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Tolofua : "Ramener Toulon au rang où il doit être"

Tolofua : "Ramener Toulon au rang où il doit être"
Par Rugbyrama

Le 05/08/2019 à 18:29

TOP 14 - Après deux saisons en Angleterre, aux Saracens, Christopher Tolofua a fait son retour en France, du côté de Toulon. Le talonneur qui compte 8 sélections avec les Bleus compte bien s’y relancer et contribuer au retour au premier plan du RCT, dans le but aussi de retrouver le XV de France.

Rugbyrama : Comment se passe ce retour en France ? C'était vraiment une volonté familiale ?

Christopher Tolofua : Ça nous fait du bien de revenir, de nous réadapter à la vie française. C'était un court passage mais c'était vraiment une super expérience, notamment culturelle. On avait envie de revenir en France car on savait qu'on ne resterait pas éternellement en Angleterre. Et mon choix s'est porté sur Toulon, plus qu'un autre club, car plusieurs choses ont fait pencher la balance lors de mon premier rendez-vous avec Patrice Collazo et Mourad Boudjellal. Concernant leur projet notamment, avec la construction du nouveau centre d'entraînement par exemple. Cela correspondait à mes attentes, aller dans un club où on développe un projet en commun.

Quel bilan tirez-vous, sur le plan sportif, de votre passage aux Saracens ?

C.T. : Il est positif malgré la blessure et le manque de temps de jeu. Car que ce soit dans les entraînements, les mises en situation, la vie de groupe, sur le terrain ou en dehors, il existe des disparités entre le Top 14 et la Premiership. Il n'y a pas un championnat meilleur que l'autre mais il y a vraiment des disparités qui font que notre championnat est plus riche dans certains domaines et moins dans d'autres. Je pense par exemple au jeu au pied en Angleterre. Il y a plus de contests sur les ballons hauts qu'en Top 14, avec plus de courses à haute intensité. Les "9" ont beaucoup plus de précision sur leur jeu au pied et il y a plus de montés connectées des équipes. Notamment chez les Saracens.

Et sur votre poste de talonneur, quelles sont les différences ?

C.T. : En France, on a plutôt tendance à avoir des talonneurs forts en mêlée, propres sur les phases de conquête et en général assez disponibles dans le jeu aussi. En Angleterre, j'ai pu rencontrer des joueurs qui « taffaient » beaucoup autour des rucks, qui étaient beaucoup sur les ballons en première intention. Moi, je dirais que je suis un talonneur plutôt explosif, assez porté sur les prises de balle en pleine vitesse et assez proche des rucks en général. Un talonneur dynamique qui aime participer au jeu.

Match amical - Christopher Tolofua (Toulon) contre Bordeaux

Match amical - Christopher Tolofua (Toulon) contre BordeauxIcon Sport

Vous avez évoqué votre blessure aux cervicales, survenue en janvier 2018. On avait parlé d'une possible fin de carrière. Est-ce que tout cela est définitivement oublié ?

C.T. : Je pense qu'il y a eu un manque de communication autour de cette blessure car j'ai entendu pas mal de choses, comme quoi j'étais fini, que le rugby c'était fini. C'était une phase un peu difficile. J'avais cette option de me faire opérer et cela m'a permis de retrouver la sécurité que j'attendais et le regain de force suite à la névralgie. Ça a été tout un programme pour revenir en forme et être en sécurité sur le terrain pour pouvoir performer à haut niveau. Mais j'étais déjà à 100 % lors de ma fin de saison avec les Saracens, j'avais repris tous les contacts. Donc tout va bien.

Vous êtes international français, cela rajoute-t-il de la pression à ce retour ?

C.T. : Je ne sais pas si mon retour est attendu, ce n'est pas quelque chose qui m'importe. Je veux surtout faire connaissance avec le groupe de cette année et vraiment faire quelque chose. Car on a un groupe extraordinaire, avec des talents de toute part. Il faut que l'on connecte tout cela et que la mayonnaise prenne.

" On peut sentir de la frustration. Il faut tirer cette équipe vers le haut. "

Quel regard portez-vous sur cette pré-saison avec le RCT ?

