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Top 14 - David Mélé (Perpignan) : "Le plus dur a été pour ma femme de me supporter à la maison"

Mélé : "Le plus dur a été pour ma femme de me supporter à la maison"

Le 24/10/2018 à 16:41Mis à jour Le 24/10/2018 à 17:09

TOP 14 - Victime d’une fracture de la main lors des matchs amicaux, David Mélé n’a pu prendre part à la quête du maintien de son équipe jusqu’ici. Plus de cinq ans après son dernier match dans l’élite avec l’Usap, le demi polyvalent va retrouver le Top 14 sous le maillot catalan, samedi face au Stade Toulousain.

Rugbyrama : David, comment avez-vous vécu ce début de championnat hors des terrains ?

David Mélé : Depuis le jour de ma blessure, j’ai compris que je devais attendre pour être sur la pelouse avec les copains. Je pense que le plus dur a été pour ma femme de me supporter à la maison. Je ne pouvais pas faire grand-chose, même à l’entraînement je venais mais je n’avais pas le droit de faire de la muscu, ni de courir… J’ai rongé mon frein pendant sept semaines. J’ai été coupé dans mon élan, et je rongeais un peu tout le monde aussi. Même si sept semaines à l’infirmerie ce n’est pas grand chose, d’autres y passent beaucoup plus de temps, c’était compliqué et je vois enfin le bout du tunnel.

On imagine que les résultats négatifs de Perpignan ne vous ont pas aidé…

Bien sûr, ça rajoute une dose de frustration et de déception. Je me sentais inutile, je ne pouvais pas aider mon équipe. Maintenant que je suis apte et que je suis en position de pouvoir épauler mes coéquipiers, je vais essayer de le faire le mieux possible et j’espère que l’équipe en tirera profit.

Top 14 - Perpignan, actuel dernier du championnat avec 3 points, cherche sa première victoire pour lancer sa saison

Top 14 - Perpignan, actuel dernier du championnat avec 3 points, cherche sa première victoire pour lancer sa saisonIcon Sport

Avec le certains recul que vous avez eu, comment expliquez-vous le début de saison de l’Usap ?

Je me doutais que l’apprentissage de ce Top 14 serait compliqué pour les jeunes, qui sont beaucoup dans l’équipe. Il n’empêche que c’était plus long que ce dont j’imaginais, sans doute car toutes les autres formations se sont incroyablement renforcées et que le niveau est monté encore d’un cran. Ça ne s’est pas joué à grand chose sur certains matchs, ça aurait pu tourner en notre faveur. Mais malheureusement non. J’espère que ce week-end, ce sera la bonne.

" Je suis revenu parce que je sentais que mon histoire avec le club n’était pas finie"

Revenons-en à vous. Pourquoi avoir fait le choix de revenir à Perpignan ?

Je suis revenu parce que je sentais que mon histoire avec le club n’était pas finie, malgré les sept saisons passées et tout ce que j’ai vécu ici (champion de France en 2009, ndlr). Je voulais rendre à l’Usap ce qu’elle m’avait donné. J’ai eu l'opportunité de revenir et en plus j’ai la chance de regoûter au Top 14 avec ce club… Donc voilà, j’avais vraiment à coeur de finir là où j’ai commencé.

C’est une certitude à 32 ans, vous finirez votre carrière ici ?

J’ai fait 33 ans hier (rires). Et oui bien sûr, je ne me vois pas partir du club quoi qu’il arrive. Perpignan, c’est mon club et ça le sera toujours, malgré les bonnes années passées à Leicester, à Grenoble et même au Stade Toulousain.

Barrage Top 14 Pro D2 - David Mélé laisse éclater sa joie après la victoire des grenoblois 47 à 22 contre Oyonnax, synonyme de montée en Top 14

Barrage Top 14 Pro D2 - David Mélé laisse éclater sa joie après la victoire des grenoblois 47 à 22 contre Oyonnax, synonyme de montée en Top 14Icon Sport

Quel regard portez-vous sur votre carrière ?

