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XV de France - Bernard Laporte : "On ne peut pas dire que le rugby est le sport le plus dangereux"

Laporte : "On ne peut pas dire que le rugby est le sport le plus dangereux"

Le 15/01/2019 à 17:09Mis à jour Le 15/01/2019 à 17:12

XV DE FRANCE - Alors que le concept "bien joué" a été lancé en début de saison pour perfectionner la formation des jeunes joueurs tout en les protégeant davantage, Bernard Laporte martèle que le rugby est loin d’être le sport le plus dangereux. Pour le président de la FFR, le risque zéro n’existe pas.

Rugbyrama : De plus en plus de personnes estiment que le rugby est devenu un sport dangereux. Quelles sont les mesures à prendre, la bonne communication à trouver ?

Bernard Laporte : Un accident, c’est toujours un accident de trop. Mais quand on regarde les statistiques, on se rend compte que le rugby est deux fois moins dangereux aujourd’hui qu’il y a dix ans. On sait aussi que la communication va beaucoup plus vite mais que l’on doit toujours chercher à améliorer la sécurité des joueurs. Mais on s’est aperçu que ce n’est pas un problème franco-français. Après, nous avons le souci de faire évoluer la règle avec World Rugby. Il y a notamment le plaquage à deux que l’on veut interdire, la volonté de baisser la zone de plaquages au niveau de la taille qui permettrait de fluidifier le jeu.

Le grand public ne doit-il pas également accepter que le rugby n’est pas une discipline sans risque ?

B.L : Il n’y a aucun sport sans risque, cela n’existe pas. On ne peut pas dire que le rugby est le sport le plus dangereux, loin de là. Les statistiques montrent qu’il y a beaucoup plus d’accidents dans d’autres sports.

" Les catégories par poids ne sont pas transposables en France"

Certains ont évoqué des catégories de poids chez les jeunes joueurs (comme en Nouvelle-Zélande, ndlr) pour diminuer les risques. C’est une piste à étudier ?

B.L : Ce sont des idées qui ne sont pas réelles. Quand je suis allé en Nouvelle-Zélande, j’ai bien vu comment cela se passait. Ils sont 200 à l’école à jouer au rugby. Il est plus facile à partir de là de dire "un tel va jouer dans cette catégorie, celui-là dans une autre". Mais quand vous êtes à l’entraînement à Gaillac ou à Sarlat et que vous avez 12 gamins, comment voulez-vous faire ? Ce n’est pas possible. Ce système n’est pas transposable en France, ce n’est pas vrai. Mais chez les jeunes, il n’y a pas de problème. Les véritables accidents sont au niveau des Séniors.

Quels sont les retours que vous avez au niveau des éducateurs concernant "bien joué" ?

B.L : Au départ, ce n’était pas facile. C’était mal perçu. Il a fallu aller sur le terrain pour expliquer. Les éducateurs pensaient qu’on voulait interdire le plaquage. Il n’est pas question de bannir les plaquages pendant une séance d’entraînement. On veut qu’il y ait un maximum de jeunes joueurs épanouis et ne pas nécessairement regarder le gamin le plus costaud prendre le ballon et défoncer tout le monde pour marquer l’essai. Aujourd’hui, les éducateurs me disent que les gamins prennent un plaisir réel tout en continuant à plaquer à la fin de l’entraînement. "Bien joué" est avant tout un souci de formation dans la mesure où il y a très peu d’incidents au niveau des jeunes.

" Notre fierté, avec le concept "bien joué", ce serait de sortir de très grands joueurs"

A long terme, cette pratique doit-elle aussi bénéficier à l’équipe de France ?

B.L : Le contenu de la formation vise à former le maximum de jeunes joueurs sur tout le territoire avec des cadres techniques de club qui ont un rôle essentiel de former les éducateurs pour transmettre la meilleure des formations aux gamins. Cela prend une dizaine d’années, c’est une évidence. Mais notre fierté, ce serait que tous les gamins passent par la même formation pour sortir au final de très grands joueurs. Aujourd’hui, si notre équipe de France est en difficulté, pas depuis deux ans, on peut se dire qu’il y a effectivement l’arrivée massive de joueurs étrangers mais il y a aussi un problème de formation. Les lacunes des joueurs professionnels que j’ai pu observer quand j’étais entraîneur étaient sans doute à un déficit de formation à un certain moment.

Les résultats de l’équipe de France ne seront-ils pas déterminants en cette année de Coupe du monde pour effacer ce climat anxiogène qui pèse sur le rugby français ?

B.L : C’est vrai que pour le moment, on parle très peu de l’équipe de France. On parle très peu des joueurs de l’équipe de France parce que notre équipe est dans la difficulté. Elle gagne peu depuis un certain nombre d’années. Effectivement, on parle de tout ce qu’il y a à côté mais pas du jeu. Je voudrais que le sportif reprenne l’ascendant, qu’on gagne des matches, qu’on parle de nos joueurs. Ce n’est pas pour oublier le reste qu’on a toujours pris en considération mais aujourd’hui malheureusement, on ne parle que de ça.

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