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Gorgodze : "Entre la blessure et le virus... ce n'est pas la fin que j'avais imaginée !"

Gorgodze : "Entre la blessure et le virus... ce n'est pas la fin que j'avais imaginée !"
Par Pierrick Ilic-Ruffinatti via Midi Olympique

Le 28/04/2020 à 16:57Mis à jour Le 28/04/2020 à 16:58

TOP 14 - En fin de contrat, Mamuka Gorgodze (35 ans, 75 sélections) pourrait bien avoir (déjà !) fait son dernier tour de piste. Forcément déçu, le légendaire géorgien ne veut pourtant pas être plaint, bien conscient que la situation sanitaire est aujourd'hui la priorité absolue.

Rugbyrama : Mamuka, comment se passe votre confinement ?

Mamuka Gorgodze : Plus le temps passe, plus c'est pénible. Une semaine ou deux ça va, mais trois, quatre, cinq ça commence à être long. Heureusement le club nous a prêté des rameurs, des vélos et des appareils de musculation. On peut s'entraîner sans problème, ça fait passer le temps et nous permet de garder la forme. Quand le rugby va reprendre, les mecs auront également pu reposer leur corps et se serviront de cette période comme d'un booster.

Vous étiez blessé au mollet depuis fin novembre, comment allez-vous ?

M.G. : Je me suis blessé lors de notre première séance sur la nouvelle pelouse du centre d'entraînement de Berg. Le terrain était encore un peu dur et ç'a sauté. Je devais en avoir pour 10-15 jours, c'était rien, mais j'ai eu trois récidives... Le mollet, c'est le muscle le plus embêtant sur une jambe, il est constamment sollicité. J'ai joué de malchance : de 10 jours c'est devenu quelques semaines, puis trois mois...

Le Top 14 est pour l'instant à l'arrêt. Selon vous, que va-t-il se passer dans les prochains mois ?

M.G. : C'est bien que la LNR et les présidents travaillent autour d'une reprise, car quand le virus s'arrêtera il faudra avoir envisagé des scenarii de reprise. Pour autant, l'unique priorité est la santé. On doit arrêter la contagion du virus, pour éviter que le nombre de décès continue de grandir. Et ce par tous les moyens. C'est la seule priorité.

Top 14 - Mamuka Gorgodze (Toulon)

Top 14 - Mamuka Gorgodze (Toulon)Icon Sport

Et ensuite ?

M.G. : Il y aura des questions économiques et il faudra que le rugby relève la tête. Mais aujourd'hui la vie ne serait-ce que d'une seule personne est bien plus importante que toute la vie du rugby, et qu'une éventuelle reprise du championnat.

Vous êtes en fin de contrat avec Toulon. Si les phases finales se disputent en août, vous pourriez ne pas en être...

M.G. : C'est la pire fin de carrière qu'on puisse envisager. Je joue au rugby pro depuis 16 ans, j'ai tout donné pour ce sport et ça tombe vraiment mal : entre la blessure et le virus... ce n'est pas la fin que j'avais imaginé ! Jouer tant d'années et rentrer à la maison comme ça... Mais ce n'est pas dramatique : en ce moment beaucoup de familles ont perdu des proches, des parents... ça c'est grave ! Qu'est-ce que je leur dirais moi à ces gens ? Que je me plains parce que j'ai pas pu sortir et m'offrir un match supplémentaire ? Non, il faut être décent. C'est très dur pour moi, mais je ne veux pas me plaindre, ce serait malhonnête.

Doit-on comprendre que vous allez prendre votre retraite ?

M.G. : Je voulais arrêter en fin de saison...

On pensait pourtant que vous aviez encore une ou deux belles saisons dans le moteur...

M.G. : Je ne suis pas du genre à chercher le contrat de plus par peur de raccrocher. Si je dois arrêter demain, j'arrêterais. Fin de carrière. C'est fini. J'en saurai plus rapidement.

Vous fixez-vous une échéance pour prendre votre décision définitive ?

M.G. : Selon moi une seule chose est certaine : la saison en cours est terminée. Le championnat ne pourra pas reprendre avant fin juin et le terme de mon contrat. J'en suis convaincu. C'est vraiment triste... Mais je refuse de me plaindre. Il y a presque 200 000 décès, et moi je vais pleurer parce que je ne suis pas parti avec un bouquet de fleurs lors du dernier match ? Je ne suis pas comme ça.

Coupe du monde 2015 - Mamuka Gorgodze (Géorgie)

Coupe du monde 2015 - Mamuka Gorgodze (Géorgie)Icon Sport

Comment faites-vous pour continuer à vous entraîner, tout en sachant que votre carrière est peut-être terminée ?

M.G. : Nous avons nos programmes à respecter et jusqu'à la fin de mon contrat, que je joue ou non, je suis employé par le RCT. Je vais tenir mes engagements, par honnêteté vis-à-vis du club, des dirigeants, des supporters mais aussi de moi-même. J'ai toujours été assidu, et je le serai jusqu'au bout. Je m'entraîne avec rigueur, et on n'a pas besoin de m'appeler tous les jours pour vérifier. Tu joues en top14, tu es professionnel, bien payé : tu dois être sérieux... Je peux vous assurer que je suis en forme ! Je ne pensais pas qu'à 35, presque 36 ans je serais aussi bien dans mon corps (sourire).

Si votre fin de carrière venait à se confirmer, que pensez-vous faire ?

M.G. : Je rentrerai directement en Géorgie. Je pense que nos proches sont contents de savoir qu'on va bientôt rentrer au pays (sourire). À titre personnel déménager, changer de métier et de pays ce n'est pas idéal en ce moment ; mais encore une fois je ne vais pas me plaindre. Ces galères, ce sont un caillou dans ma chaussure si on compare à la crise sanitaire qui frappe le monde. D'ailleurs, j'en profite pour remercier les personnels soignants qui donnent leurs journées, leurs semaines, leur vie à travers le monde entier... Ce sont eux les vrais héros.

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