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Top 14 - Entraîneurs, une vie sur le fil

Entraîneurs, une vie sur le fil
Par Vincent Bissonnet via Midi Olympique

Le 13/01/2019 à 20:09Mis à jour Le 13/01/2019 à 20:10

TOP 14 - Si le rugby professionnel a amené son lot de joyeusetés, il a aussi soumis ses acteurs à une plus grande pression, liée aux résultats immédiats. En première ligne de ces exigences, les entraîneurs sont les premiers fusibles, en cas de déception. Qu’importent les succès passés. Dans ce contexte à pression, ils sont de plus en plus nombreux à confier leur épuisement.

"C’est un métier de cons, entraîneur. Ça se voit : tout le monde devient fou avec cette profession. Ça te bouffe le cerveau." Le propos, d’une sincérité désarmante, nous avait récemment été glissé par David Marty, en charge des espoirs de l’Usap et hésitant quant à la suite à donner à sa deuxième carrière en bord de terrain. L’entraînement, une passion au sens propre du terme, à la fois source de bonheur et de traumatisme. Dans la dernière enquête menée par Tech XV, à l’automne 2017, 82,5 % des entraîneurs répondaient favorablement à la question "Rencontrez-vous du plaisir ?"

Top 14 - Jacques Delmas (entraîneur de Toulon en 2016)

Top 14 - Jacques Delmas (entraîneur de Toulon en 2016)Icon Sport

Mais ces sensations fortes comportent un revers de la médaille : tous ou presque vivent sous une pression constante, rendant leur quotidien particulièrement anxiogène. Qui, au sein du Top 14, ne connaît pas ou n’a pas connu des nuits tourmentées ces derniers temps ?

" Tu n’as jamais vraiment ton destin en mains"

Ainsi va la vie des hommes au bord de terrain. Sur la brèche, en permanence : "Ça te bouffe, ça te mine, ça te renverse" poursuit Delmas. Mais ça stimule et ça survolte en même temps. "C’est addictif, comme une drogue", reprend l’ancien entraîneur des avants du RCT. "Ton cerveau est toujours en éveil, tu ne peux pas déconnecter." Au quotidien, l’emploi du temps oblige à se démultiplier, entre recrutement, réflexion tactique et contraintes diverses. Même quand le jour est marqué "off" sur le tableau, le repos et le répit ne sont pas garantis. Tout ça pour se retrouver spectateurs, à la fin.

Top 14 - David Darricarrère (entraîneur de Castres en 2016)

Top 14 - David Darricarrère (entraîneur de Castres en 2016)Icon Sport

"Tu mets tout en œuvre pour que ça marche, pour que ton projet soit cohérent, pour avoir l’adhésion du groupe, mais tu n’as jamais vraiment ton destin en mains : ce sont les joueurs qui écrivent l’histoire", rappelle Jacques Delmas. La profession comporte une grande part d’incertitudes, voire d’injustice, parfois. "Même quand on réussit, on peut être écarté. Personnellement, c’est ce qui a été le plus dur à vivre" conclut David Darricarrère.

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