C.T. : Je porte un regard plutôt positif. On est en train de développer quelque chose, une image de performance à haute intensité, très axée sur le surpassement de soi, l'esprit d'équipe et la ferveur toulonnaise. On est un bon groupe, jeune, et il faut vraiment tirer cette équipe vers le haut pour essayer de ne pas revivre la saison passée. On peut sentir de la frustration. J'ai eu un retour de joueurs qui m'ont fait comprendre ce qui avait marché, ce qui n'avait pas fonctionné. Aujourd'hui, je prends mes marques et j’essaie de m'installer dans ce groupe élargi.

Vous évoquiez également le rajeunissement de l'effectif. Vous avez 24 ans donc vous représentez ce que recherche le club : des joueurs jeunes, à fort potentiel !

C.T. : J'ai la chance d'être dans cette période de ma carrière où je n'ai pas encore développé toutes mes compétences pour tirer l'équipe vers le haut. Mais en même temps, je fais partie de ces joueurs avec un peu d'expérience en Top 14. Les coaches m'ont accordé leur confiance en me faisant signer à Toulon. Je vais donc donner le maximum pour aider le plus possible le groupe.

Quelles sont les attentes de Patrice Collazo vis-à-vis de vous ?

C.T. : Il a été assez franc, comme toujours. Il m'a fait comprendre qu'il avait suivi mon parcours depuis Toulouse, qu'il m'avait vu évoluer en Angleterre et avait vu une progression sur le plan physique et du jeu au poste. En plus, mon profil l'intéressait. Aujourd'hui le staff est dans cette dynamique d'avoir des joueurs qui véhiculent une image positive dans le groupe. Donc je pense que les discussions que j'ai eu avec Patrice sont cohérentes.

Le fait de travailler avec lui a-t-il motivé votre choix ?

C.T. : J'ai vu l'évolution de La Rochelle, ce qu'il a pu faire sur les cinq dernières années m'a plu. Tout comme sa vision du rugby qui doit être de contact mais aussi de jeu. Cela m'a permis de m'exprimer sur les plans de jeu de Toulon et je me suis trouvé très rapidement dans leur vision des phases de jeu. Cela correspond vraiment à ce que j'attendais des coaches.

" Le but ultime serait de retrouver l’équipe de France ! "

Mourad Boudjellal a fait savoir que les ambitions du club étaient d'atteindre la finale de Challenge Européen et la demi-finale de Top 14. Qu’en pensez-vous ?

C.T. : Une saison de Top 14 est longue, elle est faite de hauts et de bas. Mais aujourd'hui on a des ambitions affichées avec un projet concret. Il faut aller taper dans des ambitions hautes pour pouvoir être dans le vrai. Je ne suis pas surpris de ce que dit le président. Il faut vraiment se préparer à faire une belle saison et afficher nos ambitions tout de suite.

Toulon peut-il redevenir un top club européen ?

C.T. : Bien sûr, le but ultime est de ramener Toulon au rang où il doit être. On va faire tout ce qui est en notre pouvoir pour répondre aux attentes des coaches et aux objectifs fixés.

D'un point de vue plus personnel, quels sont vos objectifs ?

C.T. : Comme tout joueur de haut niveau, j'aspire à être le numéro un dans mon club et essayer de l'être aussi en France. Le but ultime serait de retrouver l'équipe de France ! Comme tout joueur qui a été international, quand on goûte à ce niveau, on essaie de pouvoir le retoucher au maximum. Mon passage en Angleterre m'a permis de me développer et d'avoir un peu de recul sur ma carrière.

Comment vivez-vous le fait de prendre la succession de Guilhem Guirado ?

C.T. : Quand je suis arrivé en Top 14 (à Toulouse, ndlr), je suis passé après William Servat, qui est aussi une des montagnes du rugby français. C'est sûr que c'est dur de passer derrière ce genre de joueurs qui marquent les clubs et le rugby français. Je ne sais pas si j'arriverais à la cheville de Guilhem Guirado, peut-être, peut-être pas, mais c'est un honneur de remplacer ce genre de joueurs. Après, ce n'est pas comme s'il arrêtait sa carrière, il a signé dans un autre club de Top 14…

Thibault Sarrazin

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