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Gigashvili : "Avant mes 20 ans, je n'avais jamais regardé un match de rugby"

Gigashvili : "Avant mes 20 ans, je n'avais jamais regardé un match de rugby"

Le 19/11/2019 à 11:58

TOP 14 - Beka Gigashvili (27 ans, 9 sélections) a rejoint le RCT en provenance de Grenoble à l'intersaison. Un rêve d'enfant ? Pas vraiment pour un joueur qui a découvert le rugby à 20 ans et qui voit davantage cette signature comme l'opportunité de se confronter aux meilleurs, en côtoyant quelques légendes du ballon ovale. À commencer par Mamuka Gorgodze.

Rugbyrama : Beka, comment se sont passées vos premières semaines toulonnaises ?

Beka Gigashvili : Après notre élimination du mondial, j'ai eu deux semaines de vacances. J'en ai profité pour passer dix jours en Géorgie. Depuis ? Je découvre Toulon. Et c'est très proche de ce que m'avaient décrit Mamuka (n.d.l.r. Gorgodze), Levan (Chilachava) et Konstantin (Mikautadze). Ils me parlaient d'un club incroyable, et d'une région splendide, avec une mer magnifique... Et même s'il ne fait pas très beau en ce moment, je retrouve ce dont ils me parlaient. Bon, mon quotidien est rythmé par les entraînements et le repos, mais j'ai une première impression très positive.

Le terrain, comment ça se passe ?

B.G. : Je me sens très bien. Que ce soit avec le staff ou les joueurs, j'ai rapidement été mis en confiance. On m'aide beaucoup, et ça évite que je fasse trop d'erreurs. Je suis arrivé en cours de saison, donc je n'avais pas de temps à perdre.

Contre Bayonne, vous avez disputé votre première rencontre.

B.G. : J'avais tellement hâte de mettre ce maillot pour la première fois. Il est chargé d'histoire, et j'étais content de pouvoir démarrer l'aventure. C'était symbolique. En revanche, j'ai tenté de ne pas me poser de question. Le staff m'a donné des consignes, et j'ai essayé de les respecter.

Pourquoi avoir choisi de rejoindre Toulon ?

B.G. : Deux clubs français et un anglais m'avaient contacté ; Toulon s'est manifesté un peu plus tard, mais c'est immédiatement devenu ma priorité. Quand je me suis intéressé au rugby, le RCT était le plus grand club d'Europe, alors forcément... Mamuka, Levan et Konstantin, encore eux, ont porté les couleurs de Toulon, et offert une réputation énorme au club en Géorgie. Donc j'ai naturellement choisi de signer avec le RCT. Pour les trois prochaines saisons.

Et au-delà de sa réputation, que représente le RCT à vos yeux ?

B.G. : Si on m'avait dit, il y a deux ans "Beka, où te vois-tu au meilleur de ta carrière?", je n'aurais jamais répondu Toulon. D'ailleurs je n'aurais même pas osé imaginer qu'un grand club comme le RCT puisse me contacter. Et finalement... J'aimerais dire que c'est une nouvelle aventure, mais ce serait réducteur. Ne pas être pro il y a quatre ans, et jouer aujourd'hui avec des internationaux Néo-Zélandais ou Sud Africains, vous vous rendez compte ? En 2015, quand j'ai rejoint la France, Toulon était champion d'Europe pour la troisième fois consécutive... Même si j'ai travaillé et fait en sorte d'en arriver là, je me sens privilégié.

Justement, racontez-nous votre parcours, aussi atypique que vertigineux...

B.G. : Aussi fou que cela puisse paraître, avant mes 20 ans, je n'avais jamais regardé un match de rugby. Je connaissais, de très loin, mais ça ne m'intéressait absolument pas. Je n'étais jamais allé dans un stade. Alors rêver de devenir pro... jamais ! Moi, je venais de la lutte. Je la pratiquais depuis deux ans. Puis je suis parti à l'armée. Je voulais reprendre la lutte à mon retour. Mais un ami m'a dit "Beka, viens, on fait un entraînement de rugby, ça va te plaire". Je trainais des pieds, et je lui ai dit non. Mais il a longuement insisté. J'ai alors dit "ok, une séance, vraiment parce que c'est toi". À partir de ce moment, le rugby est devenu toute ma vie.

Vous démarrez à 20 ans, donc. Et ensuite ?

B.G. : Six mois après j'ai rejoint le Spartak, un club de Moscou. Puis je suis retourné en Géorgie. Là je me suis dit qu'il fallait peut-être tenter quelque chose en France ; alors je me suis fait un cv vidéo. Et Chambéry m'a contacté. C'était le début de l'aventure... J'ai alors découvert la Fédérale 1, en 2015. Je ne parlais pas un mot de français. Ni d'anglais. J'ai bien un copain qui est arrivé quelques mois plus tard, mais au début, ç'a été rude (sourire). Puis en 2017, j'ai rejoint Grenoble, en ProD2, d'abord, puis en Top14, la saison suivante. Et je suis devenu international en novembre 2018...

Désormais, vous jouez aux côtés de Mamuka Gorgodze, que l'on sait célèbre en Géorgie. Qu'est-ce que cela représente pour vous ?

B.G. : J'en reviens à ma jeunesse, mais avant mes 20 ans même si j'avais déjà entendu ce nom, je n'avais aucune idée de ce qu'il faisait, de qui il était. Quand je me suis intéressé au rugby, j'ai compris. Chez nous, tout le monde respecte énormément Mamuka. Moi, j'ai eu la chance de le rencontrer, en novembre 2018, en marge d'un match en Italie auquel il était venu assister. C'était un moment fort. Désormais, je joue à ses côtés, quel honneur... Puis c'est un bon mec. Il m'aide beaucoup. Je me sens bien avec lui.

Est-ce que cela vous rajoute une pression particulière ?

B.G. : Jouer avec Mamuka ne me met pas de pression. Pas plus que de jouer dans un club comme Toulon. En revanche ça me pousse à être meilleur à chaque match. J'ai envie de montrer qu'on ne s'est pas trompé en faisant appel à moi.

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