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Bilan 2018 - Paul Willemse (Montpellier) : "2018 ? L’année la plus importante de ma carrière"

Willemse : "2018 ? L’année la plus importante de ma carrière"

Le 26/12/2018 à 11:31Mis à jour Le 26/12/2018 à 16:32

BILAN 2018 - Débarqué à Montpellier en 2015, le Sud-Africain de 26 ans, devenu cadre de l’équipe, vient de vivre une année sportive extrêmement riche (26 matchs disputés en 2018) sur les plans personnel et collectif. Il revient, avec un brin d’humour et beaucoup de sincérité, sur les moments les plus marquants.

Rugbyrama : Vous attentiez-vous à vivre une année 2018 aussi pleine d'évènements positifs et d’émotions sur le plan personnel ?

Paul Willemse : C’est vrai que j’ai vécu une année très importante de ma carrière. Notamment sur les derniers mois. Lors de la dernière pré-saison, j’ai effectué un gros travail physique pour perdre douze kilos. C’était vraiment intense ! Ensuite, j’ai signé une extension de contrat de trois ans avec Montpellier et là, je viens d’avoir la nationalité française. Pour moi, c’était vraiment une très grande année

Qu’est-ce qui a déclenché cette volonté de perdre du poids dans votre esprit ?

P.W : En fait, c’est quand j’ai compris à mon retour de vacances l’été dernier, notamment grâce à une discussion avec Vern (Cotter), qu’il me serait peut-être possible de jouer pour le XV de France. Ça a changé un peu ma confiance et ma motivation. L’an passé, je pensais que cela ne serait pas faisable et j’étais un peu moins motivé…. Ça a changé pas mal de choses et je me suis rendu compte que je n’avais pas à l’époque une assez bonne forme physique pour prétendre jouer au niveau international. Il fallait que je perde du gras ! Et Vern m’a beaucoup aidé sur ça… (Rires)

Pourquoi avez-vous pris la décision de poursuivre l’aventure avec Montpellier ?

P.W : Parce que c’est mon club, celui avec lequel je veux construire encore beaucoup d’histoires. Je suis vraiment heureux de vivre ici et ma famille aussi. Mon fils est né à Montpellier en 2017, c’est important pour moi. Maintenant c’est ma maison ici.

Racontez-nous votre “aventure” pour obtenir la nationalité française…

P.W : C’était vraiment long, mais je n’ai jamais douté. A chaque fois, j’espérais recevoir la bonne nouvelle avant les annonces de l’équipe (des groupes du XV de France), mais ce n’était jamais prêt à temps. C’était une longue procédure administrative mais moi je ne doutais pas car mes entretiens et mes tests s’étaient bien passés. J’étais déterminé à devenir français. Pas seulement pour avoir peut-être la chance un jour de jouer avec le XV de France…

Top 14 - Paul Willemse (Montpellier )

Top 14 - Paul Willemse (Montpellier )Icon Sport

C’est-à-dire ?

P.W : Car nous souhaitons avec ma femme rester en France après ma carrière et c’était donc important pour la mentalité et notre intégration d’être français. On veut aussi continuer à apprendre. Depuis mon arrivée ici j’ai grandi en tant qu’homme. Je parle désormais trois langues, même si ce n’est pas encore très bien en français. Je comprends désormais une autre culture, j’habite dans un autre pays, c’est excellent ! Si vous m’aviez dit ça trois ans en arrière, je vous aurais dit que ce n’était pas possible…

Vous parliez de votre fils… Voulez-vous qu’il parle français, anglais ou Afrikaans ?

P.W : Les trois langues (sourire). Afrikaans, c’est important pour qu’il parle avec ses grands-parents. Il apprendra le français à l’école en France. Et on va faire des efforts pour lui apprendre un bon anglais. Il sera nécessaire qu’il sache écrire dans les deux langues, mais pas en Afrikaans.

Avez-vous enfin reçu votre passeport ?

P.W : Non, je ne l’ai pas encore dans mes mains ! Mais j’ai reçu le livre de famille, l’acte de naissance de mon fils… Donc, maintenant, il devrait rester encore deux semaines normalement.

Sur le plan sportif avec le MHR, 2018 restera l’année de la finale perdue face à Castres, malgré cinq mois presque parfaits en Top14…

P.W : Oui, oui, oui… Ca restera un grand point dans ma carrière. Je suis triste que nous ayons raté une telle opportunité, mais je préfère voir le positif. J’ai désormais ce moment dans ma tête et je peux l’utiliser pour progresser. C’est toujours une expérience, qu’elle soit bien ou mauvaise.

Avec plusieurs mois de recul, avez-vous trouvé une explication ?

