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Goutta : "Cela donne des frissons, c’est une adrénaline supplémentaire"

Goutta : "Cela donne des frissons, c’est une adrénaline supplémentaire"

Le 13/06/2019 à 10:40Mis à jour Le 13/06/2019 à 10:58

TOP 14 - Après une première saison compliquée dans le staff de l’ASM, l’entraîneur des avants clermontois vit ces phases finales avec beaucoup de passion. Bernard Goutta retrouve cette ferveur populaire comme au temps de ses années usapistes.

Rugbyrama : Pour vous, le Stade toulousain, leader de la phase régulière du championnat est-il favori ?

Bernard Goutta : Non, il n’y a pas de favori. Il y a juste de l’expérience et de notre côté nous avons déjà une belle expérience. Celles de phases finales du Challenge européen où nous avons vraiment maîtrisé ces rencontres face à Northampton, aux Harlequins et La Rochelle. Nous avons eu l’emprise sur ces matches, sur l’environnement, sur l’adversaire et l’arbitrage. C’est un très bon "ReTex", un retour d’expérience. Et il y a celle de 2017. Il est important de ne s’occuper que de nous en soignant tous les détails pour préparer cette finale, avec beaucoup de confiance et de détermination.

Vous avez affronté le Stade toulousain en tant que joueur à plusieurs reprises en phase finale. Le Stade revient au premier plan. C’est un renouveau ?

B.G. : Exactement. Ils ont retrouvé leurs bases avec un pack conquérant et une grosse défense. Et je ne mettrais leur jeu qu’en troisième position, avec beaucoup de vitesse et des joueurs qui jouent très bien les duels. Mais ce n’est pas que du jeu d’évitement. Ils sont aussi dans un jeu direct et c’est là qu’il faut bien cibler cette équipe et analyser comment elle fonctionne.

Qu’est-ce que vous retenez des deux matches de phase régulière : ce match nul au Michelin à l’aller (20-20) et cette défaite au Stadium au retour (47-44) ?

B.G. : À l’aller, il y avait 20 à 3 pour nous, il n’y avait pas photo, on était bien rentré dans le match. Ensuite, comme cela a été le cas cette saison plusieurs fois, il y a eu un trou d’air. Les Toulousains en ont profité et ils sont revenus. Nous avons la balle de match dans le "money time" et au contraire, nous prenons un contre et Toulouse décroche un nul sur sa valeur, avec une belle performance en défense. Sur le match retour, je retiens le gros match de nos jeunes. Ils ont manqué aussi d’un peu d’expérience dans la fin de match pour garder le score. On a mis un essai avec Penaud très bien construit. Là-bas, malgré leur défense, nous avons réussi à marquer 44 points et on en a pris 47, c’est ça le problème. Ce n’est pas possible. Mais ce match va nous servir pour cette finale.

Face à une troisième ligne complète et pénible ?

B.G. : Comme la nôtre (rires). Bien sûr, le secteur des rucks sera déterminant comme les autres domaines mais il est évident que si nous voulons mettre de la vitesse dans notre jeu et essayer de déstabiliser cette défense, il est primordial que dans les rucks, nous soyons rapides. Au match retour cela était mieux et c’est pour ça que nous avons réussi à mettre notre vitesse de jeu en place.

Votre mêlée est conquérante cette saison, on l’a vu encore contre le LOU. Est-ce que l’absence de Dorian Aldegheri à droite du pack toulousain vous laisse encore plus de marge ?

B.G. : Non, il reste encore des piliers de très haut niveau et on a vu contre La Rochelle que leur première ligne était très efficace. Et pourtant La Rochelle c’est du top niveau avec Atonio, Orioli et Priso. C’est costaud. Nous, nous avons été propres dans ce secteur et il faudra appuyer là-dessus. Mais il faut avoir tous ces secteurs au vert, pas que la mêlée : ta touche, ta défense, tes sorties de camp et tes réceptions de coup d’envoi…

" Je suis un passionné et j’aime faire plaisir à d’autres gens passionnés comme le sont nos supporters. C’est ce qui me plait dans ce métier."

Quand on a entraîné l’US Colomiers plusieurs saisons, qu’est-ce que cela fait d’affronter le grand voisin toulousain sur une finale de Top 14 ?

B.G. : Cela fait plaisir surtout de retrouver le Top 14 après une parenthèse de cinq saisons. Les phases finales, je les ai toujours connues avec Perpignan et en dix ans nous étions souvent dans le dernier carré, ou finaliste et même champion. J’ai cette expérience en tant que joueurs avec trois finales perdues et en tant qu’entraîneur avec une gagnée et une perdue. Ce qui fait plaisir, c’est de retrouver ces ambiances particulières, quand tu te retrouves comme à Bordeaux avec des supporters de l’ASM qui se déplacent en masse. Cela donne des frissons, c’est une adrénaline supplémentaire. C’est ce qui me plait dans ce métier. Je suis un passionné et j’aime faire plaisir à d’autres gens passionnés comme le sont nos supporters.

Bernard Goutta a entraîné Colomiers entre 2012 et 2017.

Bernard Goutta a entraîné Colomiers entre 2012 et 2017.Icon Sport

Vous avez vécu ces phases finales, cette montée à Paris avec le peuple catalan. Samedi, vous vivrez cela avec le peuple auvergnat. À quoi vous attendez-vous ?

B.G. : Cela fait un an et demi que je vois cette passion que génère l’ASM, transmise de génération en génération, dans les familles et je le ressens. Mais là où cela a été énorme, c’est à Bordeaux en demi-finale. C’est la première fois que je vivais des phases finales en dehors du Michelin avec autant de ferveur et de supporters. Les Clermontois sont à chaque fois plus nombreux que les supporters adverses. J’ai eu beaucoup d’émotion à Bordeaux.

Vous êtes venu à l’ASM pour vivre ce genre de saison. Une saison qui est déjà belle mais qui pourrait être magnifique ?

B.G. : En deux ans ici, j’ai tout vécu (rires). L’année dernière a été une expérience très riche. J’ai passé dix-huit années avec que du bonheur et j’en ai connu une sur dix-huit très compliquée. Cela nous sert aujourd’hui et cela nous a servi à aborder cette saison très fort, en retrouvant notre humilité et notre culture. Nous avons encore cette colère. Elle n’est pas partie.

Vous avez gagné le titre avec l’Usap, aux côtés de Jacques Brunel et de Franck Azéma. Retoucher le Brennus avec votre compère catalan, ce serait un joli clin d’œil ?

B.G. : Oui, dix ans après… Bien sûr. Mais nous n’en sommes pas encore là.

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