorsqu’on est dans la position du joueur, on ne voit pas tous les côtés de l’entraîneur. Et le travail réalisé en parallèle dans les bureaux, notamment sur de la vidéo. Mon quotidien aujourd’hui c’est : levé 6h, arrivée 6h30 au stade et début des réunions à partir de 7h. On (le staff technique, NDLR) se rassemble avec les autres staffs, médical et “prépa” physique, pour faire un bilan des blessés et des joueurs aptes pour organiser notre journée. Ça commence très tôt par rapport à ma vie de joueur… Il y a toute une préparation en amont, une prise d’informations.

Et quelle est la suite de votre journée ?

J.T. : Je débriefe avec Xavier (Garbajosa) pour voir ce qu’on va faire dans notre travail séparé avec les trois-quarts et que nous allons mettre en place lors de l’entraînement collectif. Il y a aussi une analyse profonde des adversaires à la vidéo. On regarde beaucoup de matches pour essayer de déceler toutes les failles et proposer les meilleures solutions aux joueurs.

Avez-vous été surpris par cette charge de travail ?

J.T. : Oui, car encore une fois, quand tu es joueur, tu as une mauvaise perception du boulot de coach. Quand tu arrives au stade le matin, tu vois parfois l’entraîneur dans le couloir et tu te demandes ce qu’il fait là à errer. En fait, il sort de son bureau et il a mal à la tronche ! Parce que ça fait deux heures qu’il y est et qu’il a besoin de s’aérer en disant bonjour aux mecs. Ça tu ne le vois pas…

Cette nouvelle vie vous comble-t-elle ?

J.T. : Totalement ! Je suis passionné de rugby et ce sport au fond, c’est ma vie. J’ai attaqué à l’âge de cinq ans et le rugby a toujours fait partie de mon quotidien. Dans ma carrière de joueur, je notais tout et j’avais construit en parallèle des schémas de jeu dans ma tête. J’ai toujours été animé par l’envie de transmettre et j’ai aujourd’hui la chance de le faire dans mon club. Je suis entier et je me bats pour l’équipe et le club en premier. C’est ce qui compte le plus pour moi.

Top 14 - Julien Tomas (Montpellier) qui fait ses adieux en tant que joueur

Top 14 - Julien Tomas (Montpellier) qui fait ses adieux en tant que joueurIcon Sport

Vous êtes également en train de passer vos diplômes…

J.T. : En passant entraîneur je voulais de suite être diplômé pour en avoir d’abord le statut, ce qui me permettra aussi d’être par la suite sur le bord des terrains. Et au-delà de ça, je voulais connaître d’autres visions que celles du monde professionnel, par la pédagogie des formateurs et leur vécu. Je souhaitais m’ouvrir. Par exemple, je suis allé dans un centre pour personnes handicapées en Lozère. J’ai alors découvert un aspect psychologique d’un éducateur que je ne connaissais pas. J’ai vécu des moments forts en immersion, au travers de parties de hand en fauteuils, d’un repas à l’aveugle pour se mettre dans la peau d’un non voyant… Tu passes après dans les services et tu vois des enfants de deux ans qui ont des déficiences physiques ou mentales. Ça te remet les pieds sur terre.

Avez-vous une relation particulière avec les joueurs, qui étaient encore il y a peu vos coéquipiers ?

J.T. : Bien sûr. L’an passé quand j’ai basculé entraîneur, c’était plus sur les skills que la stratégie, même si Vern (Cotter) et les autres coachs étaient à l’écoute de mon opinion. Mais j’étais surtout beaucoup dans l’échange avec les joueurs afin de faire le liant entre eux et le staff. Et je pense que cela a plutôt bien marché. Je continue de le faire cette année avec Xavier (Garbajosa) qui a une grande proximité avec les mecs. Je veux apporter de l’humain dans ces relations.

Quelles sont vos prérogatives exactes sur le terrain durant la préparation?