Je ne me suis jamais imposé en grand titulaire d’une équipe. Mais c’est peut-être ce côté-là qui m’allait, ce côté un peu joker, de rentrer en cours de match en 9 ou en 10. Je suis très fier de mon parcours : les sept années à Perpignan, les deux saisons en Angleterre, celle du Stade Toulousain qui a été plus frustrante en terme de temps de jeu mais où, à côté, j’ai rencontré des amis. Et enfin ces deux ans à Grenoble où on termine en apothéose. Je suis fier de ma carrière, même si elle n’est pas tout à fait terminée. J’espère qu’elle finira encore plus en beauté avec l’Usap.

" J’ai changé de rôle. Maintenant, je suis dans les vieux cons"

Ce désir de revenir à l’Usap trotte-t-il dans votre tête depuis un moment ?

Pas forcément pour être honnête. Quand j’étais à Leicester, j’avais resigné un long bail de trois ans. Je me voyais finir en Angleterre, mais ça ne s’est pas fait car j’avais finalement besoin de rentrer en France. Cette option du Stade Toulousain était difficile à refuser. À ce moment-là, je ne pensais pas forcément à mon retour à Perpignan. Mais après, en avançant et en prenant de l’âge, je me suis posé la question. J’en ai parlé à Patrick (Arlettaz), il m’avait répondu que le recrutement à ce poste était déjà bouclé. Je m’étais fait à l’idée de rester au FCG, mais il m’a rappelé deux semaines plus tard pour me dire qu’ils allaient faire quelque chose. Je n’ai pas réfléchi. J’étais très bien à Grenoble, c’était une décision difficile, mais pouvoir finir là où j’ai commencé, retrouver ma famille et mes amis d’enfance… je n’avais pas de raison de dire non à Perpignan.

En cinq ans, beaucoup de choses ont changé à l’Usap…

Bien sûr. Tout a changé. J’ai quitté une Usap pas dominatrice mais qui se classe 7ème du Top 14, qui décroche une qualification en H-Cup… Je pars avec ce sentiment du devoir achevé, après maintes participations à la coupe d’Europe, maintes phases finales de championnat, Perpignan était un grand club français. Et je retrouve aujourd’hui un club en reconstruction, qui fait bien les choses avec des jeunes, des joueurs expérimentés et des étrangers qui se fondent parfaitement au collectif, des entraineurs qui essaient d’optimiser tout ça. J’ai l’impression que ça va dans le bon sens.

Et puis personnellement aussi, votre rôle au sein de l’effectif catalan a évolué…

J’ai changé de rôle oui. Maintenant, je suis dans les vieux cons (rires). Je fais partie des joueurs expérimentés, qui ont cette sérénité et cette expérience à apporter pendant les matchs. J’essaie de conseiller les jeunes le plus possible, de leur apporter de ce que tous les Konieck, Goutta, Le Corvec, Olibeau… m’ont apporté quand j’étais jeune.

" On retrouve le grand Stade Toulousain, qui revient avec ses forces, celles que l’on a connues pendant vingt, trente ans"

Vous connaissez bien votre prochain adversaire. Le Stade Toulousain qui vient de réaliser une incroyable performance le week-end dernier contre le Leinster. C’est le retour du grand Toulouse ?

On retrouve le grand Stade Toulousain oui, qui revient avec ses forces, celles que l’on a connues pendant vingt, trente ans. Une équipe n’a pas forcément la meilleure organisation du championnat, mais par contre, un ballon perdu, une pénalité vite jouée… et là, ça va à deux mille à l’heure. Ce sera notre challenge, samedi. Il faut les couper d’entrée, imposer notre jeu et ne pas leur laisser la moindre miette. Mais on sait que ce sera compliqué, surtout après une performance comme celle contre le Leinster. Ils vont être remplis de confiance, à nous de les éteindre un peu.

Match amical - David Mélé (Perpignan) victorieux 21 à 19 contre Toulouse le 9 Août 2018

Match amical - David Mélé (Perpignan) victorieux 21 à 19 contre Toulouse le 9 Août 2018Icon Sport

Cette rencontre semble surtout capitale pour l’avenir du club…

C’est un match capital, même si tout ne va pas se décider ce week-end. Si on le gagne, c’est bien parce que ça va ouvrir les portes à l’Usap, nous donner de l’espoir pour la suite. Et si on le perd, ce sera compliqué mais pas définitif je pense. De toute façon, nous les joueurs, on part dans nos têtes en se disant : "Le Stade Toulousain doit venir perdre à Aimé-Giral".

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