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TOP 14 - Tichit : "On a rendu fier tout un peuple"

Tichit : "On a rendu fier tout un peuple"

Le 26/05/2018 à 20:26Mis à jour Le 27/05/2018 à 09:23

Solide en conquête et omniprésent dans le jeu courant, Antoine Tichit à l'image de son équipe a renversé les "ténors" du Racing 92 (14-19). Désormais, le pilier gauche du CO se projette sur la finale...

Rugbyrama : Antoine, quel est le sentiment qui prédomine après cette qualification pour la finale de Top14, arrachée au bout du suspens face au Racing 92 ?

Antoine Tichit : De la joie d'abord. Ce soir, nous avons rendu fier tout un peuple. Je n'imagine même pas la Mongolie que ça va être à Castres ce soir... Il faut connaître la ferveur de cette ville pour comprendre. J'ai hâte d'être de retour pour voir tout le monde, tous les supporters. La semaine prochaine, nous aurons besoin d'eux et j'espère qu'ils répondront présents au stade de France.

Comme lors du barrage contre Toulouse, vous sembliez outsiders et finalement vous avez plus que rivalisé avec cette équipe du Racing, pour finalement vous imposer. Quelle est votre recette ?

A.T. : On voulait que ce soit un match dur et... nous avons été servis ! Franchement, lors des vingt premières minutes c'était affreux, mais tant mieux. Nous voulions à tout prix que ce soit un bras de fer, pour que le premier qui lâche s'incline. Mais finalement personne n'a lâché et le score est resté serré jusqu'au bout. On a certainement eu un peu de réussite, je pense notamment aux deux essais refusés pour le Racing, mais nous n'avons rien lâché. On s'est battu jusqu'au bout et ça a payé.

" On voulait gagner par KO "

Pourquoi vouliez-vous que ce soit dur ?

A.T. : Car cette saison nous avons travaillé très dur physiquement. C'est un peu notre fond de commerce et on voulait gagner par KO. Nous avions un match dans les jambes, pas eux, et nous comptions sur ça. Finalement ça n'a pas marché, puisqu'ils ont répondu physiquement, et c'est pour ça que ça a été un tel bras de fer.

Yannick Nyanga de Racing 92 - Racing vs Castres

Yannick Nyanga de Racing 92 - Racing vs CastresIcon Sport

Vous affirmez être prêts physiquement... Mais n'avez-vous pas craint que la fraîcheur du Racing, qui n'a pas disputé de barrage, vous coûte le match dans le dernier quart d'heure ?

A.T. : La semaine dernière, contre Toulouse, nous avons joué un match dur, mais comme nous menions le staff a pu coacher assez tôt... Donc nous n'étions pas hyper mâchés du barrage. Et on pensait vraiment en avoir sous le capot.

Un mot sur votre duel en mêlée avec Ben Tameifuna ?

A.T. : Vous imaginez, affronter Tameifuna... Il fait 160 kilos, et quand tu le prends dans le buffet... Ça reste un combat homme à homme mais franchement ça a été dur. Quand tu sors des mêlées, tu secoues un peu les jambes et tu te dis, "putain faut courir là-bas"... C'est un boeuf, un animal, un golgoth, un sacré joueur...

Ben Tameifuna (Racing 92)

Ben Tameifuna (Racing 92)Icon Sport

Vous êtes sorti à la 67e minute, mais racontez-nous ce dernier quart d'heure ?

A.T. : Déjà, les dernières minutes, tu ne les regardes pas trop. Tu te dis qu'à tout moment tu peux prendre un essai et honnêtement... tu le vis mal (sourire) ! Mais les gars ont tenu. Ça a été dur, mais ils n'ont rien lâché. La dernière mêlée ? Elle est à cinq mètres de notre ligne, avec toute la pression mentale mais également physique que ça comporte... Mais les gars ont été énormes !

Avez-vous douté, notamment en fin de match ?

A.T. : Franchement le match était tellement dur, que nous n'avons pas eu le temps de réfléchir. Tu joues, tu défends, l'action suivante, ça repart, tu prends un porté, ils font une tonne... Puis ça va tellement vite que ça peut basculer sur une action et tu ne peux pas prendre le temps de douter.

Saimone Taumoepeau (Castres) contre Toulouse

Saimone Taumoepeau (Castres) contre ToulouseIcon Sport

Après Toulouse et le Racing, on imagine que votre confiance doit être à son apogée avant la finale contre Montpellier...

A.T. : Oui oui... Mais les Montpelliérains ont envoyé un message hier soir (ndlr vendredi, en battant Lyon 40-14). Nous sommes en confiance, mais eux aussi. J'espère surtout que ce sera un bras de fer et qu'on sera dans le match...

" Peut-être la seule chance qu'on aura dans nos vies de toucher un bout de bois "

Montpellier vous a battu deux fois cette saison. Est-ce une source de motivation supplémentaire ?

A.T. : Oui et non, car sans parler de Montpellier, une finale se suffit à elle même en terme de motivation. Ce serait n'importe qui, la motivation serait présente. C'est peut-être la seule chance qu'on aura dans nos vies de toucher un bout de bois, alors on va la jouer à 200 %.

Jess Mogg (Montpellier) vs Castres

Jess Mogg (Montpellier) vs CastresIcon Sport

Enfin, cette image de Castres qui renverse des montagnes semaine après semaine vous plait-elle ?

A.T. : Quand tu joues au CO, tu représentes Castres, mais également Gaillac, Graulhet, Lavaur... Il y a un vivier énorme, et quand tu joues les ténors, tu es fier de défendre le Tarn. Donc bien évidemment que ça nous fait plaisir de renverser ces gros budgets, ces stars...

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