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Top 14 - Finn Russell (Racing 92) : "Le jour où je ne m'amuserai plus au rugby, je changerai de job"

Russell : "Le jour où je ne m'amuserai plus au rugby, je changerai de job"

Le 29/07/2018 à 17:50Mis à jour Le 30/07/2018 à 11:36

TOP 14 - A Glasgow, où sa morphologie d'homme lambda interloquait déjà, ses amis le surnommaient ironiquement "The Muscle". Peu épais mais diablement déroutant, Finn Russell est aujourd'hui reconnu comme l'un des attaquants les plus talentueux de la planète.

A quand remontent vos premiers contacts avec le Racing 92 ?

Finn Russell : Je ne sais pas. Je dirais novembre dernier...

Qui vous a appelé, au juste ?

F.R. : Personne. Un jour, j'ai juste dit à mon agent: "Tu sais que j'ai toujours rêvé de jouer en France ? Tu crois qu'un club voudrait de moi, là-bas ?"

Verdict ?

F.R. : Plusieurs clubs m'ont rapidement contacté. Lyon, Toulouse, Bordeaux et le Racing étaient les plus intéressés. Un an avant, Montpellier m'avait aussi sondé. Vern (Cotter) venait de s'engager là-bas et cherchait un numéro 10. Mais à l'époque, j'étais encore sous contrat avec Glasgow. Mauvais timing.

Etait-ce la fin d'une histoire, à Glasgow ?

F.R. : Je ne sais pas... J'étais à Glasgow depuis six ans... Je crois que je voulais surtout réaliser mon rêve français avant qu'une lourde blessure ne survienne, avant d'être trop vieux pour en profiter pleinement. Vous savez, c'est court, une carrière.

Pourquoi avoir opté pour le Racing 92 ?

F.R. : J'ai 26 ans et j'espère être encore loin d'avoir exprimé tout mon potentiel. Je veux aller plus haut, je veux gagner des titres. Signer au Racing, dans l'un des trois meilleurs clubs européens, était donc une façon de continuer mon apprentissage. [...] Je crois qu'on ne progresse pas en ne sortant jamais de sa zone de confort. Et j'ai tout à découvrir, ici : une nouvelle vie, un nouvel environnement, un nouveau langage et de nouveaux coéquipiers. Cette mise en danger me plaît.

Vous auriez pu signer en Angleterre...

F.R. : Et deux mois plus tard, je me serais probablement senti comme en Ecosse ! (rires) Je voulais vraiment voir autre chose, quelque chose de fondamentalement différent. [...] L'an passé, Leone Nakarawa (son ancien coéquipier à Glasgow) m'avait d'ailleurs appelé plusieurs fois pour me dire: "Viens à Paris, Finn ! Tu y seras bien ! On sera au chaud même quand il neige !" Après ça, j'ai visité l'Arena et j'ai trouvé ça extraordinaire. Je l'imaginais pleine. Je m'imaginais dedans. Dans ma tête, j'étais déjà au Racing.

Un journaliste écossais nous disait récemment que vous ne supportiez plus l'hiver rude de Glasgow. Est-ce vrai ?

F.R. : Je suis un grand garçon. Le froid, on s'y fait. Mais je serai peut-être content de ne plus m'échauffer avec des gants et un bonnet...

On vous comprend...

F.R. : Mais je ne veux pas donner l'impression de me plaindre. Parfois, les rugbymen professionnels ont tendance à oublier le confort de leur quotidien.

Pas vous ?

F.R. : Disons que je sais aussi ce qu'est la vraie vie. A 16 ans, j'ai quitté l'école pour devenir apprenti maçon. J'ai bossé trois ans comme ça. Il y eut même des matins où l'on construisait des murs par -16 degrés. Et puis un jour, l'académie des Glasgow Warriors m'a demandé si un contrat espoir pouvait m'intéresser. Mon destin a alors basculé et aujourd'hui, mes trois meilleurs amis (l'un est nutritionniste, l'autre agriculteur et le dernier chauffeur de bus) me disent toutes les semaines: "Quand vas tu trouver un vrai métier, Finn ?"

Votre apparente décontraction ne fait pas l'unanimité au Royaume Uni. Peu avant un match international, l'ancien sélectionneur anglais Clive Woodward vous avait reproché d'avoir souri pendant les hymnes. Pourquoi ?

F.R. : J'en sais rien. Il cherchait peut-être quelqu'un sur qui passer ses nerfs... Avant un match, certains ont besoin de se taper la tête contre les murs. De mon côté, j'ai besoin d'être heureux pour bien jouer. [...] Et puis, c'est facile pour lui (Woodward) de dire ça. Moi, je sais juste que nous avons battu la France la semaine d'après et l'Angleterre, la semaine suivante. Je ne sais pas si lui souriait beaucoup, après ça... Toujours est-il que le jour où je ne m'amuserai plus au rugby, je changerai de job.

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