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Top 14 - Le pari de Fabien Galthié (Toulon)

Le pari de Galthié

Le 16/05/2018 à 09:54Mis à jour Le 16/05/2018 à 13:18

Arrivé à l'intersaison, Fabien Galthié promettait de révolutionner le jeu du RCT et espérait ramener des titres sur la rade. Après onze mois sur le banc toulonnais, le manager toulonnais n'est plus qu'à trois matchs de réussir son pari.

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Dans son histoire -récente, mais pas que- le RCT avait habitué ses « fadas » a un jeu direct et efficace. Ainsi, personne ne criait au scandale en fin de saison passée, quand Richard Cockerill proposait un rugby à une passe (et pas plus!). « Un rugby moche, mais un rugby qui gagne », s'amusait le pragmatique anglais. Alors quand Fabien Galthié est arrivé, début juillet -un mois seulement après la finale de Top14 perdue par la bande à Cockers (!)- ne cachant pas son désir de révolutionner le jeu varois, beaucoup de scepticisme naissait dans les travées de Mayol. "Comment basculer de l'ultra puissance à l'ultra vitesse ?", s'interrogeait en ce sens certains supporters. Pas de quoi effrayer Galthié, pourtant. Le jeu direct ? "Ce n’est pas quelque chose de culturel… Même si évidemment il y a la culture du haut-niveau. Beaucoup de choses ont changé. Et avant, c’était avant." L'objectif était donc, à terme, d'apporter de la vitesse, du mouvement et de déplacer davantage le ballon.

Fabien Galthié (RC Toulon)

Fabien Galthié (RC Toulon)Icon Sport

La greffe a fini par prendre

"Plus que le schéma classique avants-arrières, nous sommes sur des projets de possession et non-possession, d'accélération, de capacité à maintenir un rythme à haute intensité, de placement, de replacement, de prise de décision, etc...". A Manny Edmonds, entraîneur des trois-quarts arrivé dans la valise de Galthié, de poursuivre : "Le système de Fabien est basé sur le mouvement. On va tenter de mettre en place un jeu plus aéré." Pourtant, le nouveau staff varois s'est longtemps heurté à un manque de réussite. Les joueurs tentaient de mettre en place la philosophie de jeu de l'ancien montpelliérain et faisaient preuve de bonne volonté, mais n'arrivaient pas, en dehors de certaines fulgurances de leurs funambules (Ashton, Radradra, …) à répéter les lancements de jeu léché de match en match. Le jeu aéré se transformait ainsi trop régulièrement en jeu « brouillon ».

Ma'a Nonu, Semi Radradra et Mathieu Bastareaud - Toulon (vs Montpellier)

Ma'a Nonu, Semi Radradra et Mathieu Bastareaud - Toulon (vs Montpellier)Icon Sport

Pire, parfois brillants en début de match, les joueurs sombraient souvent au retour des vestiaires, se montrant incapables d'offrir une copie parfaite. S'il aurait aimé que la transformation soit plus rapide, Fabien Galthié a donc dû accepter de prendre son mal en patience. En revanche, il n'a jamais changé son fusil d'épaule. "On doit tenir notre cap", répétait régulièrement le manager toulonnais. "Il faut accepter de tomber pour mieux se relever. Les joueurs travaillent beaucoup et croient en ce système de jeu... ça va payer !", nous murmurait courant janvier un membre du staff, convaincu que la greffe finirait par prendre.

Meilleure attaque du championnat

Et comme par magie, après huit-neuf mois d'ajustements, de réglages, la mue a fini par faire effet... à l'approche des phases finales ! "Ne dit-on pas qu'il faut se tromper pour progresser ?", poursuivait ce même membre du staff. Ainsi, à force de travail, Toulon a fini par proposer ce fameux « jeu de mouvement ». La meilleure illustration ? Le RCT n'est autre que la meilleure attaque du Top14 (766 points, devant Montpellier 752) et possède dans ses rangs le meilleur marqueur (23) et franchisseur du championnat (39) : Chris Ashton.

Chris Ashton (Toulon) vs UBB le 27/01/2018

Chris Ashton (Toulon) vs UBB le 27/01/2018Icon Sport

Preuve, s'il en fallait, que le jeu de mouvement et les attaques en première main font enfin partie intégrante de la philosophie de jeu du club varois. Maintenant, Fabien Galthié devra valider cette bonne forme et cette embellie dans le jeu courant par des résultats. En début de saison, Mourad Boudjellal n'hésitait pas à affirmer qu'il voyait "Fabien comme le successeur naturel de Bernard Laporte. Comme lui, Fabien évolue dans une autre galaxie." Il reste désormais trois matchs à Galthié pour, comme Laporte en 2014, ramener un bouclier de Brennus sur la rade, et entrer dans l'histoire du club varois... moins d'un an après son arrivée.

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