Icon Sport

Clermont : c’est grave docteur ?

Clermont : c’est grave docteur ?

Le 17/09/2019 à 12:10

TOP 14 - Avec deux défaites en quatre matches, sans bonus, le bilan de l’ASM est très moyen et les raisons de s’inquiéter nombreuses. Le bloc redoutable de quatre journées qui arrive pourrait déjà être décisif pour la suite si le vice-champion de France ne réagit pas.

Un bilan comptable négatif

En battant La Rochelle puis Bayonne, l’ASM était très bien partie mais les défaites contre Brive et Pau, sans le moindre bonus défensif, ont noirci considérablement le tableau. On est loin des 18 points récoltés par l’ASM lors des quatre premières journées de la saison 2018-2019. "On s’était dit : on fera un point à l’issue de ces quatre matches rappelait Franck Azéma. Ce bilan est négatif, c’est clair. On est qu’à la 4e journée mais chaque journée compte car chaque point que tu laisses passer, c’est très dur de le récupérer à la fin. Avec la victoire contre Pau on était dans les clous… " Ce 0 sur 10 sur les deux dernières rencontres met l’ASM déjà sous pression.

Le match perdu à Brive, sans faire offense au CAB, pourrait couter cher si les autres écuries y gagnent. Le match remporté à Jean Dauger sauve ce bilan. Est-ce que c’est mieux ailleurs ? Non. Car si le vice-champion de France est 7e avec 8 points, il est devant le Stade toulousain (qui s’est déplacé trois fois ndlr), le Racing 92 et le Castres olympique et compte le même nombre de points que La Rochelle. Mais attention à ne pas se faire décrocher par les autres prétendants comme l’UBB ou Lyon. Ou même par Pau…

L’absence des 10 internationaux n’explique pas tout

C’est la passivité collective qui interpelle car on ne peut pas dire que l’équipe alignée contre Pau n’avait pas fière allure même si le banc est tendre et que sur certains postes comme au talon, cela coince… Certains cadres comme Lapandry, Parra, Grosso ou Falgoux sont revenus et Van Tonder ou Toeava devraient vite les imiter. Des jeunes vont-ils saisir leur chance comme en 2011 ? C’est peut-être le moment. Car oui, il faut intégrer les nouveaux joueurs et les repères collectifs s’en ressentent, oui la préparation a été courte avec cinq semaines de travail après une saison marathon et enfin, oui, il y a 10 joueurs absents capables de faire la différence à tout moment. Mais cela n’explique pas tout.

Sur les dernières années de Coupe du monde, l’ASM s’en était très bien sortie. Avec respectivement 13 et 11 internationaux absents en 2011 et 2015, l’ASM était malgré tout arrivée dans le dernier carré du Top 14. En 2011-2012 Clermont avait signé 7 victoires sur 8 matches pendant le début du Mondial (5 victoires sur les 5 premières journées). En 2015-2016, l’ASM avait aligné 5 victoires et un nul pour 2 défaites (Dont 3 victoires consécutives sur les 3 premières journées). Clermont avait terminé deuxième et première de ces phases régulières malgré une cascade de blessure à l’automne de la saison 2015-2016.

L’apport des nouveaux en question

Si Jake McIntyre réalise un début de championnat plutôt probant avec quatre titularisations et une bonne influence sur le jeu, ce n’est le cas des autres recrues et des jokers Coupe du monde. Mike Tadjer n’a joué que 32 minutes à Bayonne. C’est maigre. George Merrick, après deux entrées contre La Rochelle et Bayonne, a fait sa première titularisation à Brive avant une nouvelle apparition contre Pau où il a pris un carton jaune qui coute cher à son équipe. Pour les jokers Coupe du monde, il y a encore plus de réserve. Rudy Paige a montré sa technique et sa vitesse contre La Rochelle mais est sorti KO contre Bayonne. Faifili Levave est solide à l’impact mais après ? Lui aussi a pris un carton jaune à Brive.

Enfin, le trois-quarts "JJ" Engelbrecht n’a pas encore joué la moindre minute et le pilier Duane Aholelei, dernier arrivé en Auvergne, a joué trente minutes à Bayonne et été malmené pour sa première titularisation à Brive. A un certain moment, les titulaires en puissance devront souffler. Ces renforts sont là pour ça. Ils devront vite ce mettre au niveau eux aussi.

Une équipe à la recherche de solutions collectives

Avec ses individualités, cette équipe peut gagner même sans briller mais Clermont n’y est pas dans son jeu. Et quand ces meilleurs éléments font des cadeaux à l’adversaire, c’est mission impossible. "Est-ce que c’est de la nonchalance ? Un manque de concentration ? De la fatigue ? Je n’en sais rien avouait Franck Azéma. On est qu’à quatre journées donc je ne vais pas dire qu’on est usé et qu’on est fatigué. Bien sûr que cela pèse de jouer le dimanche puis le samedi mais bon on ne va pas se cacher derrière ça. Le sujet c’est comment trouver des solutions ? On a des bons joueurs, ils sont là mais par contre sur notre collectif on a besoin d’être plus concerné et plus réactif dans nos enchaînements."

Après avoir analysé ces entames ratées contre Bayonne et Brive, les Asémistes n’ont toujours pas trouvé la solution avec cet essai palois encaissé à la 5e minute… "On voulait faire une grosse entame, on l’avait évoqué tout au long de la semaine mais ça n’a pas été ça confiait Alexandre Lapandry. Au contraire. Je ne sais pas si c’est un problème de concentration… peut-être. On laisse trop de points facilement… Quand tu es dans ton camp tu es sous pression et c’est compliqué d’imposer ton jeu. Faut passer à autre chose mais c’est rageant."

Les Clermontois sont à l’entraînement cette semaine et cela a dû chauffer. "On n’a pas été capable de trouver les solutions rappelait Franck Azéma. A nous de les trouver. On va profiter de ce weekend sans match pour réfléchir à ça, panser les plaies et se préparer mentalement pour le prochain bloc de quatre journées. Ce n’est pas se remettre au travail car cela travaille mais être vrai dans nos relations, trouver les clés en étant le plus collectif possible pour essayer d’aller chercher des points partout. "

Sous pression avant un bloc de matches XXL

Le défi est immense pour les Jaunards. S’il y a peut-être un coup à faire au Stade français, l’ASM va recevoir un Montpellier qui reste sur 5 victoires au Michelin depuis cinq saisons. Après il y aura un voyage à Bordeaux qui marche sur l’eau en ce moment. Enfin, il faudra recevoir le LOU, leader avec l’UBB. Le menu est copieux. "On a un peu de repos car après on a un bloc de quatre matches qui va être costaud confirmait Lapandry. On sait à quoi s’en tenir. Il va falloir monter de niveau pour prendre des points. "

A la fin de ce bloc décisif, il faudra voir si le retard est dommageable dans la course aux six premières places qui permettent de joueur le titre. Après ces quatre journées, il y aura deux weekends sans match, le déplacement à Toulouse et le début de la Champions Cup. Avec le retour des Mondialistes, l’ASM peut aussi démarrer une nouvelle saison. Mais pour le moment, c’est ce groupe de joueurs actuel qui a les clés pour réagir.

Pariez sur le Rugby avec Winamax
1
N
2
Jouer comporte des risques : endettement, isolement, dépendance. Pour être aidé, appelez le 0974751313
Contenus sponsorisés
0
0