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Fonteneau : "Mon objectif : qu'il n'y ait aucune baisse de salaire à Agen"

Fonteneau : "Mon objectif : qu'il n'y ait aucune baisse de salaire à Agen"
Par Simon Valzer via Midi Olympique

Le 11/06/2020 à 14:04

TOP 14 - Malgré un contexte économique évidemment tendu, le président agenais a pour objectif de ne pas baisser les salaires de ses joueurs. Un choix fort, dont il nous en expose les raisons ici.

Il semblerait que le SU Agen ait la volonté de ne pas procéder à une baisse des salaires. Qu’en est-il ?

La décision finale n’est pas encore prise mais j’ai souhaité attendre avant de parler de baisse des salaires. J’ai aussi considéré que nos joueurs salariés n’étaient pas les mieux lotis du Top 14 et je me bats pour que les mesures demandées par la DNACG, qui préconisait une baisse à hauteur de 31 %, soient adaptées. Si on les applique aveuglément, on va transformer nos joueurs en Smicards du Top 14 ! Même si cela reste des salaires confortables et nettement supérieurs à ceux du département, je me bats pour que l’on soit sur la diminution la plus faible possible, si diminution il y a. J’ai mis un curseur maximum de 10 % de baisse, mais mon objectif est qu’il n’y ait aucune baisse de salaire sur 2020-2021. J’ai bon espoir d’y arriver, car nombre de partenaires nous suivent.

Pourquoi avez-vous pris cette décision ?

Nos joueurs perçoivent des salaires corrects, mais qui ne sont pas au niveau de ceux que l’on voit dans d’autres clubs. Je ne veux pas les pénaliser plus encore. L’économie de notre club est basée sur certaines filières, dont certaines n’ont pas été trop impactées. Je souhaite donc protéger les joueurs car ils sont les acteurs de notre club.

Est-ce aussi important de maintenir ces salaires pour conserver le pouvoir d’attraction du SUA ?

Oui, et c’est important. Aujourd’hui, ce club repose sur un tissu de partenaires très hétéroclite, qui est un avantage dans le contexte actuel. Je remercie aussi certains partenaires qui sont venus au soutien ou n’ont pas modifié leur partenariat. Ce dernier représente 67 ou 68 % de notre chiffre d’affaires. C’est énorme. La billetterie sèche représente 6 %, et les abonnements 3 %. Notre modèle économique est donc basé sur les PME, les TPE, et d’autres acteurs de plus grande envergure. Mais le contexte difficile de la crise met en lumière une forme de solidité de notre modèle. On ne repose pas sur deux ou trois partenaires, ou sur un ou deux mécènes comme c’est le cas ailleurs.

Que disent les joueurs de cette volonté de ne pas baisser les salaires ?

J’ai eu des discussions avec eux il y a quelque temps, où je leur avais fait part de ma volonté de ne pas suivre les 31 % de réductions salariales préconisées par la DNACG. À cette époque, je leur avais assuré que j’essaierais de ne pas aller au-delà des 10 %. Aujourd’hui, l’objectif est d’être en dessous, voire de ne pas en avoir du tout. Nous aurons des échanges à la fin du mois pour nous projeter sur l’avenir, en nous basant sur une projection qui devrait être plus précise, d’autant que l’on en saura plus quant aux prochaines mesures gouvernementales qui nous laisseront accueillir un peu plus de monde dans les stades que ce qui était imaginé.

Où en sont vos partenaires à ce jour ?

Parmi nos cinquante plus gros partenaires, qui représentent 70 % du chiffre d’affaires global de notre partenariat on va avoir une baisse globale de 2 à 3 %, ce qui est très positif. Gifi nous a quittés pour le moment et c’est ainsi mais d’autres sont arrivés et d’autres encore ont renforcé leur soutien. Après, pour les TPE qui ont des partenariats de taille moindre, à hauteur de 10 000 à 15 000 euros, il y a un point d’interrogation. Ces petites entreprises vont peut-être revoir leur engagement à la baisse. Nous essayons donc de les convaincre en jouant sur la bonne dynamique du club : le recrutement prend forme, l’équipe est sûrement meilleure que celle de la saison passée… Il y a aussi le projet de stade sur lequel nous avons communiqué en milieu de semaine, qui va démarrer et sera livré en 2022 avec un gros socle public et une autre partie hôtelière portée par le club. Tout cela peut donner une belle dynamique. Il faudra peut-être prendre quelques risques, et le président que je suis en prendra peut-être pour garantir les salaires.

C’est-à-dire ?

Inévitablement, la DNACG va demander des garanties : à la fois par rapport aux partenaires, ainsi qu’aux diverses baisses sur lesquelles elle table, comme celle de 30 % qu’elle prévoit pour les partenaires. Si nous n’avons pas cette baisse, il faudra pouvoir le démontrer. La DNACG impose aussi une baisse de billetterie et d’abonnement. Mais ces deux secteurs, vous l’aurez compris, nous impactent moins financièrement. On va donc prendre certains risques, et j’espère que les joueurs en seront conscients car si nous parvenons à réaliser cet exploit de ne pas baisser les salaires, cela voudra dire que l’on s’est bien battu. Il ne faut pas faire de la sinistrose. Bien sûr qu’il y a encore de l’incertitude, mais il faut aussi amener des signes positifs pour qu’ensuite, cela reparte.

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