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Top 14 - Jeux de "souffrance" pour Montpellier

Jeux de "souffrance" pour Montpellier
Par Rugbyrama

Le 14/07/2018 à 18:53Mis à jour Le 17/07/2018 à 09:31

Le finaliste reprend du service. Après cinq semaines de vacances, les Montpelliérains ont démarré leur préparation estivale lundi par un stage de deux jours à Sainte Enimie. Avant d’entrer dans le vif du sujet dès jeudi. Retour sur une première matinée de travail déjà chargée.

Les joueurs quittent un à un la brasserie du MHR après avoir partagé leur petit déjeuner et se dirigent vers les vestiaires. Il est 8h du matin jeudi et le soleil cogne déjà fort. A l’abri dans la salle de vie, les Sud-Africains François Steyn, Ruan Pienaar et Bismarck du Plessis, terminent leur discussion autour d’un café. Pendant que leurs coéquipiers se préparent à effectuer un réveil musculaire collectif en gymnase comme échauffement. L’heure de la première séance de leur préparation rugbystique estivale est proche. Et très vite, le stage physique/ludique de deux jours passés à Sainte Enimie lundi et mardi (31 joueurs présents, NDLR), parfois éreintant, deviendra un souvenir heureux…

Les Montpelliérains aptes prennent la direction du terrain d’entraînement Eric Béchu, pendant que les blessés s’apprêtent eux à suivre un programme indidividualisé ou à aller aux soins. Cette semaine, le MHR était encore privé de dix sept éléments. Douze blessés, absents depuis l’an passé ou touchés avec leur sélection en juin. Et cinq internationaux toujours en vacances jusqu’au 23 juillet (dont la recrue Chilachava).

Une préparation physique très intense

La séance débute par des tests physiques et le thermomètre frôle déjà les 30 degrés. Les joueurs, séparés en deux groupes, enchaînent les ateliers et les premiers rictus de souffrance apparaissent sur les visages. Des visages, qui pour un été dans l’Hérault, sont tous ou presque déjà connus, hormis ceux des deux recrues (Goosen et Le Devedec) et des Espoirs. En effet, seulement cinq éléments ont quitté l’effectif (Mogg, Tomane, Kubriashvili, Géli et Delannoy) et le plus grand nombre d’arrivants est à compter au centre de formation.

De ce fait, le finaliste sortant est déjà en avance sur ses temps de passage précédents. Puisque ses hommes se connaissent déjà, les complicités se sont affinées l’an passé et le groupe vit donc bien. Mais cette cohésion devra être encore renforcée cette saison pour trouver un supplément d’âme lors des grands évènements. "Contrairement à ce qui pourrait se dire sur Montpellier, comme quoi il y a ici des joueurs mercenaires qui n’en n’ont rien à faire, moi j’ai vu l’inverse. C’est une fausse image", explique Julien Le Devedec. "Il y a beaucoup de partage et j’ai trouvé une ambiance sympa. Tout le monde est venu m’accueillir, français comme étranger. Et ces derniers ont fait l’effort d’essayer de me parler directement dans notre langue, pour échanger avec moi. J’ai découvert un groupe qui me semble avoir envie de grandir ensemble." Et un club, déterminé à se séparer de cette étiquette péjorative qui ne collent pas avec les qualités de son groupe.

Julien Le Devedec

Julien Le DevedecIcon Sport

L’an deux de l’ère Vern Cotter au MHR sera placé sous le signe de la continuité et de la formation. Sans perdre en ambition. Le centre Alexandre Dumoulin, à bout de force après sa séance, témoigne : "Le gros point positif cette année est que nous n’avons pas changé de staff et il n’y a pas non plus de gros changements dans l’effectif. Cette continuité est super pour le groupe car ça lui permet de conserver sa dynamique. Après, on sait aussi que Vern (Cotter) est arrivé l’an dernier dans une phase d’adaptation et qu’il ne connaissait donc pas trop ses joueurs. Je pense de ce fait qu’il sera cette année dix fois plus exigent envers nous, particulièrement sur la préparation physique. Il va vraiment "tirer" sur les mecs pour les amener à leur maximum."

Maîtrise technique accrue

Le boss néozélandais s’est fixé un objectif premier à atteindre, pour que son équipe franchisse un nouveau palier : "Nous voulons élargir notre capacité à nous déplacer sur le terrain par rapport à l’an passé. Notre préparation physique est basée là-dessus." Les Cistes vont donc courir tout l’été ! Pas un problème pour Johan Goosen déjà très affûté, ou encore Enzo Sanga, qui ont tous deux survolé le test de VMA sur soixante mètres jeudi. Mais une torture pour Paul Willemse, visiblement en surpoids, dont les derniers mètres de course ont été très difficiles. "On doit être aussi capable d’exécuter les gestes techniques sous pression", ajoute Cotter. Et le ballon fait déjà son apparition sur le terrain !

Paul Willemse - Montpellier

Paul Willemse - MontpellierIcon Sport

Sous les ordres de Nathan Hines (coach des avants) et Alex King (coach des arrières), qui dirigent la séance et n’hésitent pas à donner de la voix pour encourager leurs troupes, les Héraultais enchaînent les skills. Ils répètent les passes, les plaquages et les interventions dans les rucks, sur un rythme de jeu élevé et malgré la fatigue.

Le but est qu’ils parviennent à garder leur lucidité et leur maîtrise technique, pour éviter de multiplier les fautes. Une faiblesse rédhibitoire l’an passé à l’extérieur et surtout, en finale. Une désillusion qui doit pousser les Cistes à se dépasser d’après le centre : "Ça fait mal. Dès que tu croises un supporter ou un membre de ta famille, c’est à chaque fois les mêmes discussions. Personne ne comprend. Au contraire de nous qui sommes sur le terrain. C’est très difficile à digérer. Et j’espère que chaque joueur aura ce goût amer dans la bouche durant toute la saison pour aller chercher quelque chose de grand."

Louis Picamoles (Montpellier)

Louis Picamoles (Montpellier)Icon Sport

Mais avant cela, ils doivent souffrir ensemble. Dès vendredi, leur préparation est montée d’un cran. Et atteindra bientôt des niveaux d’exigence que certains éléments n’ont peut-être pas encore connus. Car au-delà d’une condition physique exemplaire, le manager héraultais souhaite que ses "soldats" acquièrent un mental de fer pour ne jamais plus lâcher un match avant son terme. L’un des défis à relever pour les coéquipiers du capitaine Louis Picamoles, qui devraient affronter en amical Béziers aux alentours du 10 août. Une première répétition, probablement suivie d’un second test, avant d’accueillir le C.O lors de la première journée de Top14.

Par Julien Louis

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