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Pontneau : "Nous ne tolérerons plus le moindre écart"

Pontneau : "Nous ne tolérerons plus le moindre écart"

Le 25/06/2019 à 11:10Mis à jour Le 25/06/2019 à 22:14

TOP 14 - Tant sur le terrain que hors de celui-ci, la Section Paloise a connu une saison très compliquée. Pour Bernard Pontneau, c’est même la plus difficile en treize ans de présidence. Il revient sans détour sur les motifs de cette année médiocre, sur ses états d’âme et sur sa séparation avec Simon Mannix. Bien que quelque chose se soit brisée en lui, il veut tourner la page.

Rugbyrama : Quel bilan tirez-vous de la saison écoulée ?

Bernard Pontneau : On ne va pas se mentir, c’est une saison très décevante, pénible à vivre. Jusqu’à présent on progressait chaque année, et là, nous avons connu un énorme coup d’arrêt. Nous allons essayer d’en analyser les raisons. Parmi celles-ci, je pense que nous avons subi un gros choc de ne pas être en barrage l’année d’avant. Cette frustration n’a pas été évacuée. Alors qu’on pensait pouvoir rebondir, nous avons perdu à domicile contre Clermont (ndlr : 23-27) dès la 4e journée du championnat, en raison d’une mauvaise gestion de fin du match.

Après, nous sommes rentrés dans une spirale négative, on n’y était plus. On a joué petit bras et nombre de blessures nous ont pénalisés. Comme nous ne possédons pas un banc pléthorique, forcement quand l’équipe est entamée, nous sommes moins bons, d’autant que certaines recrues ont déçu. On s’est planté sur deux ou trois cas et on l’a payé cash. Nous n’avons pas droit à l’erreur dans ce domaine.

Les turbulences hors du terrain ont-elles compliqué les choses ?

B. P. : Sans aucun doute ! Ces turbulences hors du terrain furent très mal vécues et ont eu un impact. Ce n’est pas possible dans le sport de haut niveau d’accepter des comportements indignes de nos valeurs et du statut de sportif de haut niveau. Un match se prépare, sur et hors du terrain, 24h sur 24. Ces dérives nous ont déstabilisés, moi, le staff et les partenaires. Des mecs se font mal pour que le club avance pendant que d’autres ont lâché l’affaire. De plus, il y a eu des déstabilisations extérieures permanentes, néfastes et nauséabondes, avec des joueurs malléables.

Ces comportements auront des conséquences sur l’année prochaine. Il nous faut retrouver des valeurs de famille qui étaient les nôtres. À l’avenir, nous ne tolérerons plus le moindre écart. Le comportement extérieur des joueurs sera très regardé. Pour ceux qui n’auront pas une attitude exemplaire ou qui s’écarteront de nos valeurs, il y aura des sanctions et le portail vers la sortie restera ouvert !

Top 14 - Simon Mannix (Pau)

Top 14 - Simon Mannix (Pau)Icon Sport

En seize ans de présidence est-ce la saison la plus difficile à vivre ?

B. P. : Oui ! Des saisons difficiles j’en ai déjà connues, mais là c’est le pompon. J’ai même songé à tout arrêter ! Des choses m’ont profondément dégoûté, j’ai perdu quelque chose de moi cette saison. J’ai partagé ces moments de doute avec mes proches et mon épouse qui m’ont aidé à remonter la pente. Toutefois, ma capacité à regarder certains n’est désormais plus la même. Sur le plan sportif les ingrédients collectifs n’y étaient pas notamment à La Rochelle et à Toulouse. Je veux d’ailleurs oublier ces matchs. Nous étions en grande souffrance, sans stratégie, sans rien…

Après avoir longuement soutenu Simon Mannix, vous avez choisi de vous séparer de lui. Qu’est ce qui a fait basculer les choses ?

B. P. : J’ai toujours soutenu Simon et je le soutiens encore dans le projet de jeu. Nous avons mis beaucoup de choses en place, à Pau, grâce à lui. En revanche, je pense que le groupe ne répondait plus à ses messages, ni à sa méthodologie. Il était arrivé au bout d’un cycle. Il lui restait un an de contrat, donc à quelque chose près, il aurait pu achever son travail. Je pense que lui aussi a été trahi par une partie de son staff, qui d’ailleurs n’est plus là. La saison prochaine le club n’aura pas de manager général.

Top 14 - Nicolas Godignon (Pau)

Top 14 - Nicolas Godignon (Pau)Icon Sport

Nous ferons confiance aux deux entraîneurs que sont Nicolas Godignon et Frédéric Manca. La réorganisation de la Section Paloise se fera autour d’eux. D’autre part, Conrad Smith endossera davantage de responsabilités dans la transversalité et dans le quotidien du club. Il sera le garant de la mise en place des valeurs avec les coachs et avec moi. Il coordonnera différentes actions ainsi que le recrutement. Pour sa part, Thomas Domingo interviendra auprès de l’équipe pro par des ateliers spécifiques d’avants.

Comment se portent les finances de la Section ?

B. P. : Si les finances se portaient bien jusqu’à l’an dernier, grâce notamment à nos résultats, on ne peut pas en dire autant cette année. Comme d’autres clubs de notre calibre, nous avons connu une saison difficile et, dans un tel cas, ce n’est pas la fête sur le plan financier. Nous connaissons des difficultés puisque nous avons un résultat négatif de 900 000 euros. Une partie de cette somme est due à une claque sur la billetterie et le reste s’explique par l’obligation de nous séparer de certaines personnes. Cela nous a coûté de l’argent. Ça fait partie de la vie d’un club. Nous avions des économies de côté, elles vont servir à passer ces jours de vaches maigres !

La Section a-t-elle bouclé son recrutement ?

B. P. : Officiellement oui ! Neuf joueurs nous rejoindront à l’intersaison ou après la Coupe du Monde : Waqaniburotu, Marchois, Fis’Ihoi, Whitelock, Boughanmi, Pointud, Marquès, Dumoulin et Ben Smith. Nous nous laissons encore une porte entrouverte pour attirer un deuxième ligne polyvalent qui pourrait aussi évoluer en troisième ligne. En revanche, plus aucun recrutement ne se fera au niveau des trois-quarts. Les joueurs reprendront l’entraînement le 1er juillet dans un centre Macron agrandi et modernisé.

Dominiko Waqaniburotu (Brive)

Dominiko Waqaniburotu (Brive)Icon Sport

Un stage à la Teste-de-Buch ponctuera notre préparation du 21 au 26 juillet. Nous jouerons trois matchs amicaux contre Mont-de-Marsan à Ger le 27 juillet, face à Bayonne à Jean-Dauger le 9 août et contre le Racing, à Tarbes, le 16 août. Quant au championnat, il reprendra le 24 août. Ce serait bien de jouer le premier match à l’extérieur, mais ça, c’est la ligue qui en décide ! Côté objectif avec la saison qu’on vient de vivre on va rester modeste. Aussi, nous visons tout simplement mieux que cette année.

Allez-vous, vous accorder des vacances ?

B. P. : J’ai encore beaucoup à faire d’ici fin juin, mais dès que les joueurs auront effectué leur rentrée, je pourrai songer à me détendre. Je partirai me reposer avec mon épouse loin du Béarn. Nous irons en Nouvelle-Calédonie avec des jeunes que nous amènerons avec nous pour participer à un tournoi de rugby à 7.

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