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Top 14 - Le fabuleux destin de Rémi Tales (Racing 92)

Le fabuleux destin de Tales

Le 23/05/2018 à 08:51Mis à jour Le 24/05/2018 à 10:41

Après avoir disputé la quasi-intégralité de la finale de Champions Cup, Rémi Tales va démarrer les phases finales de Top 14 en tant que titulaire. Un retournement de situation incroyable pour le futur Montois, qui pensait avoir joué son dernier match avec le Racing 92 contre Agen.

L’histoire de Rémi Tales au Racing 92 pourrait être une œuvre de Molière ou un scénario prépondu de cinéma, du genre l’Enfer du Dimanche d’Oliver Stone. Lui, le capitaine de Castres, sélectionné pour la Coupe du Monde 2015, avait choisi de rejoindre les coachs avec qui il avait été champion de France en 2013 pour franchir un palier. Deux semaines après avoir donné son accord, il apprend que Dan Carter, alors meilleur joueur du monde, sera également Racingman, et comprend, sans même avoir posé le pied au Plessis-Robinson, qu’il ne sera jamais l’ouvreur numéro 1 du club. Seulement la doublure de celui qui a déjà été son bourreau en quart de finale du Mondial.

Remi Talès (Racing 92)

Remi Talès (Racing 92)Icon Sport

Cette grosse couleuvre originelle a forcément eu des conséquences sur ses prestations, pas tout à fait les mêmes que du temps où il était incontournable au CO. Son rôle, différent : faire front durant l’affaire Goosen, répondre présent à chaque pépin physique de Carter, aller parfois à l’abattoir du côté d’Altrad Stadium avec l’équipe bis du Racing (60-7 en 2015, 54-3 en 2016)… bref, pas forcément le plus beau des rôles, mais un rôle qu’il a toujours assumé sans broncher ni rien revendiquer.

L’ouvreur le plus utilisé du Racing 92

En trois ans, le duo Travers-Labit n’a jamais eu à se plaindre de son état d’esprit. Même cette dernière saison où il a basculé numéro 3 dans la hiérarchie des ouvreurs avec l’arrivée de Pat Lambie. Et puisqu’il a toujours était là quand son staff a eu besoin de lui, il devance même le Sud-Africain et le Neo-Zélandais au nombre de feuilles de matchs (21 pour Talès, 18 pour Lambie, 16 pour Carter) : "Je suis conscient de ne jouer que quand Dan ou Pat sont absents mais je suis aussi celui qui a été le plus utilisé à l’ouverture, rappelle à juste titre l’ancien Castrais. Le malheur des uns fait le bonheur des autres même si cela me fait de la peine pour eux. Ce sont des grands joueurs et des grands bonhommes et on ne peut pas se réjouir de la blessure d’un coéquipier".

Pat Lambie - Racing 92

Pat Lambie - Racing 92Icon Sport

En amont de Racing 92 - Agen, ultime rendez-vous de la saison régulière, Rémi Tales se plaisait de pouvoir jouer son dernier match en ciel et blanc avec son ami Benjamin Dambielle. Venu encourager ses coéquipiers à Bilbao à l’instar des autres joueurs hors-groupe, il est passé, le jour de la finale européenne perdu contre le Leinster (15-12), de supporter de luxe en pré-vacances à remplaçant puis dépositaire du jeu deux minutes seulement après le coup d’envoi. Pour finir héros malheureux du dénouement dramatique avec ce drop de l’égalisation passé trop à gauche.

" J’aurai un paquet d’histoires à raconter du côté de Mont-de-Marsan"

Samedi, Tales démarrera, sauf retour miracle de Dan Carter, la demi-finale de Top 14 contre Castres, le club avec qui il a atteint son apogée en tant que joueur. Ce sera alors sa première titularisation en phases finales du championnat avec le Racing 92 : "Depuis que je suis ici, c’est vrai que j’ai joué toutes les phases finales dans la peau d’un remplaçant. Mais j’en ai déjà vécu en tant que titulaire avec Castres donc je sais ce que cela représente. C’est en tout cas un beau destin et je suis prêt à tout donner et à rendre à mes coéquipiers ce qu’ils m’ont donné durant mon passage au club. Ils m’ont toujours soutenu, dans les bons comme dans les mauvais moments, quand je ne jouais pas trop ou que j’étais blessé".

Rémi Talès, Racing 92

Rémi Talès, Racing 92Icon Sport

Rémi Tales aura donc dû attendre le dernier mois de ses trois drôles d’années au Racing 92 pour y occuper un rôle central. Un titre en épilogue, avant de rejoindre le Stade montois en Pro D2, n’en serait que plus jouissif : "Ça serait beau de partir sur un Bouclier de Brennus. Je suis déjà passé tout près d’un titre de champion d’Europe alors que c’était ma dernière chance de pouvoir le remporter. Il ne me reste plus que le Top 14 et ça serait un beau clin d’œil concernant mon passage au Racing 92. Une chose est sûre, j’aurai un paquet d’histoires à raconter du côté de Mont-de-Marsan". Là où tout a commencé, pour boucler la boucle de son fabuleux destin.

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