J.T. : Je m’occupe des trois-quarts ainsi que des lancements de jeu et Xavier me laisse de plus en plus de liberté dans notre travail commun. On réfléchit ensemble sur les stratégies du week-end. En parallèle, quand les arrières sont en muscu le matin et que je n’ai le travail séparé qu’à 11h ; je descends au centre de formation à 9h pour faire un entraînement avec les jeunes, deux ou trois fois par semaine. Afin de leur montrer qu’on garde un œil sur eux, qu’il y a un suivi du staff pro et que s’ils sont bons, ils auront une chance de monter avec nous selon nos besoins. Ça me plait aussi de faire ce liant.

Espérez-vous vous inscrire dans la durée comme coach à Montpellier ?

J.T. : J’espère être diplômé en fin de saison et basculer ensuite sur un contrat de coach réel à Montpellier. Car c’est ici que je peux me battre avec le cœur, sans compter et sans arrière-pensées. J’ai envie de transmettre mon expérience dans le club où j’ai été formé.

Top 14 - Julien Tomas et Pierre-Philippe Lafond (Montpellier)

Top 14 - Julien Tomas et Pierre-Philippe Lafond (Montpellier)Icon Sport

Le MHR reste sur trois matchs sans succès et se déplace cet après-midi (15h30) sur la pelouse de Bayonne. Un rendez-vous important pour votre équipe qui doit retrouver le succès pour ne pas se mettre à douter...

J.T. : Bien sûr, car la confiance ne viendra que par la gagne. On sent de la progression et un changement de philosophie petit à petit. Il n’y a pas eu de bouleversement puisqu’on a gardé 90% de ce qu’on faisait l’an passé. Mais sur les 10% qu’on a modifiés, on n’arrive pas encore à avoir une “ossature” régulière sur l’ensemble d’une rencontre. Alors bien entendu, ce match à Bayonne, il faut le gagner. Car on en a besoin comptablement, et aussi parce qu’il peut nous faire basculer dans une dynamique positive. L’équipe n’en est pas loin, mais il lui manque un déclic. C’est un rendez-vous important dans tous les compartiments.

Quels sont les axes de progression selon vous ?

J.T. : Quand nous sommes bien dans la partie, on est tous sur la même longueur d’onde. Et parfois, des mecs retombent dans l’ancien projet et se perdent. Ou alors, il y a des joueurs qui n’ont peut-être pas encore assimilé totalement notre philosophie. Ils déjouent par rapport à la situation et tentent des choses non programmées. C’est bien aussi, mais il faut trouver le bon équilibre, dans nos choix et sur nos sorties de camp. Il faut jouer sans faire n’importe quoi. Et des fois, on prend encore des décisions forcées qui n’ont pas de sens. Il faut trouver plus d’alternance. On a encore besoin de temps, mais celui-ci est très limité en Top14. Et plus il passe et plus tu es sous pression. A nous de trouver vite cette bonne balance pour lancer notre saison, avec pourquoi pas, un premier succès à l’extérieur.

Justement, quelles seront les clés de la victoire pour le MHR à Jean-Dauger ?

J.T. : Bayonne est en grande confiance et a une très belle cohésion. C’est une équipe qui tente des choses et réussit quasiment tout en ce moment. Elle est aussi très bonne dans les rucks où elle ralentit beaucoup les sorties de balle adverses. Et comme nous aimons mettre de la vitesse dans notre jeu et déplacer le ballon; il faudra gagner cette bataille, perdue à Clermont. Où on s’est fait contrer et on a pris des pénalités. Après, nous devrons aussi être froids, chirurgicaux, pour ne pas être inhibés par l’ambiance si particulière de ce stade mythique. On doit réaliser un match d’hommes. C’était ce qu’on s’était dit avant Agen, mais le groupe était passé à côté. J’espère donc qu’on ne reproduira pas ça.

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