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Huget : "Vous ne savez pas combien de fois je me suis imaginé monter ces marches"

Huget : "Vous ne savez pas combien de fois je me suis imaginé monter ces marches"

Le 16/06/2019 à 09:35Mis à jour Le 16/06/2019 à 14:09

FINALE TOP 14 - Auteur d’un doublé, Yoann Huget est le héros toulousain de la finale remportée par son club samedi contre Clermont (24-18). Un foulard de l’Aviron bayonnais autour du cou en zone mixte, l’ailier international a savouré, à 32 ans, son premier titre depuis son retour au club en 2012.

Rugbyrama : Pouvez-vous raconter vos deux essais ?

Yoann Huget : Sur le premier, je veux écarter Raka pour permettre à Cheslin (Kolbe) de pouvoir jouer son un-contre-un, chose qu’il sait très bien faire. Mais Raka se fixe sur lui, cela me laisse un petit boulevard et Cheslin joue bien le coup. Sur le deuxième, je m’écarte pour laisser la place à Cheslin afin qu’il marque. Il aurait pu y aller tout seul mais cet esprit de groupe fait qu’il choisit de me faire la passe.

Lequel des deux vous a procuré la plus grande émotion ?

Y.H. : Le premier car il délivre un peu l’équipe. Il lance aussi le match car c’était un peu bridé jusque-là. Le deuxième, quand j’aplatit et que je vois le virage se lever, c’est également très plaisant. On prend aussi un peu le large et quand on voit cet énorme mur rouge et noir se lever, on se dit qu’on n’est plus très loin.

Vous aurez donc attendu sept ans avant de connaître votre premier titre avec le Stade toulousain…

Y.H. : Oui mais c’est tellement bon ! Le podium et la montée pour aller chercher le Bouclier, c’est l’apothéose ! Vous ne savez pas combien de fois je me suis imaginé monter ces marches ! On s’aperçoit que c’est compliqué d’arriver jusqu’au Stade de France et de gagner. Les supporters nous parlaient de titre tous les jours, tout au long de la saison. On était en demi-finale de la Champions Cup et ils nous disaient quand même « on veut le Brennus ! ». Ugo Mola nous martelait aussi régulièrement que toutes les planètes étaient alignées cette année pour que ce groupe soit récompensé.

" Ce n’était pas possible de rentrer sans rien "

Cette victoire en finale est l’accomplissement d’une saison exceptionnelle pour le Stade toulousain…

Y.H. : Je fermais les yeux la nuit avant la finale et je m’imaginais revenir à Toulouse avec le Bouclier. Franchement, je ne voyais pas d’autre issue. Après la saison que nous venions de vivre, même si le Bouclier ne se joue pas au mérite, ce n’était pas possible de rentrer sans rien. Cela a parfois été dur à l’entraînement. Il y a même eu des accrochements entre les mecs mais c’est la vie d’une équipe. Tout ce travail a payé ce soir (samedi, ndlr). C’est la récompense d’un groupe qui a tout donné durant une saison et qui s’est fait plaisir.

Avez-vous eu des moments de doute sur le fait de pouvoir ce titre de champion de France ?

Y.H. : Bien-sûr, il y a tellement de joueurs pour qui cela n’arrive jamais ! Mais on a quand même un groupe de qualité avec toute cette jeunesse et cette insouciance. On n’avait pas l’impression que c’était une finale pour ces jeunes. Ils jouaient au rami ou au badminton la veille…Dupont, Bézy, toute la clique, ils me rendaient fou, j’avais envie de leur mettre des claques ! Nous, les anciens, on devait se concentrer une semaine avant un match important, eux pas du tout. Mais c’est la force de ce groupe, d’être détaché de tout mais de répondre présent sur le terrain. Ces jeunes nous apportent ce vent de fraîcheur qui nous remet en question en nous disant « est-ce que cela vaut vraiment la peine de se prendre autant la tête car c’est juste du rugby ?

Top 14 - Yoann Huget (Toulouse) célébrant le Bouclier de Brennus

Top 14 - Yoann Huget (Toulouse) célébrant le Bouclier de BrennusIcon Sport

Était-ce la saison la plus incroyable de votre carrière ?

Y.H. : Oui, clairement. Les records n’apportent pas le Bouclier, le mérite non plus mais il y a des saisons comme ça où on se dit que cela ne peut pas nous échapper. On a été extrêmement déçu en demi-finale de coupe d’Europe (perdue 30-12 au Leinster) mais on s’est repris de suite à Castres et cela nous a relancé. Et encore une fois, on ne pouvait pas repartir sans rien cette saison. En y pensant la nuit avant la finale, je n’arrivais pas à dormir. J’avais cette boule au ventre. Je me disais que ce groupe devait être récompensé et qu’il serait compliqué de se relever s’il ne l’était pas. On l’a fait, je ne sais pas si on reviendra de sitôt au Stade de France mais ce groupe a un bel avenir.

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