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Iturria : "C’est le moment de se bouger !"

Iturria : "C’est le moment de se bouger !"
Par Nicolas Zanardi via Midi Olympique

Le 19/02/2020 à 16:06Mis à jour Le 19/02/2020 à 16:07

TOP 14 - Décisif le week-end dernier à Pau, le deuxième ou troisième ligne international revient petit à petit au meilleur de sa forme, en espérant que son équipe en fera autant samedi face au leader bordelais. Entretien sans fioritures.

Rugbyrama : À Pau, votre équipe a atteint l’objectif comptable qu’elle s’était fixé. Cela a-t-il suffi à votre bonheur, ou y avait-il matière à ergoter quant au contenu ?

Arthur Iturria : Non, clairement, ça ne suffit pas. On s’est d’ailleurs dit ces choses très calmement après le match : à Pau, on n’a pas donné tout ce que nous avions à donner, on n’a pas exploité à plein le potentiel de l’équipe. Cela doit en partie à la prestation des Palois ce jour-là, qui nous ont bien gêné, mais surtout à notre propre investissement. À nous de nous faire un peu plus mal si on veut parvenir à retrouver le volume de jeu qui était le notre ces dernières saisons.

On a le sentiment que ce problème se retrouve souvent lors des rencontres de Top 14 "ordinaires", comme si à force de disputer de grands matchs, votre équipe avait du mal à se sublimer pour le quotidien du championnat….

A.I. : Disons que lorsque les choses se dégradent petit à petit, tu ne les vois pas forcément venir... Et puis tu te retrouves à faire des matchs comme contre Paris ou à Pau, ou tu gagnes quand même mais où tu bouges moins, tu fais moins d’efforts… Ce n’est pas facile à expliquer. Après, il vaut mieux que cela arrive à ce moment de la saison, même si on sait pertinemment que le moindre match va compter si on veut rentrer dans les 6. C’est le moment de se bouger le c…, comme on dit !

À Pau, ce sont deux belles courses de joueurs du pack qui ont provoqué la victoire. En avez-vous profité pour chambrer un peu vos trois-quarts ?

A.I. : Non, on ne les a pas plus chambrés que ça. C’est vrai qu’on marque sur deux belles courses de gros, mais vu comme on n’a pas facilité la tâche des trois-quarts tout le reste du match, il n’y avait vraiment pas de quoi fanfaronner ! (rires)

Sur l’action qui vous concerne, on a le sentiment de vous retrouver enfin avec la plénitude de vos moyens, malgré cette légère blessure au genou subie contre Paris...

A.I. : En plus, ça faisait quelque temps que je n’avais pas marqué ! C’est bien, ça fait plaisir. Quand on joue devant, hormis les moments où on déconne à l’entraînement, on n’a pas souvent l’occasion de réaliser des longues courses comme ça. C’était très sympa. Je m’étais en effet un peu tordu le genou comme Paris, mais les deux semaines de repos qui ont suivi m’ont fait du bien. Comme je le dis depuis quelque temps maintenant, je reviens tout doucement, à mon rythme. Je ne tiens pas la même forme que je pourrais l’avoir après une grosse préparation physique mais je suis au moins sur le terrain, et je n’ai rien à prouver à personne.

Top 14 - Arthur Iturria (Clermont) en percussion face à Pau

Top 14 - Arthur Iturria (Clermont) en percussion face à PauIcon Sport

Se tromperait-on en affirmant que votre blessure à l’ischio, lors de l’échauffement avant la dernière finale contre Toulouse, a été encore plus longue à guérir mentalement que physiquement ?

A.I. : Franchement… Dire que ça m’a traumatisé, ce serait utiliser un mot un peu fort, mais cela a été très difficile à digérer. D’une part parce que j’avais la sensation de laisser tomber les copains au dernier moment et de les laisser dans la m…, mais aussi parce que ce n’est jamais facile de rater une échéance comme ça, pour laquelle on se prépare si dur… En plus, ensuite, j’ai couru après le temps. La déchirure n’était pas bien placée, à l’insertion du tendon. Dès que je forçais un peu, je ressentais des douleurs, des tendinites, qu’il fallait gérer… J’aurais préféré me déchirer en plein milieu de l’ischio, cela aurait été plus vite réglé. Là, je l’ai traînée pendant toute la préparation de la Coupe du monde, puis j’ai joué parce qu’il fallait jouer… Mais attention, je ne regrette rien. Si c’était à refaire, je le referais. Sauf qu’après ça, il a fallu prendre le temps de digérer et bien revenir.

On a beaucoup glosé l’année dernière au sujet de votre replacement au poste de flanker. Aujourd’hui, vous êtes de nouveau davantage utilisé en deuxième ligne… Comment vous situez-vous au sujet de cette polyvalence, alors que vous clamiez voilà quelques mois votre préférence pour la troisième ligne ?

A.I. : Je suis content d’être polyvalent, tant que ça ne me porte pas défaut. C’est plutôt bien pour moi et pour l’équipe d’avoir ce profil, car on a bien vu le b...l qu’a pu causer ma blessure juste avant la finale, justement parce que nous manquions de joueur polyvalent. Après, comme je l’ai dit, cette polyvalence ne me porte pas préjudice pour l’instant. Si cela devait être le cas un jour, en revanche…

Le fait que l’avenir semble moins bouché en bleu en deuxième ligne qu’en troisième aiguille-t-il votre réflexion ?

A.I. : Non, honnêtement, je ne me projette aujourd’hui que par rapport au club, où les besoins du moment se trouvent plus en deuxième ligne. Mais pour vous rejoindre, oui, il me semble aussi que si je dois un jour avoir la chance de revenir en équipe de France, ce sera davantage en deuxième ligne qu’en troisième…

Pour revenir à l’ASM, vous recevrez samedi le leader bordelais. Ce qui signifie qu’il n’y aura la place pour aucune forme d’excuse si votre équipe réitère les comportements aperçus à Pau, en ratant une nouvelle fois son entame de match...

A.I. : Il y a toujours des gros rendez-vous dans une saison, ce match contre Bordeaux en fait partie. C’est un joli test pour nous puisque l’UBB est ce qu’on fait de mieux en Top 14 cette année. Parfois, une mauvaise entame peut être causée par certains faits de jeu. Mais je pense que ce qui nous manque sur certains matchs, c’est un peu de détermination, d’avoir un peu plus envie que l’adversaire. Contre Bordeaux, il s’agira d’arriver un peu plus prêts qu’à Pau, histoire de ne pas partir à 10-0 contre nous. Quand tu cours après le score, c’est toujours compliqué...

Pour la première fois depuis une éternité, Clermont aborde la période des doublons avec tout son effectif. En parlez-vous entre joueurs ?

A.I. : Pour l’entraîneur, c’est bien d’avoir tout l’effectif à disposition, mais ça ne fait pas tout. À ce que je sache, nous avions plus d’internationaux ces dernières saisons, mais cela n’empêchait pas pour autant l’équipe de gagner ses matchs de doublon. Ce n’est évidemment pas une fin en soi d’être au complet pour les doublons, au contraire, d’autant que ça n’assure de rien.

N’empêche que dans votre lutte à distance avec Toulouse, vous disposez d’un vrai avantage pour négocier au mieux cette période du Tournoi...

A.I. : On s’est fixé un objectif élevé sur ce bloc de trois matchs. On a déjà gagné à Pau, à présent il nous reste à faire bonne figure contre l’UBB, puis à Agen. Je crois sincèrement qu’on en saura un peu plus concernant notre avenir à l’issue de ces trois rendez-vous.

Propos recueillis par Nicolas ZANARDI

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