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Top 14 - Les changements du marché

Les changements du marché
Par Rugbyrama

Le 02/07/2018 à 10:47Mis à jour Le 03/07/2018 à 08:32

Si chaque saison apporte son lot d’affaires et de questionnements, celle qui s’ouvrira après l’été devrait raviver les débats autour du statut JIFF et du salary cap. Et tandis qu’en France on se refuse encore à parler de "transferts", les clubs peaufinent leurs recrutements et les joueurs rechaussent leurs crampons pour défendre les couleurs de leurs maillots.

Dan Carter, Ma’a Nonu, Jonny Wilkinson, Jason Eaton … Véritable terre d’exil pour les stars venues d’ailleurs, le championnat du Top 14 a depuis plusieurs années pris une envergure internationale. Ces talents d’autres continents ont su s’imposer comme le choix du roi pour les clubs qui n’ont de cesse d’expatrier les joueurs étrangers. Mais il se pourrait que désormais les clubs fassent la part belle aux jeunes prodiges français. La Ligue Nationale de Rugby a fixé à 15 le nombre moyen de JIFF par feuille de match pour la saison 2018-2019, y compris lors des phases finales. Le dispositif de contrôle du salary cap ayant aussi été renforcé, les clubs devront donc se conformer aux nouvelles mesures s’ils souhaitent éviter les sanctions financières. De quoi bouleverser le marché et ouvrir de nouveaux horizons aux jeunes champions du monde par exemple, car maintenant les joueurs français ont le vent en poupe.

Et pourtant, jamais le marché n’a semblé aussi incertain. Quand il y a un an Mohed Altrad congédiait 6 de ses joueurs sous contrats, le monde de l’ovalie s’était déjà indigné. Alors lorsque du côté de la capitale, le Stade Français pousse au chômage 10 de ses joueurs pour alléger sa masse salariale, on reconnaît là les méthodes expéditives du monde des affaires. Des ruptures de contrats de plus en plus nombreuses, et un syndicat national des joueurs de rugby qui publiait il y a deux jours, une liste de chômeurs longue de 50 noms. Les affaires sont les affaires, et le marché une terre hostile pour les jeunes espoirs du rugby de l’Hexagone que les clubs se disputent farouchement.

Mohed Altrad (Président de Montpellier)

Mohed Altrad (Président de Montpellier)Icon Sport

Quant à savoir à qui profite ce système, la réponse n’est pas si évidente. Du moins elle ne l’était pas. Récemment Provale et la FNASS se sont engagés contre le nouvel amendement qui prévoyait de faire passer la durée du 1ercontrat professionnel des sportifs de 3 ans à 5 ans. En effet, les joueurs ne peuvent signer un premier contrat professionnel, qu’à partir de la saison de leur 22 ans (révolus au 1er juillet). Mais s’ils refusent le premier contrat professionnel proposé par leur club, ils sont contraints à payer des indemnités de formations qui peuvent être conséquentes. Cet amendement à la loi sur la formation professionnelle n’a pas encore été voté par le Parlement, mais pourrait, dans le cadre du rugby, contraindre les joueurs à rester dans le même club jusqu’à leur 28 ans.

Le Top 14 débutera le 25 août, et avec lui les rebondissements et coups d’éclat tant attendus des clubs professionnels. Sur ce marché en constante évolution, les joueurs, qui pour certains ont déjà repris le chemin de l’entraînement, auront tout intérêt à asseoir leur légitimité, puisque comme on le sait, les places sont chères.

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