P.W : Nous en avons beaucoup parlé entre nous. Je pense que la saison dernière a été beaucoup trop “facile” pour le MHR avant la finale. On gagnait facilement tous les matchs chez nous (onze bonus offensifs) et il n’y a pas eu réellement de grandes “bagarres”, de matchs très accrochés. Alors que cette année, nous avons beaucoup de rencontres comme ça, la différence est là… Du coup le jour de la finale, tout le monde pensait qu’on allait gagner car ça avait été comme ça toute la saison. Mais en fait, nous n’étions pas réellement prêts pour une grande “bagarre”. Castres, oui…

Paul Willemse (Montpellier)

Paul Willemse (Montpellier)Midi Olympique

Comment expliquez-vous les difficultés rencontrées par votre équipe cette saison ?

P.W : Il y a toujours plusieurs raisons en rugby : les blessés, l’adversité… Moi, je préfère voir ça comme un grand moment pour l’équipe. L’utiliser pour se rapprocher encore et devenir ainsi une vraie équipe. Ce n’est pas facile comme l’an dernier, c’est difficile à vivre mais c’est dans les mauvais moments que tu peux vraiment grandir. Nous pouvons encore faire tourner notre saison, rien n’est perdu. Il nous faudra remporter les quatre prochains matchs pour rester en course sur les deux tableaux. Pour moi, il ne manque qu’une petite chose et si on trouve ça, beaucoup de choses changeront. Il y a juste un petit truc qui ne marche pas bien dans l’équipe et on va le trouver. Je veux rester positif et je veux être l’un des “responsables”, des porteurs qui amèneront ce changement.

Mais quel est donc ce “petit truc” ?

P.W : C’est quelque chose que tu ne connais pas tant que tu ne l’as pas. Et quand tu l’as, tu te dis après : mais oui, c’était ça qui manquait à l’équipe.

Le rugby français a connu une année noire avec la disparition de trois jeunes joueurs… Quel regard portez-vous sur ces tragédies ?

P.W : Mes premières pensées vont aux familles de ces joueurs. Quand on rentre sur le terrain nous savons que c’est toujours une des “possibilités”, comme dans d’autres sports. Mais personne ne pense jamais à des choses aussi graves. Mais elles touchent tout le monde. J’ai prié pour ces familles.

Voyez-vous des choses à changer pour ne plus revivre de drame ?

P.W : J’espère que le rugby français pourra apprendre de ces moments graves pour changer les choses s’il y a des possibilités. Je ne peux pas me prononcer car je ne connais pas assez les faits, mais peut-être qu’il y a un travail à faire dans les catégories de jeunes pour mieux préparer les joueurs.

La saison passée et encore plus cette saison, Montpellier est souvent critiqué pour son jeu restrictif et sa communauté sud-africaine. Comment vivez-vous cette situation ?

P.W : Vous savez en rugby, il y a souvent beaucoup d’histoires, quel que soit le pays ! Beaucoup de gens qui parlent... Mais il suffit de comprendre une chose : dans notre équipe, il n’y a que des joueurs qui veulent gagner. Qu’ils soient sud-africains ou non ! Notre objectif reste le même : gagner. Qu’importe les choses utilisées… Le rugby est le sport qu’on aime mais aussi notre carrière, le métier qui nous permet de nourrir nos familles. On se livre donc tous à 100%, quelle que soit notre nationalité ! Notre motivation reste identique. Après, les gens qui parlent… Moi je me concentre sur les choses que je peux contrôler, le reste n’est pas de ma responsabilité. Et je peux vous assurer que chaque joueur de mon équipe veut gagner chaque week-end. Si on trouve le jeu pour y arriver, qu’il plaise ou non, on l’utilisera.

Vous ressentez donc toujours la même motivation et la même cohésion dans le groupe cette saison, malgré l’accumulation des défaites (six sur les huit derniers matchs) ?

P.W : Oui. Nous sommes frustrés, mais seulement par les résultats. C’est trop facile de parler des mauvaises choses, de la mauvaise ambiance quand une équipe perd. C’est très simple de trouver beaucoup de raisons sans savoir... Moi, je ne vois qu’une mauvaise période passée par l’équipe mais je vois maintenant la lumière au bout du tunnel. Et je pense même que le groupe est encore un peu plus proche que l’an dernier, car tu ne changes réellement que dans la difficulté. Je le répète, c’est quand la vie est vraiment dure que tu changes et que tu deviens meilleur. Quand tout va bien, ce n’est pas nécessaire. Il y a une bonne ambiance dans l’équipe, nous sommes justes en manque de confiance et en colère par rapport à nos résultats.

Pour finir, que peut-on vous souhaiter pour 2019 ? Une sélection avec le XV de France lors du tournoi des six nations ?

P.W : Oui bien-sûr ! J’espère. Mais je le répète, le MHR est le plus important pour moi en ce moment. Je ne veux pas perdre de l’énergie à penser comment je vais jouer si je suis sélectionné avec l’équipe de France. Ce n’est pas encore une réalité. La seule réalité, c’est que nous devons faire tourner notre saison sur les quatre prochains matchs. Et c’est mon souhait. Tout est encore possible, mais cette période sera déterminante pour la suite. Le match de Pau est déjà dans mon esprit.

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