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Urios, bienvenue à la (future) maison

Urios, bienvenue à la (future) maison
Par Vincent Bissonnet via Midi Olympique

Le 11/04/2019 à 19:00Mis à jour Le 12/04/2019 à 08:50

TOP 14 - Le castres olympique se déplace, ce samedi, sur la pelouse de Bordeaux-Bègles pour une rencontre décisive dans la course qualificative. Christophe Urios va affronter son futur club. une situation déjà connue dans le passé, qui interpelle toujours mais qui ne semble pas traumatiser les principaux intéressés.

Aux dernières nouvelles, Christophe Urios ira bien prendre place sur le banc visiteur du stade Chaban-Delmas, ce samedi, pour tenter de mener à la victoire son actuelle équipe, Castres, face à son futur club, Bordeaux-Bègles. La précision peut prêter à sourire. Et pourtant, dans un passé pas si lointain, cette situation avait abouti à la mise à l’écart de tout un encadrement. Souvenez-vous, avril 2012 : avant un affrontement à couteaux tirés entre Agen et Bayonne, en bataille pour le maintien, le club lot-et-garonnais avait annoncé la décision radicale au travers d’un communiqué. Extraits choisis : "Confronté à une situation exceptionnelle […], la direction générale du SUALG, en plein accord avec ses entraîneurs Christian Lanta, Christophe Deylaud et son préparateur physique Alexis Dejardin, a décidé ce jour de décharger provisoirement les trois hommes de leurs missions respectives du lundi 30 avril 2012 au samedi 5 mai 2012 inclus."

Sept ans après, Christian Lanta, désormais manager à l’Usap, sourit encore de cette aberration. à l’origine d’une décision présidentielle, dans les faits : "Il n’y a que des observateurs ou des présidents mal pensants qui peuvent douter de l’implication d’un entraîneur. Je me dis que je ne fais pas partie du même monde que ceux qui pensent ça. Et que je ne partage pas les mêmes valeurs. Après, je ne veux pas ressasser ce qui s’était passé à Agen. C’était avant tout une histoire de divergences entre hommes."

Laurent Labit et Laurent Travers, entraîneurs du Racing

Laurent Labit et Laurent Travers, entraîneurs du RacingIcon Sport

Aux yeux de l’expérimenté technicien, le doute n’est pas permis, même face à un possible conflit d’intérêts entre la réalité du moment et les enjeux de demain : "Dans la vie politique ou professionnelle, il peut y avoir des trahisons. Mais dans le sport, ça n’a pas sa place, à mon avis. Vous savez, les entraîneurs comme les joueurs sont portés par leur orgueil. C’est une psychologie particulière. Quoi qu’il arrive, vous voulez montrer que vous êtes bons et prouver votre valeur. Dans ce cas, il s’agit de montrer au club qui vous recrute qu’il ne s’est pas trompé et de pouvoir partir de là où vous êtes le cul propre et la tête haute. Il n’y a que les gens qui ne connaissent pas la réalité de notre milieu qui ne le comprennent pas. " Et le Catalan de rappeler ce point élémentaire : "Par définition, un entraîneur est un homme de challenge et veut gagner, coûte que coûte."

" Labit : Les commérages et tout ça, ça pollue… "

En 2013, Laurent Labit s’était retrouvé dans la posture actuelle de Christophe Urios. L’entraîneur des trois-quarts s’en souvient bien : "Nous avions joué le dernier match de la phase régulière à Colombes contre le Racing avec Castres. C’était un match super important. Il nous fallait absolument un point pour être sûr de jouer un barrage à domicile. Et nous savions déjà que nous serions au Racing la saison suivante. Résultat, on a réussi à prendre un point de bonus défensif, ce qui nous a permis de terminer devant le Racing. Du coup, les Racingmen ont joué leur barrage à Toulouse alors que nous avions eu la chance de recevoir Montpellier."

Et alors ? "Franchement, l’avant-match ne m’avait pas semblé difficile à gérer. Pour nous, l’objectif, c’était de partir en laissant une belle image. Et ça s’est bien passé." Avec un titre de champion de France à l’arrivée. Quelle plus belle preuve d’engagement ? Le Racingman le sait pour l’avoir traversée : cette période reste délicate à gérer, vis-à-vis de l’extérieur.

Top 14 - Castres contre La Rochelle

Top 14 - Castres contre La RochelleIcon Sport

"Je pense à Kiki Laussucq qui peut éventuellement se retrouver dans une position difficile s’il se retrouve à jouer en fin de saison un match de montée avec Mont-de-Marsan contre Agen. Je ne suis pas inquiet pour lui car c’est un mec intègre. Mais le regard des gens, les commentaires, les commérages et tout ça, ça va le polluer pendant trois semaines. Et même plus…" Le cas de figure se pose dès ce samedi pour son successeur dans le Tarn. Mais Laurent Labit en est aussi convaincu : Christophe Urios va débarquer à Chaban-Delmas sans arrière-pensée : "Avec son caractère et son honnêteté, je n’ai aucun doute et je ne me pose aucune question. S’il peut partir avec un nouveau titre, il ne va pas s’en priver. Même si, pour cela, il doit sortir Bordeaux des six premières places."

" Urios : Dans ma tête, les choses sont limpides "

Pour l’intéressé, le sujet ne s’avère pas être un tabou, en tout cas. Ce mercredi, il nous en parlait librement. La preuve de sa tranquillité d’esprit : "Oui, j’ai signé à Bordeaux et nous affrontons Bordeaux ce week-end. Mais franchement, je ne m’occupe pas de cela. Ce n’est pas ma façon de penser. Je suis très concentré. Comme je l’ai dit à mon président (Pierre-Yves Revol, N.D.L.R.), il sait qu’il peut compter sur moi jusqu’à la fin de la saison. Je suis dans la compétition, ici et maintenant." Le technicien parle en connaissance de cause :

"J’ai déjà vécu cette situation. Elle était bien pire même puisque Castres était en très mauvaise posture au moment de se déplacer à Oyonnax. Mais à l’époque, j’avais dit que nous devions battre Castres, peu importe le contexte. Et c’est ce que nous avons fait. Que l’UBB se qualifie ou non cette année, cela m’est égal : si elle ne se qualifie pas, cela fera un objectif pour l’année prochaine, et si elle y parvient, l’objectif sera de le rééditer. Je suis extrêmement clair : je suis très heureux d’avoir signé à Bordeaux, je suis très content de ce choix mais c’est dans trois mois."

Le seul dilemme porte sur l’aménagement de l’emploi du temps entre la préparation des matchs et la projection sur le prochain challenge. Christian Lanta se souvient de cette transition d’équilibriste : "ça appartient à chacun. Moi, je scindais complètement les deux. Je me réservais des plages de temps pour le futur club, afin de ne pas générer de la confusion et de pouvoir bien avancer. On nous reproche assez, nous les hommes, de ne pas savoir faire deux choses en même temps…"Christophe Urios l’a prouvé, depuis début janvier : son implication sur le projet bordelais, entre la fin du recrutement et la constitution de son staff, n’a pas nui au rendement des champions de France : "Certes, je prépare tout pour que Bordeaux-Bègles soit performant dès le début de la saison prochaine mais, dans ma tête, les choses sont limpides : pour l’heure, je veux gagner avec Castres." Supporters du CO, soyez donc rassurés.

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