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Top 14 - Montpellier : trois nouveaux atouts dans leur jeu

Montpellier : trois nouveaux atouts dans leur jeu
Par Rugbyrama

Le 22/05/2018 à 18:06

Défaits 27 à 18 le 18 juin 2016 à Rennes, en demi-finale du Top14 contre Toulon, les Héraultais retrouveront vendredi ce stade de la compétition à Lyon face au Lou. Alors, en quoi sont-ils devenus aujourd’hui plus forts qu’il y a deux ans ? Réponse en chiffres et en faits, développée par deux historiques du club.

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Expérience renforcée :

554. Le chiffre a de quoi donné le vertige ! Vendredi, le XV de départ du MHR qui se présentera à 21h sur la pelouse du Groupama Stadium de Lyon, affichera 554 sélections au cumulé ! En effet, Montpellier alignera treize internationaux sur quinze possibles (Willemse et Van Rensburg n’ont été capés que chez les jeunes), aux origines diverses : cinq Français (Picamoles, Ouedraogo, Galletier, Fall et Dumoulin), quatre Sud-Africains (Bismarck et Jannie du Plessis, Pienaar et Steyn), un Géorgien (Nariashvili), un Néo-Zélandais (Cruden), un Fidjien (Nadolo) et un Australien (Mogg).

Nemani Nadolo (Montpellier Hérault Rugby)

Nemani Nadolo (Montpellier Hérault Rugby)Eurosport

Rien que ça ! Les arrivées cette saison de Ruan Pienaar (88 sélections, l’Héraultais le plus capé) et Aaron Cruden (50 sélections) ont fait franchir un nouveau cap au MHR dans ce secteur ; puisqu’en 2016 face à Toulon, la charnière des Cistes était composée de Demetri Catrakilis et Benoît Paillaugue, deux néophytes sur la scène internationale.

Ruan Pienaar (Montpellier)

Ruan Pienaar (Montpellier) Icon Sport

Fulgence Ouedraogo confirme : "Je pense que nous avons plus d’expérience dans le groupe par rapport aux années précédentes. On a plus de joueurs matures, qui ont l’habitude de disputer ce genre de rencontres. Je pense donc que là-dessus, mentalement, nous sommes plus équipés que par le passé." Un atout précieux pour gérer avec lucidité le rendez-vous de vendredi face à des Lyonnais, beaucoup moins expérimentés. "A la charnière, nous avons des joueurs (Cruden et Pienaar, NDLR) qui sont capables de faire basculer des matchs, tout simplement. Ils sont champions du monde, ce n’est pas rien quand même ! Ils ont cette faculté à être calme, serein, sur des temps du match importants. Ils représentent la clé de voute de notre système", explique Kélian Galletier.

Fraîcheur conservée :

Arrivés sur les rotules à Rennes il y a deux ans, les Cistes s’étaient fait “manger” physiquement par les Toulonnais, qui avaient opté pour un rugby direct de démolition, afin de battre leurs adversaires à leur propre jeu. Pari gagnant. A l’époque, Jake White s’était appuyé sur une équipe quasi inchangée tout au long de la saison et le MHR l’avait payé au prix fort le jour J. Un constat exacerbé l’an passé, où Montpellier, privé de nombreux cadres blessés, s’était également présenté dans son antre sans énergie face au Racing 92, lors du barrage. Fatal : "Il y a une année, on sait que nous sommes arrivés avec un manque de fraîcheur et cela nous a coûtés une demi-finale à Rennes. C’était difficile pour l’équipe, car elle était tombée sur une formation de Toulon qui avait plus de dynamisme, de force et d’agressivité. L’autre “demie” nous l’avions perdue face à Castres (2014, défaite 22-19 après prolongation), contre un adversaire qui avait aussi plus de dynamisme que nous et surtout plus d’envie. Ils sortaient d’un match euphorique face à Clermont (comme Lyon face au Toulon cette saison)", ajoute le flanker Ouedraogo.

Louis Picamoles et Fulgence Ouedraogo (Montpellier)

Louis Picamoles et Fulgence Ouedraogo (Montpellier)Icon Sport

Vendredi, les Cistes ne risqueront pas de manquer de fraîcheur face au Lou, après avoir vécu trois semaines sans compétition. C’est plus l’absence de rythme qui pose question cette année… Mais grâce au turnover continu instauré par Vern Cotter cette année, ils sont encore au top physiquement à l’heure de vérité. Et hormis les blessés de longue date (Paillaugue, Jac. Du Plessis, Camara et Guillamon), ainsi qu’un joueur suspendu (Serfontein), ils se présenteront avec leur équipe type face au Lou.

L’art de la gestion enfin maîtrisé :

"L’an dernier, on s’était vu un peu trop beau (face au Racing 92). Il ne faut pas jouer le match avant l’heure et être capable de tout prévoir. Je ne sais pas comment l’exprimer en fait… On ne peut rien prévoir, mais il faut être prêt à tout ! Car jamais rien ne se passe comme prévu en phases finales et il faut être lucide tout au long du match pour être en tête à la fin. On devra être très bon mentalement."

Kelian Galletier - Montpellier

Kelian Galletier - MontpellierIcon Sport

Kélian Galletier le reconnaît sans détour, Montpellier a tenté de prévoir tous les scénarios possibles et imaginables durant ses trois semaines de préparation. Afin de pouvoir s’adapter en direct vendredi. Une capacité qu’il n’avait pas par le passé, où son jeu monocorde devenait obsolète dès qu’il était contré : "Vern a appuyé là-dessus car il a l’expérience de ces matchs. Il a connu la défaite, la victoire et en a joués un paquet", ajoute-t-il. Avant de poursuivre : "Je pense aussi que nous avons bien bossé cette année sur la maîtrise de nous-mêmes et de notre jeu. Savoir bien gérer les temps forts et faibles d’un match est hyper important quand on voit les résultats serrés en phases finales. On a travaillé toute la saison sur ce point pour ce match face à Lyon ! Pour celui-là et ces rencontres sous tension. Il faut désormais le mettre en application. Car c’est bien de le travailler mais désormais, on doit le faire."

Célébration de l'essai de Nico Janse van Rensburg (Montpellier) contre Castres

Célébration de l'essai de Nico Janse van Rensburg (Montpellier) contre CastresIcon Sport

Plus expérimentés, plus frais et mieux préparés sur le plan de la gestion individuelle et collective, les Montpelliérains semblent mieux armés qu’en 2014 et 2016, pour passer leur demi-finale face à Lyon. Et retrouver ensuite la finale, disputée qu’une seule fois face à Toulouse en 2011 (défaite 15-10). Grandissimes favoris, malgré leurs réticences à assumer ce statut, les Héraultais doivent désormais confirmer dans les faits leurs ambitions élevées. Place aux actes !

Par Julien Louis

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